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SYSTÈME VEINEUX DE L'ENCÉPHALE

Les troncs veineux, aboutissants do la circulation encéphalique, ont un volume plus considérable que les artères afférentes : ils sont disséminés sur toute la surface de l'encéphale, particulièrement sur la convexité des hémisphères céréhiaux, tandis que les grosses branches artérielles se trouvent à la base; — les veines de l'encéphale ont un trajet variable et inconstant, qui contraste avec la fixité du trajet des „,lù,.es- — les veines sont en général plus superficielles que les artères. — Les troncs 'veineux baignent dans le liquide céphalo-rachidien des connuenls sousarachnoïdiens; tous les changements de pression qui surviendront dans ce liquide retentiront sur les veines. Aussi, lorsqu'une systole cardiaque amène à l'encéphale, contenu dans une cavité à parois résistantes, une nouvelle quantité de sang, la pression augmente dans le liquide; mais cette augmentation de pression retentit aussi sur les -ros troncs veineux qui baignent dans ce liquide, et le sang qu'ils contiennent reçoit une impulsion. C'est ainsi que serait expliqué le pouh veineux des sinm; on dit que, lorsqu'on vient à piquer un sinus ou une veine cérébrale sur 1 animal vivant, le sang s'en échappe par jets correspondants aux pulsations artérielles. Je crois qu'on a exagéré un peu le phénomène : j'ai ouvert une o.s le sinus longitudinal supérieur, il n'y eut pas de jet, mais un Ilot de sang remplit a plaie; j'ai souvent ouvert le sinus sphéno-pariétal : l'écoulement sanguin est notable, mais

il ne se fait point par jet. .

Les petites veines cérébrales qui se rendent dans les gros troncs superficiels, sont situées dans l'épaisseur de la pie-mère, à la surface des circonvolutions, et dans les sillons qui les séparent. On en voit fréquemment deux et même trois s avancer parallèlement dans un même sillon.

Les veines de l'encéphale sont remarquables par les anastomoses multiples et volumineuses qu'elles échangent; - par la minceur de leurs parois, formées d une couche de tissu conjonctif tapissé par l'endothélium,. sans fibres musculaires (Eberth) ; - elles sont dépourvues de valvules; - toutes enfin, près de leur termiuaison dans les sinus ou les trous crâniens, s'engagent dans l'épaisseur de la duremère et prennent ainsi sur un trajet de longueur variable le caractère sinumen.

Veines du cerveau. ^ Les veines du cerveau doivent être réparties en deux grands systèmes : - le syUème cortical, comprenant des veines externes internes et inférieures; - et le système central ou système de la grande veine de Galien, comprenant les veines ventriculaires et les veines basilaires.

Système cortical. - Veines de la face externe ou de la convexité des hémisphères. lîlles rayonnent de la scissure de Sylvius vers le sinus longitudinal supérieur, le sinus latéral et les sinus de la base. . .

Les veines du lobe frontal forment trois ou (luatrc troncs qui vont s ouvrir séparément dans la partie antérieure du sinus longitudinal supérieur ; ces troncs sont plus ou moins perpendiculaires à la direction des circonvolulions frontales.

Les veines provenant des circonvolulions rolandiques forment deux gros troncs superficiels qui, du voisinage de la scissure de Sylvius, montent, parallèlement a ces circonvolulions, vers le sinus longitudinal supérieur. Le plus antérieur de ces ironcs veineux est en général le plus gros; Cruveilhier le décrit sous le^noin de

ANATOMiK MKnico-ciiinuncicAi.K.

ANATOMIE MÈDICO-CIIIRURGICAI.E.

grande veine cérébrale supérieure. A son origine, cette veine s'abouche iai-gemeul avec une grosse veine syl vienne se rendant aux sinus de la base. — Il m'a paru que celte veine occupait plus souvent le sillon pré-rolandique que la scissure rolandique elle-même, circonstance regrettable, car elle nous lait perdre un point de repère pour les trépanations dans la zone motrice. Les veines du lobe pariétal forment, en général, deux li'oncs qui se rendent dans

Fig-. 70.— Veines et artères à la surface du cerveau.

