PIE-MÉRE
La pie-mère est l'enveloppe immédiate de l'encéphale. Tandis que la dure-mère tapisse la capsule crânienne, la pie-mère s'adapte étroitement à la surface de l'encéphale, s'engage dans les anfractuosilés qu'il présente, et s'invagine même dans les cavités ventriculaires, en refoulant leurs parois amincies et réduites à une simple couche épithéliale.
Il est classique de diviser la pie-mère en externe et interne. La première serait périencéphalique, la seconde serait au contraire située dans les cavités mêmes de l'encéphale. Cette division, bonne à retenir pour la clarté de la description, est loin d'être exacte. En effet, la pie-mère, dite interne, n'est pas plus interne que l'autre. Nulle part cette membrane n'effondre les parois encéphaliques pour pénétrer dans les cavités ; car les divers prolongements que la pie-mère envoie dans les cavités encéphaliques ne font que s'invaginer dans ces dernières, en repoussaut devant eux la paroi ventriculaire- réduite à une couche nerveuse très mince, simple lamelle épithéliale, dont ils se revêtent comme d'un véritable sac. Ces cloisons piemériennes sont donc situées en dehors de l'épithélium épendymaire. — Après avoir donné ainsi leur véritable signification aux termes de pie-mère externe et interne, je vais étudier séparément chacune d'elles. (Voy. fig. 24.)
Pie-mère externe. — L'encéphale est recouvert d'une enveloppe celluleuse, molle et vasculaire, formée d'un tissu cellulaire dont les mailles sont distendues
,„ liquide : lo liquide céphalo-rachidien. C'est hx méainy. mo/ e tissu ce lula.re 1 suivant l'heureuse expression de Ilenle. Aréolairo et .nhltre de hqu. e
dans couche moyenne, ce tissu s'ùpaissit et se condense en dedans au contact rencênhale, pour former la pie-mère classi.iue {inlima pu,, Ivey et iletzius) ; - et,
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Fig. 24. — Espace soiis-;ir;u;linoidicii ou cavité de la méninge molle (d'après Axel Rey etReIzius).
Injection de l'espace sous-arachnoïdien (E.?;?. .s. arach.], du cerveau linniaiu faite par l'espace sousaraclmoïdion de la inocllc. — Coupe transversale d'un sillon avec les parties voisines. — On y voit : la méninge molle [mn. molle), a\cc ses trois couches : lame externe ou fenillel viscéral de l'arachnoïde {F. vise, arach.): la lame interne ou la pialc [l'ie-mcrc); et la couche intermédiaire formant le tissu ou espace sous-arachnoïdien [Esp. s. arach.), dont les trabécules [rrab.], très-serrées autour des grosses veines, où elles forment un réseau trabéculaire péri-voineux (Bcs. Irab. p.v.), entourent les artères, et limitent ailleurs des espaces lacunaires ou aréolaires. La masse à injection (gélatine et bleu de Prusse) a été enlevée ; mais elle a coloré fortement les trabécules; elle s'est infiltrée jusque dans les gaines que la pie-mère [Gaine p. ta.) envoie autour des artériolcs {Arlériole) qui pénètrent dans l'écorce des circonvolutions (Kcoire céréb.).
en dehors, vers la dure-mère, où il se revêt d'une couche endothèliale pour former le feuillet viscéral de l'Arachnoïde. (Voy. fig. Vt). Chacune des parties constituantes de la méninge molle sera étudiée à part. Ici je
ANATOMIK MKDinO-CinnURGICAI.K.
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décris la laina cérébrale ou pic-niére proprcinonl dile; en Irailanl de 1 araclinoïde, je parlerai de la lame externe ou aracluioïdieiine; l'espace aréolaire compris entre les deux lames ou espace sous-araclinoïdien sera étudié avec le liquide céphalorachidien. (Voyez la figure 52, où ces différentes couches sont superposées; j'ai peur de ne pas être clair.)
