XXVIII PREFACE
* Après avoir analysé avec une rare pénétration toutes les pièces de Delair, Goquelin ajoutait : — « Ses drames sont tous d'une originalité très neuve. Dans ses comédies modernes en prose il y a un mélange de réalisme et de poésie d'un art supérieur et consommé. 'L'Aine et Luzarine contiennent clés situations profondément émouvantes. La philosophie de pardon et d'amour, qu'il pratiqua dans sa vie comme un saint, s'y fait jour et y répand un grand charme. Peutêtre exagérait-il la logique en poussant impitoyablement jusqu'au bout les conséquences des données de sa pièce, mais la composition n'en était que plus solide, plus étroite. Il faisait admirablement une scène ; il y en a' dans lesquelles ne manque pas un mot et où, malgré cela, régnent une concision et une netteté qui parfois rappellent Augier. Son style d'auteur dramatique, en prose, c'est, en effet, le' mot de théâtre à l'emporte-pièce, parfois même brutal, et la déduction rigoureuse. En vers, sa langue s'adapte à tout, elle est nerveuse, souvent chargée en couleur, pas toujours claire (surtout au début de sa carrière), mais abondante en vers pleins et significatifs. Elle est imitée de l'ancienne, trop