PREFACE XV
physiques sa pensée et sa morale s'élevaient chaque jour davantage. Il insistait sur cette noble maxime que la première condition du bonheur est de tout pardonner et d'aimer de toutes les forces de son àme, le. dernier mot de la lutte étant : absolution. « Les quelques personnes, me disait son fils, qui ont assisté de près à ses dernières années, garderont le beau souvenir de cette souveraine bonté. Quant à nous, il nous imposa lentement ses vues et ses convictions; il fit de notre esprit l'esclave du sien par l'irrésistible puissance de sa douceur. » Admirable sérénité, suprême ascendant qu'assure à un grand cœur la stoïque attente de la mort !
Dans ces dispositions morales il rêvait de consacrer ce qui lui restait de veilles à une grande œuvre où il eût fait entrer le plus d'humanité possible. Il disait de Garin : « Ce n'est pas humain », et ce reproche, il retendait à toutes ses œuvres de la période d'assaut (de 1872 à 1880). Il hésitait dans son choix entre plusieurs sujets nouveaux ; mais l'Administration des Beaux-Arts, où il était entré depuis 1880, exigeait de lui à cette époque, eu 1889, un fort surcroit de travail.