‹ Testament poétiqueChapitre 109 sur 112 · MIRACLE · texte numérisé non relu

MIRACLE

Ah ! qu'au loin, sous l'air obscurci Sourdement sanglotait la terre Et que, stérile et solitaire, Saignait mon sentier ! Mais voici :

Presque sans remuer la lèvre Tu m'as dit ce mot en passant ; Et l'air chante, et le chemin sent Le chèvrefeuille et le genièvre!

J'entends la langue des oiseaux, J'entends le sourire des femmes, Et les arbres m'ouvrent leur âme Pleine du secret des tombeaux.

Comme un pré de lumière, vaste,

Heureuse et superbe, la Nuit

A force d'étoiles me luit

Plus blanche que l'aube, et plus chaste.

0 silencieuse aux yeux verts, Comment ne te croire pas fée Ou Diane dans la nymphée Puisque, pour guérir l'univers,

Pour calmer l'éternelle fièvre Qui le consumait, gémissant, Ce mot te suffit en passant Presque sans remuer la lèvre ?

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