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OREILLE EXTERNE

PAVILLON DE L'OREILI.E

l.c pavillon do l'oi'eille, iinplanlt! sur i'apopliyso masloïde, est, situé sur les parlies lalôrales cl inférieures du crAne, on arrière do la l'ace, au-dessus du cou; il présente la forme d'une conque aplatie cl plissco, ou d'une coquille onduleusc, au fond de laquelle se trouve le conduit auditil externe.

Configuration extérieure. — Kn anatoinio artistique, on répète depuis Jean Cousin, que les oreilles s'étendent en hauteur depuis la ligne des yeux jusqu'à celle du nez. La vérité est que la ligne horizontale menée par le contour inférieur du lobule passe au-dessous du nez, à pou près à mi-chemin entre la lèvre supérieure

Fig. Ori. — Le pavillon de l'oreille.

et la sous-cloison; et que la ligne horizontale lasant le contour supérieur alloinl le point culminant de l'arcade sourcilière. L'oreille, je veux dire le pavillon, est donc en général plus longue que le nez; il y a des exceptions. — Son grand axe n'est point vertical, mais un peu incliné en haut et en arrière.

Le pavillon de l'oreille a ses caractères de beauté, de distinction ou de difformité, qui sont parmi ceux qui se transmettent le plus par hérédité (Joux). On a dit que l'oreille bien faite, aux formes harmonieuses, dénotait rinlelligenco et la distinction; tandis que l'oreille massive, épaisse, était un signe de mauvais penchants ou d'appétits vulgaires.

La configuration du pavillon, ses dimensions, l'angle sous lequel il s'insère, présentent de très nombreuses variétés. Chez quelques individus le pavillon reste parallèle à la région temporo-mastoïdicnne ; chez d'iuitros, il s'en écarte plus o(i moins. D'après les rcchorclios do Ruclianan, l'aplatissement ot récarlemcnl exagérés sont c'^alcmont nuisibles au bon fonctionnement de l'onic; c'est avec une inclinaison de " Il

AN.VTOMIE MÉniCO-CMinUIKiir.M.E.

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25" que cet appendice produit le maximum d'effet utile. — Il n'est pas rare d'oliserver des différences de conformation entre les deux oreilles d'un môme individu. — Des cicatrices peuvent dévier le pavillon de sa position normale et nécessiter une intervention chirui'gicale.

La coloraLion du pavillon est eu général rosée, diaphane; il participe aux changements de coloration de la face, dans les émotions : on rougit jusqu'aux oreilles.

La face externe du pavillon offre à étudier un certain nomhre de saillies et de dépressions qu'il nous suffira de nommer. Le repli ou ourlet presque circulaire, qui limite en avant, en haut et en arriére la circonférence du pavillon, porte le nom d'hélix; il circonscrit une gouttière, très profonde en avant, la gouliière de l'hélix; l'hélix par son extrémité antérieure, très recourbée, vient prendre pied dans une cavité, la conque. En avant de l'hélix, plus rapprochée du conduit auditif, se trouve une deuxième saillie, curviligne et parallèle à la précédente, c'est Yanthélix qui circonscrit la cavité de la conque. A sa partie supérieure, l'anthélix se bifurque: de ses branches l'une se porte en haut, l'autre en avant, limitant ainsi une légère dépression triangulaire, la fossette de l'anthélix ou fossette naviculaire. Le tragus est celte saillie située immédiatement en avant du méat auditif externe, sur lequel elle s'avance en manière d'opercule : le contour du tragus est plus souvent carré qu'arrondi, et parfois même divisé en deux parties par une petite dépression : le développement du tragus explique celte particularité. (Voy. développement.) Sur l'origine de l'anthélix, en arrière et en regard du tragus, mais séparé de lui par une large échancrure [incisura intertragica) on voit Vantilragus.

Au-dessous de ces parties, le pavillon perd sa consistance élastique et devient une saillie arrondie et molle, le lohule de l'oreille, auquel les peuples sauvages accrochent de gros ornements ou des ustensiles de ménage, et les peuples civilisés des ornements plus petits; cela trop souvent au détriment de l'organe qui s'allonge ou se fend à la longue en deux parties : la réparation est d'ailleurs facile; il suffit d'aviver les bords et de coudre.

L'hypertrophie du lobule n'est pas très rare : Boyer raconte qu'il dut faire l'excision du lobule sur un enfant chez lequel cet appendice descendait jusqu'au cou. (L'anatoraie du lobule a été exposée dans ses détails par W. His, Arch. f. Anat. u. Phgs., 1889.)