La pie-mère (lame interne ou piale de la méninge molle) adhère au tissu nerveux. Cette adhérence est établie par les filaments conjonclifs, et les vaisseaux artériels et veineux qui pénètrent dans la substance nerveuse; la méninge leur forme des gaines qui les accompagnent jusque dans l'épaisseur de l'écorce encéphalique. A l'état normal, le décollement de la pie-mère s'obtient aisément. A l'état pathologique, dans la périencéphalite chronique diffuse, les travées conjonctives sont épaissies, la pie-mère adbère au cerveau quelquefois si intimement qu'il est impossible de l'enlever, sans détacher une couche de substance cérébrale.
La pie-mère présente des caractères particuliers au niveau de chaque segment encéplialique : sur le cerveau, elle est moins résistante et plus \asculaire que partout ailleurs; elle descend dans les scissures, les sillons et les incisures, en suivant la surface d'une circonvolution pour remonter sur la circonvolution opposée, formant ainsi des prolongements à doubles feuillets. D'après Balty Tuke [Edinb. vied. journ. 188"2), la pie-mère ne formerait pas ce double feuillet que tous les auteurs décrivent; elle passerait au-dessus des sillons, et émettrait à ce niveau des prolongements celluleux simples, accompagnant les vaisseaux qu'elle envoie à la substance céi'ébrale.
Sur le cervelet, la pie-mère envoie un double feuillet dans les sillons de premier ordre, un simple dans ceux de deuxième et de troisième ordre. Sur Yisthme do l'encéphale, et surtout sur le bulbe, la pie-mère devient de moins en moins vasculaire et de plus en plus résistante, prenant peu à peu les caractères propres à la pie-mère rachidienne.
La structure de la pie-mère a été minutieusement décrite par A. Key et Retzius. Elle présente deux couches : — ïexterne, formée de travées conjonctives longitudinales et de cellules conjonctives et pigmentaires, celles-ci abondantes surtout chez les vieillards. C'est dans cette couche qu'est contenu le réseau vasculaire périencéphalique. — La couche interne est formée par deux lames de fibres élastiques, que réunit une zone moyenne de fibres conjonctives.
La face externe de la pie-mère, qui limite eu dedans l'espace sous-arachoïdien, est recouverte de cellules endothéliales (Voir Liq. ceph. rach.). La face interne, cérébrale, serait dépourvue d'épilhèlium. L'espace lymphatique, décrit par His, entre la pie-mère et la substance nerveuse, gous le nom d'espace épicérébral, n'est plus admis; il existe cependant, comme on peut s'en assurer sur les coupes; il suffit d'ailleurs de penser que le cerveau est animé de battements pour comprendre la nécessité de cet espace séreux. Fleischl décrit sous la pie-mère, une couche de cellules épithéliales, qu'il appelle cuticule du cerveau et du cervelet.
Je signale seulement les gaines que la pie-mère forme aux artères qui pénètrent dans la substance encéphalique; elles seront étudiées complètement avec le liquide céphalo-rachidien.
Les vaisseaux, artériels, veineux et lymphatiques, de la pie-mère sont décrits ailleurs (voir Circulation artérielle, veineuse et lymphatique de C encéphale); ils sont contenus, connue je l'ai dit, dans la couche externe de la pie-mère.
Les nerfs de la pie-mère ne sont, en somme, que des rameaux vasculaircs, destinés
DE LA TlÎTE.
au. artères oucoplialiques. Les plexus, qu'eu reucoulre dans l'épaisseur de la moml.raue, décrits par Purkiuje, Krause, ue lui appartiennent pas; et c est par habitude qu'on les appelle nerfs de la pie-mére. Les rameaux nerveux vasculaires, venus du grand sympathique (plexus carolidien et vertébral) , cl même des racines des nerfs crâniens (Bochdaleck), se rendent dans la paroi des arterioles; Kollikor a pu les poursuivre, sur les artères cérébrales, dans l'épaisseur même de la substance nerveuse.
Pie-mère interne. — Les expansions que la pie-mère envoie dans les cavités encéphaliques sont au nombre de deux : - l'une pénétre parla grande fente de Bichat
Veines o/ito-sti-Lees —
PLL.JWSL..
PLI. cuit.
^.Plexus chor. Venl.moijeiL
FLexus chor. Venl lai.
/fS/y^.ToiLc choroid.
Com. occi/utal^
Veines' cLe Galiea