PRÉ F" ACE III
même imprévu qu'elle rapproche. Cette rapide biographie ne sera pas inutile pour mettre en lumière les diverses influences du sang, du sol, des premiers exemples et des premières lectures et aussi des combats pour la vie sur la vocation d'un écrivain d'élite, d'un poète que Théodore de Banville, qui s'y' connaissait, dans un épanchement familier, n'a pas craint d'appeler grand.
Paul Delair naquit à Montereau en 1842. Son grand-père était paysan et ses trois oncles l'étaient aussi. Seul son père, le plus jeune de la. famille, avait quitté la campagne pour la ville. L'origine agreste de notre poète est importante à signaler, car elle a marqué pour toujours son , caractère et se révèle par la saveur de ses vers. On ne'pouvait l'arracher à la contemplation d'un ' tableau de Millet, et la vue d'un horizon de plaines le faisait tressaillir. L'amour de la terre était chez lui étrangement passionné ; c'était la base héréditaire de son tempérament d'artiste.
Son père, qui voyageait pour le commerce, avait son foyer à Paris et l'y emmena dès l'âge de sept ans; mais l'enfant ne perdit pas tout contact avec les champs, car il allait, chaque année, passer les vacances à Quincy-sous-Sénart dans