L'enroulement des différents replis du pavillon est plus ou moins prononcé; parfois il est nul, et l'aspect de ce pavillon plat est fort disgracieux. On rencontre quelquefois vers la partie posiéro-supéricure du contour de l'hélix une saillie plus ou moins prononcée. Gratioleta noté l'allongement en pointe de bipartie supérieure de l'hélix, comme donnant au pavillon un caractère de bestialité, oreille pointue du faune. Darwin voit dans celte conformation un vestige de l'oreille pointue des animaux, ancêtres reculés. — Les malformations du pavillon de l'oi-eille sont très fréquentes : j'ai eu beaucoup de peine à trouver le sujet qui a servi de modèle, d'ailleurs imparfait, pour le dessin que je donne. — Ch. Féré et Séglas ayant étudié le pavillon sur 1233 vieillards à la Salpètrière {Rev. d'anthropologie, 1880, p. 226), ont constaté que ces malformations étaient plus fréquentes chez les épileptiques, et surtout chez les idiots qui sont au bas de l'échelle des dégénérés, mais qu'elles n'étaient pas notablement plus fréquentes chez les aliénés que chez les sujets sains d'esprit. — G. Schwalbe a étudié récemment [Arch. f. Anat. v. Phys. 1889) les analogies entre le pavillon de l'oreille humaine et le pavillon dans la série animale.

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La face inlerne du pavillon adhôi'e aux parois du ci'Aiie par une large surface. Dans le reste de son étendue, celle face esl libre cl présente une contiguralion inverse de la face externe. — J'appelle ratlention sur la largeur de la surface d'attache du pavillon de l'oreille; en haut elle s'étend à 3 centimètres environ audessus du conduit auditif, sui' le temporal; en iirrièi'e, elle recouvre la moitié antérieure de l'apophyse niasloïde (Voy. (ig. 150), (jue j'appellei'ai bientôt porlion ckirurçiicale de l'apophyse. — Toute la partie de la paroi crânienne qui répond au pavillon est dépourvue de cheveux.

Le pavillon jouit d'une certaine mobilité autour de son point de continuité avec le conduit auditif; il est surtout mobile en haut et en arrière, disposition favorable pour l'inspection du conduit et l'introduction des instruments.

Structure. — Le pavillon de l'oreille comprend dans sa structure : un fibrocarlilage, des ligaments, des muscles et une enveloppe cutanée.

Le fibro-cartilaye, auquel le pavillon doit sa forme et son élasticité, occupe toute l'étendue du pavillon à l'exception du lobule qui est formé par un simple repli de la peau. Ce fibro-cartilage, mince au niveau de l'hélix, plus épais à l'anlhélix, atteint son épaisseur maxima (2 millimètres à 2 mm. 5) au niveau de la conque. C'est un cartilage jaune ou réticulé dont la substance fondamentale contient beaucoup de tissu élastique sous la forme de fibrilles assez minces (Coyne). Ce cartilage est revêtu d'un périchondre épais qui fait corps avec lui. Parfois de petits nodules cartilagineux isolés se rencontrent surtout vers le bord libre de l'hélix.

La structure est peu homogène; Meyer, TatarofT, et tout récemment rilliet (Soc. anat., juillet 91), ont signalé dans l'épaisseur du cartilage, surtout au niveau de l'hélix et de l'anlhélix, des nodules étendus qui ne contiennent point de libres élastiques : au niveau de ces points on ne voit que la substance fondamentale, qui se présente sous l'aspect d'une large tache claire. C'est en ces points que débute le ramollissement du cartilage qu'on retrouve constamment chez les sujets âgés. Ilarimann (Berlin) a décrit des kystes du pavillon liés à l'évolution de ces foyers de ramollissement. Pilliet a noté la pénétration du cartilage par des vaisseaux émanés du périchondre, en certains^poinls : c'est autour de ces vaisseaux que se fait parfois une calcification de la substance fondamentale; rossification parait être très rare. Ces modifications ne s'observent pas seulement chez les sujets âgés : on les voit fréquemment chez l'adulte, parfois même chez le jeune eni'anl; elles sont certainement en rapport avec le développement de Tothématome dont je parlerai plus loin.

C'est aussi à des alléralions de ce genre qu'il faut rapporter les cas de fractures ou de ruptures du cartilage observés par Jarjavay et Menière; Malgaigne et Richet ont nié la possibilité de ces fractures : il est, eu effet, impossible de fracturer ce cartilage très élastique, lorsqu'il a gardé sa structure normale.

Des ligaments intrinsèques relient entre elles les différentes parties du cartilage, comblant les incisures qui existent entre les languettes cartilagineuses, et maintenant la forme du pavillon. — Des ligaments extrinsèques, constitués simplement par un tissu conjonctif dense, unissent le pavillon au tubercule de l'apophyse zygomatique, et à l'aponévrose temporale en avant, à l'apophyse mastoïde en arrière. Le ligament antérieur est parfois très fort : je l'ai vu dédoublé par le passage de l'artère temporale : son feuillet superficiel se fixe sur l'aponévrose temporale, le profond va au tubercule de ra[)ophyse zygomatique. — Le ligament postérieur, sousjacent aux muscles auriculaires, trousseau fdu-cux épais, mal limité, va de la conque à l'apophyse mastoïde.

Des muscles intrinsèques vont d'une partie du cartilage à une autre partie de ce même cartilage; destinés à modilier la courbuie et la direction des saillies et sillons

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du pavillon, ils soni, chez l'homme, très pâles, rudimenlaires, plus ali'ophiés encore que les muscles extrinsèques que nous connaissons déjà (Yoy. Rég. tenipor.). L'auriculaire supérieur est le plus développé de ceux-ci; chez quelques individus, il a gardé assez de force pour imprimer de notables mouvemenis d'élévation au pavillon. — L'auriculaire postérieur vient se fixer à la convexité du cartilage de la conque par deux petits faisceaux horizontaux qu'on peut voir et sentir, lorsqu'on cherche à renverser le pavillon en avant. — (l)uclienne de Boulogne, Yungontadmis une contraction instinctive des muscles intrinsèques sur l'individu qui écoule.)

La peau du pavillon de l'oreille est d'une couleur blanc rosé, unie, douce au toucher; mince et transparente, elle laisse apercevoir le trajet des vaisseaux sanguins. Son adhérence au cartilage, très prononcée sur la face externe, surtout au niveau de la conque, explique les douleurs violentes qui accompagnent les abcès du pavillon et la forme acuminée que prennent ces abcès. L'adhérence est beaucoup moindre sur la face interne, convexe; aussi l'œdème y est-il toujours plus appréciable? C'est ainsi que, dans l'érysipèle, le gonflement se manifeste à la face crânienne, laissant la face externe intacte, non déformée, comme le remarque Malgaigue, qui vivait au temps de l'érysipèle. — On ne rencontre sous la face profonde de la peau que de très rares lobules adipeux.

Au niveau du lobule, la peau s'adosse à elle-même, et une couche de graisse plus ou moins abondante s'interpose entre les deux feuillets cutanés; quelquefois le cartilage de l'hélix s'avance dans le lobule (Gruber). Avec l'âge, la couche cellulo-graisseuse sous-cutanée s'épaissit souvent au niveau du tragus, du lobule et de l'hélix, dont les contours s'arrondissent; l'anthélix et la conque conservent en général leur configuration première.

Des poils très nombreux, mais très rudimenlaires, forment sur la peau du pavillon un léger duvet, extrêmement touffu au niveau du lobule; les follicules pileux sont nombreux et très petits. Sur la face postérieure du tragus, les poils, plus gros et raides, forment chez quelques sujets un véritable bouquet ou houppe, analogue aux vibrisses de l'orifice externe des fosses nasales.

Les glandes sébacées, situées dans l'épaisseur du derme, sont surtout développées dans la cavité de la conque et la fossette de l'anthélix, où elles forment parfois de petits kystes sébacés. Leur embouchure est souvent indiquée par une petite gouttelette huileuse ou un point noir.

Les glandes sudoripares placées dans la couche profonde du derme sont petites et peu nombreuses : Talaroff {Arch. f. Anat. u. Phys., 1887) a montré que certains points du pavillon en étaient totalement dépourvus, tandis qu'elles étaient assez abondantes en d'autres (sur la convexité de l'anthélix et le lobule).

Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent de la carotide externe par l'intermédiaire de l'auriculaire postérieure et delà temporale superficielle qui donne trois ou quatre artérioles auriculaires antérieures. Des rameaux, dits perforants, traversent le cartilage. J'ai déjà dit que les artères se ramifiaient dans le cartilage : dans certains cas, Meyer a remarqué un développement exagéré des vaisseaux, dont la paroi très mince est hérissée de petites saillies ampullaires.

Les veines, divisées aussi en auriculaires antérieures et postérieures, affectent un trajet assez indépendant de celui des artères dans le pavillon; leurs troncs se rapprochent des troncs artériels; les antérieurs vont à la temporale superficielle et à

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la jugulaii't' oxUîi'iio; les postérieurs, plus nonibroux et plus yros, vont, partie dans les veines occipitales, i)artie au tronc veineux qui descend sur la portion mastoïdienne du temporal.

Les lymphatiques fornienl un réseau e.vtrêmenieut riche sui' toute la surface du pavillon : de ce réseau partent des troncs antérieurs qui se rendent à uu gros ganglion placé au-devant du tragus, et des postérieurs allant aux ganglions placés sur l'insertion supérieure du slerno-cléido-masloïdien.

Les nerfs sensitifs viennent des branches auriculaire et occipitale du plexus cervical, et de l'auriculo-teniporal. — La sensibilité du pavillon eslspéciale : il supporte aisément les pressions et les piqûres, et se montre particulièrement sensible au chatouillement. — Le rameau auriculaire postérieur du l'acial fournit aux muscles leurs /ilels moteurs.

Il faut signaler l'abondance des filets du grand sympathique et des nerfs vasomoteurs : la se'îtion du sympathique ou l'arrachement du ganglion cervical supél'ieur produisent l'hypérémie du pavillon avec élévation de température (Cl. Bernard, Scliiir). On signale des altérations des tissus symptomatiques d'une affection des centres nerveux. Brown-Sequard a vu des hémorrhagies se produire sous la peau du pavillon chez des cobayes porteurs de lésions des corps resliformes (Acad. de méd.); