PREFACE VII
Il se mit au travail avec confiance et commença Garni. Il se proposait, pour chaque grande époque de notre histoire, d'en présenter un vivant tableau, d'en donner une illustration dramatique.
Dans le drame de Garin, par exemple, la féodalité s'affaissait sous la double attaque des bourgeois et du roi de France.
Il avait sur le style propre à la scène des idées très .arrêtées. Ce style, selon lui, devait emprunter son accent et ses couleurs à l'époque représentée. .C'est ainsi que ce drame est semé de formules du moyen âge, que la comédie de la Mégère est farcie de l'esprit et montée au ton du seizième, siècle, et que, avant d'écrire La Leçon, il relut plusieurs fois les Tragiques de d'Aubigné. Pour mettre cette théorie -en pratique, il s'imposa la tâche d'étudier, le crayon à la main, tous nos grands écrivains : des chansons de geste à Hugo, tout fut lu, compulsé, annoté.
Il possédait remarquablement le vieux français ; mais il jugea sans doute ce. bagage insuffisant, et avec une égale passion il étudia de la même sorte, dans le texte original, Caldéron,