‹ Testament poétiqueChapitre 18 sur 112 · PREFACE XIX · texte numérisé non relu

PREFACE XIX

Il retourna aux compagnons de sa jeunesse, aux ouvrages de Taine, de Renan, puis aux classiques grecs, à Sophocle. Une violente attaque d'albuminurie précipita sa fin (novembre). Il quitta le fauteuil pour le lit.

Il demanda Shakespeare à son fils, et relut la Tempête et, dans le Conte d' Hiver, la .dernière scène, la plus belle, selon lui, qui soit sortie d'un cerveau humain. Mais il n'eut bientôt plus la force de soutenir le livre trop pesant. Son fils lui apporta un Régnier de petit format. C'est le dernier poète qu'il ait lu. «

Convaincu de sa mort imminente il n'eut pas une défaillance. Il semblait qu'il aimât plus que jamais. Nul des siens ne pouvait quitter sa chambre sans qu'il le suivît du regard ou lui envoyât un baiser.

Enfin le 19 janvier 1894, à midi, dans un mouvement qu'il fit pour se lever, il étouffa.

Il mourut avec simplicité, comme s'il n'eût voulu que le moins possible occuper de lui son entourage, modeste dans sa mort comme dans sa vie. C'est au moment précis où son génie dégagé s'affirmait, où, en pleine possession de lui-même, il s'était rendu maître de sa pensée

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