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PREMIÈRES BRISES

Avril tendre et léger, fils de l'Illusion, Répand sur les prés clairs la grâce et la folie, Et fait dans les bois frais, dansante vision, Rire l'année, encor pâlie.

Tout déborde en parfums, tout se couvre de fleurs ; Un immense désir de vivre sort de terre ; On ne voit plus la tombe ; il n'est plus de douleurs, Même en ton âme, ô solitaire.

Et moi qui redescends la vie, et m'en vais, las, Des jours vécus en moi portant la lourde somme, Je me sens dans le cœur sourdre et frémir, hélas ! Des espérances déjeune homme.

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