SYSTÈME LYMPHATIQUE DE L'ENCÉPHALE
On professe, à l'heure actuelle, que le système lymphatique est représenté, dans l'encéphale, par des espaces péri-cellulaires et des gaines péri-vasculaires, qui se continuent, à la surface de l'organe, avec des espaces lymphatiques du tissu pie-mérien. Quelques auteurs vont plus loin : ils funt rentrer dans le système lymphatique l'espace sous-arachnoïdien tout entier el assimilent le liquide céphalo-rachidien à la lymphe (Voy. Liq. cép. rach.). — A côté de ces opinions exposées en termes vagues, comme il arrive lorsqu'on traite d'un sujet mal connu, je dois faire une place à part à l'opinion du professeur Sappey, qui considère le système nerveux comme dépourvu de vaisseaux lymphatiques.
Je ne saurais apporter une opinion personnelle sur les espaces et les gaines lymphatiques qui ont été décrites dans la substance de l'encépliale, par les histologisles
DE U TKTE. ■!<>•' Ifts plus ùminents (Robin, Ilis, Ohorsloiner, Hosoiil)ac,li, Sorwald, de.).— L'existence (le ces voies lymplialiqncs me paraît démonlréc.
Mais, en ce qui concenic les vaisseaux lyniplialiques à la surface externe de l'encéphale et dans les méninges, je me sépare absolument de ceux qui nient leur présence. J'ai vu et injecté des vaisseaux lym()baticpies, à la surface cxlcrne du cerveau, dans le tissu de la méninge molle, et dans la dure-mère.
Mascagni, Fohmann, Arnold, Hreschet ont injecté des vaisseaux lymphatiques dans le tissu sous-arachnoïdien. J'ai étudié les planches dans lesquelles ces auteurs ont représenté les vaisseaux injectés, et je n'ai point partagé les doutes conçus sur la nature lymphatique de ces vaisseaux par mon émineut maître Sappey h l'inspection des mêmes planches. Cependant, Mascagni nous montre, courant côte à côte sur la dure-mère cinq vaisseaux; au centre est une branche de la méningée moyenne, flanquée de ses deux veines, en dehors desquelles cheminent les troncs lymphatiques, reconnaissables à leurs étranglements caractéristiques. J'ai dit ailleurs que j'avais été assez heureux pour réussir deux fois celte injection difficile.
Mascagni et Arnold nous montrent encore des troncs lymphatiques à la surface de l'encéphale, et Breschet a hguré [leSyst. lymph., 1836, pl. I, fig. 4, p. 297) le réseau lymphatique de l'arachnoïde, injecté par insulflation. J'ai longtemps cherché à injecter ces vaisseaux au mercure : pendant plus de quatre ans, il y a toujours ou et il y a encore, dans mon laboratoire, des cerveaux d'âges divers, soumis à des traitements différents; de temps en temps, je reprends, avec l'aide de mes élèves, des essais d'injection. Souvent j'ai cru réussir ; deux fois j'ai réussi à injecter sur une longueur de 5 à 4 centimètres un tronc lymphatique dans l'épaisseur de la méninge molle, suivant la scissure de Sylvius, J'ai vu nettement les valvules de ces deux troncs : elles étaient plus espacées que sur les troncs lymphatiques des membres. Le doute ne me paraît pas possible : les troncs lymphatiques décrits par Mascagni, Fohmann et tant d'autres, existent bien réellement. Au dire de ces auteurs ces troncs accompagnent les veines, et sortent avec elles par les trous de la base pour se rendre dans les ganglions cervicaux profonds supérieurs. Fohmann a aussi trouvé des vaisseaux lymphatiques "dans les plexus choroïdes des ventricules latéraux ; Arnold les a vus se réunir en un tronc, placé côte à côte des veines deGalien.
Je pense, en raison de mes recherches personnelles, qu'il faut revenir à l'opinion de ces maîtres anciens : ce retour en arrière sera un progrès.
Le sujet est donc à reprendre : il s'agit d'une étude fort difficile, car ces vaisseaux sont d'une extrême délicatesse. L'injection au mercure sous faible pression, qui est, quoi qu'on en puisse dire, le procédé de choix pour les troncs lymphatiques en général, ne convient peut-être pas aux lymphatiques cérébraux, dont la paroi est d'une minceur extrême : si faible que soit la pression, le vaisseau rompt aussitôt. L'insufnation n'est pas assez démonstrative. Je me propose d'essayer la solution au bien de Prusse.
ANÂTOMIE MÉLUCO-CIIIRURGICALE.
RAPPORTS DE L'ENCÉPHALE. - TOPOGRAPHIE CRANIO-ENCÉPHALiaUE
Je viens d'exposer aussi brièvemeiil. que possible les connaissances indispensables pour s'orienler à la surface el dans la profondeur de l'encépliale, et les connexions de celui-ci avec les conduenls arachnoïdiens, les artères et les sinus veineux. Dans ce chapitre, je m'occuperai des rapports de l'encéphale avec la paroi crânienne. La connaissance très précise de la topographie crânio-encéphalique est, aujourd'hui, absolument nécessaire.
En effet, on ne discute plus guère sur les localisations cérébrales, et la chirurgie contemporaine, forte de son innocuité, étend chaque jour son domaine sans qu'on puisse encore le limiter.... Aussi, il importe que le chirurgien connaisse, dans tous leurs détails, les rapports de l'encéphale avec le crâne recouvert de ses parties molles: il faut aussi qu'il soit mis en possession de moyens simples et pratiques, pour arriver sûrement et par le plus court chemin, sur tous les points de l'encéphale.
La tente du cervelet divise la cavité crânienne en deux compartiments, l'un supérieur, réservé au cerveau, l'autre inféro-postérieur, destiné à recevoir le cervelet, le bulbe et la protubérance (Voy. fig. 20). Ces deux compartiments sont mis en communication par la fenêtre de la tente cérébelleuse, ou trou ovale de Pacchioni. J'étudierai successivement les rapports des organes contenus dans ces deux loges.