‹ Testament poétiqueChapitre 24 sur 112 · PREFACE XXV · texte numérisé non relu

PREFACE XXV

Combien cette foi a chez Delair traversé de vicissitudes ! Quel retentissement durent avoir dans sa sensibilité ses alternatives de certitude et de doute sur la véritable condition et la destinéa des vivants ! Pour le mesurer, il faut avoir reconnu que ses propres angoisses se- compliquaient d'une sympathie universelle. Nous touchons-ici au plus intime caractère, à l'essence même de son génie poétique.

Il était fié pour le théâtre, c'est-à-dire avec le don de s'identifier sympathiquement à autrui. La profondeur de son âme en faisait le naturel écho de tous les soupirs, de tous les gémissements, de tous les cris de la douleur humaine, comme aussi, mais plus rarement, des rires, des exclamations ou des hymnes de la joie. Son âme, disje, répercutait spontanément tous les accents de l'émotion, en même temps qu'elle en réfléchissait toutes les variétés et les nuances. Car c'est bien là le propre de l'aptitude aux compositions dramatiques. Il ne suffit pas du tout de sympathiser avec les sentiments d'autrui pour être doué de tout ce qui fait le créateur de tragédies, de comédies gaies ou sérieuses. Il faut, en outre, que les signes expressifs de ces senti-

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