Cette planche a été faite aussi pour démontrer comment les veines cérébrales deviennent sinusiennes et côtoient les lacs sanguins, avant de s'ouvrir dans la cavité du sinus. Dans ce but la dure-raèrc a été incisée à 2 centimètres en dehors du sinus, et relevée. — Celle ligure a paru pour la première fois dans ma brochure sur la topographie crânio-encéplialique ; je l'ai reproduite ici parce qu'elle me paraît bonne. Une erreur, reproduite d'ailleurs par ceux qui ont imité ma ligure originale, a été c irrigée : le sinus latéral n'avait point de paroi dure-méricnne et pouvait être pris pour une grosse veine : je lui ai fait une paroi. J'ai de plus indiqué l'iibouchement de la veine ophtalmo-méningée [V. o. VI.) dans la veine sylvienne.

le sinus longitudinal supérieur. Le plus postérieur de ces troncs répond très souvent à la scissure pariéto-occipitale et reçoit quelques veines du lobe occipital.

Les autres veines du lobe occipital, et celles de la partie postérieure du lobe temporal, vont s'ouvrir dans les sinus latéraux, souvent après avoir parcouru un cerlain trajet dans l'épaisseur de la tente du cervelet.

Les veines de la partie antérieure du lobe temporal et celles de la partie inférieure du lobe frontal se réunissent d'ordinaire pour former un gros tronc qui suit la scissure de Sylvius : c'est la veine sylvienne (veine cérébrale médiane de Browning).

Cette veine sylvienne, sabouchant avec la grande veine cérébrale antérieure, constitue la grande veine anaslomotique de Trolard; arrivée sur la face inférieure

DU LA TÊTIi. 10^'

du cerveau, au niveau de la pelile aile du sphéuoïde, la {grande anasloinolique devient sinusienne, se recourbe en arrière, et, traversant toute la fosse sphénoleni|)orale dans l'épaisseur de lii dure-mère, va se jeler dans le sinus pétreux supérieur. Telle est la description qu'en donne Trolard; mais, aussi souvent au moins, la veine sylvienne s'abouche au niveau de la petite aile avec le sinus sphéno-pariétal qui la conduit au sinus caverneux; plus rarement enlin, elle va directement s'abouchei' dans le sinus cavoi'ncux.

En arrière de la grandaveine anastomolique de Trolai'd, dans le sillon posl-rulandique, on voit ordinairement une veine assez grosse, parallèle à la précédente et qui va comme elle s'aboucher dans la veine sylvienne. Labbé, ayant vu quelquefois cette veine descendre jusqu'au sinus latéral, lui a donné le nom de pelile anastomolique. Il n'y a pas lieu de maintenir celte description qui ne répond qu'à des cas exceptionnels. Le plus souvent, comme le représente noire figure, c'est une grosse veine du lobe temporal qui va de la veine sylvienne au sinus latéral.

Veines de la face interne des hémisphères. — Les antérieures, qui naissent du lobe frontal, du corps calleux, du lobule paracentral et du lobule quadrilatère, se rendent dans le sinus longitudinal supérieur; quelques-unes très petites vont au sinus longitudinal inférieur.

Veines de la face inférieure des hémisphères. — Les antérieures, venant du lobule orbitaire, vont se jeter dans l'origine du sinus longitudinal supérieur. Celles qui naissent delà face inférieure du lobe temporal et du lobe occipital, s'engagent dans l'épaisseur de la tente du cervelet, et vont se jeler,, par deux gros tron(;s, dans la partie horizontale du sinus latéral.

