‹ Testament poétiqueChapitre 21 sur 112 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

ciel. Aillant donc le genre didactique répugnait à son tempérament, autant il en adaptait avec aisance les procédés à l'expression des vérités de tout ordre fécondes en émotions profondes ou élevées. Jamais je n'ai mieux compris qu'en étudiant les nombreuses pièces de philosophie naturelle ou morale contenues dans le présent recueil, les relations étroites de la pensée avec le cœur, et comment la condition s'impose au poète, pour demeurer dans son domaine propre et incontesté, de toujours faire passer l'une à travers l'autre. Je me suis bien expliqué par là le discrédit définitif du poème didactique, et, par contre, pourquoi les maximes et les aphorismes qui se rencontrent soit dans les tragédies de Corneille, soit" dans les fables de La Fontaine, n'ont rien perdu de leur valeur poétique; ils n'y sont pas distraits de la vie même qu'ils régissent et demeurent enracinés au fond sensible du drame ou du récit.

Dans les morceaux philosophiques de Delair. son vers, quoi qu'il exprime, trahit la souffrance. C'est que le poète est seul doué pour sentir avec acuité ce qu'il y a de sombre et d'inquiétant dans la condition que fait à l'àme humaine sa curio-

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