LA SOURCE
A la fileuse ma mie.
J'étais la source ce matin Qui chantait dans les fleurs nouvelles, Ayant pour âme un ciel lointain Traversé par des hirondelles...
Mais au zénith éblouissant
A lui l'amour, l'amour avide...
Et sous les iris à présent
Boue et gravier : la sourie est vide...
Et le soir, quand tu cesseras De filer, seule, à ta fenêtre S'il tombe quelques gouttes, las !
C'est moi qui reviendrai peut-être.
C'est un pays étrange où le soleil est rouge. L'homme, jeune et royal, a des instincts de bouge.
Et la terre et la mer s'émeuvent à ses cris. Parfois il est leur maître et maître des esprits.
Quand la lune bleuit les jardins qui reposent, Des musiques, dans l'air invisibles, éclosent.
Et le pas en touchant la terre éveille un chant Gomme le doigt distrait sur le clavier marchant.
On entend le lion rugir au loin ; et l'âne Que caresse une fée, en s'endormant recane.
Le paysage immense a l'air d'être aperçu A travers l'eau marine, et de rêve tissu. -
Et j'ai prié la source et l'oiseau de me dire
Quelle est cette contrée ; ils ont chanté : Shakspeare.
Tu n'avais pas d'esprit, ma belle.
Tu fredonnais tout de travers La romance sempiternelle, Et ne comprenais pas mes vers.
Tu n'étais pas belle, ma chère !
Tu n'avais pas d'autre secret Que tes seize ans, fleur passagère Dont le parfum seul m'enivrait.
270 TESTAMENT POÉTIQCE
Étais-tu bonne ? Je Tignore. Peut-être... Oui... Ce que je sai, C'est qu'en moi quelque chose encore Saigne où ta main blanche a passé.
0 magicienne sans charmes!
Qui donc m'expliquera pourquoi Mes yeux trouvent encor des larmes La nuit, lorsque je rêve à toi?