PREFACE" XXXIII
depuis les notes graves de la tristesse jusqu'aux notes aiguës de la douleur à travers celles du rire, qui courent du haut en bas de la portée. La versification de ces contes est d'une aisance et d'une vigueur excellemment françaises ; elle est alerte, capricieuse, adroitement brisée, solide toujours. Les rejets y sont fréquents, jamais gauches ni plats. Il me semble si rare qu'un rejet soit autre chose qu'une désertion, une lâche commodité que se donne au détriment du second vers l'artiste embarrassé d'un excès de syllabes dans le premier, je m'en méfie tellement comme d'un pis-aller que je me l'interdis, mais peut-être aussi ne sais-je pas en user. Delair en connaît l'emploi, et son interprète Coquelin n'a jamais senti le naturel ni la verve du débit compromis dans les Contes cVà présent, par cette liberté.
Je me contente de mentionner la sûreté d'observation et le talent de prosateur dont fait preuve Delair dans les romans ei les nouvelles qu'il a publiés. Il s'est attaché à peindre le milieu social où il a vécu. La poésie n'y trouvait guère de place, mais il savait l'y introduire en y apportant la profonde sympathie de son cœur que