Hyrtl a décrit sous le nom de veiiie ophlhalmo-méningée [OEsterr. Zeilsch. f. prak. Heilk., Wien, i859), une veine qui part de la scissure de Sylvius et va se jeter en avant, soit dans le sinus sphéno-pariétal, soit dans l'une ou l'autre ophthalmique. Uédon a toujours vu cette veine se rendre dans le sinus sphéno-pai iétal ou dans le sinus caverneux. L'existence de cette veine est constante, parfois même on en trouve deux. — Lorsque, au début d'une autopsie du cerveau, on a relevé les lobes frontaux pour couper le chiasma, ou les voit facilement sortir de chaque scissure de Sylvius et gagner le tiers interne de la petite aile du sphénoïde.

Système de la grande veine de Galien. — Il comprend des veines ventriculaires et des veines^ basilaires, qui sont les branches afférentes de la grande veine de Galien.

Les veines ventriculaires sont formées par la convergence des veinules nées dans la couronne rayonnante, le corps calleux, la capsule interne et dans les masses grises centrales; elles s'engagent dans l'épaisseur de la toile choroïdienne et se réunissent en un seul tronc, la grande veine de Galien. Celle-ci, constituée par une sorte d'ampoule ou de' carrefour sur les parois duquel se trouvent disséminés les orifices d'abouchement des veines afférentes, s'ouvre dans l'extrémité antérieure du sinus droit.

Les veines basilaires, au nombre de deux, naissent au niveau de l'espace perforé antérieur, de veines provenant du lobe frontal et de veinules venues du corps sirié. Ilédon a fort jusl(!ment insisté sur la disposition de ces veines striées inférieures qui s'anastomosent dans le corps strié avec les veines striées supérieures, tributaires des veines ventriculaires. — Les veines basilaires reçoivent encore des veinules isftues des différents poinis de la base : elles s'anastomosent entre elles de

lacon à former un polygone veineux, analogue au polygone artériel; enfin elles contournent les pédoucAiles cérébraux pour se rendre dans la veine deGalien.

Les veines du cerveau présenleul de nombreuses variélés dans leur trajet et leurs rapports; il est rare qu'une disposition identique se présente sur les deux hémisphères. — Mais, ce que le système veineux du cerveau offre de plus remarquable, c'est la multiplicité et le volume des anastomoses qui relient entre elles ses diffélenles parties. Tandis que les artères ne communiquent entre elles que par des ramuscules, les veines s'anastomosent largement par leurs branches et par leurs troncs. A la superficie des hémisphères, les anastomoses entre les artères sont si rares et si fines qu'on a pu diviser la surface du cerveau en déparlements artériels. Au contraire, les communications entre les veines sont larges et multiples, et elles s'établissent, non seulement entre les différents territoires d'un môme hémisphère, mais encore entre les veines des deux hémisphères, llédon a cherché patiemment, mais en vain, les anastomoses entre les veines des ganglions centraux et celles de l'écorce. Constatées par Ecker et admiser, par Duret, ces anastomoses ont été vues aussi par Teslut (1889).

Veines du cervelet. — Les veines du cervelet, nées dans la profondeur de l'organe, forment des troncs supérieurs et inférieurs, dont la direction générale est perpendiculaire à celle des lames. Les veines cérébelleuses supérieures el inférieures forment des troncs communs qui vont se jeter dans les sinus latéraux, après un court trajet dans l'épaisseur de la tenle du cervelet. Sur la face inférieure, J. Weber décrit encore une veine azygos cérébelleuse inférieure, qui se jette dans l'entrecroisement des sinus, au niveau de la protubérance occipitale interne.

Veines de la protubérance et du bulbe. — Hédon les a fort bien décrites. Leui' disposition est analogue à celle des veines médullaires. Toutefois, il faut signaler sur la face inférieure de la protubérance annulaire, un plexus veineux très riche, qui se dégorge par de petits troncs, soit dans le sinus pétreux supérieur, soit dans les veines cérébelleuses. D'après mes recherches, le tronc qui se rend au sinus pétreux supérieur est constant, et toujours situé immédiatement en dehors du nerf trijumeau.

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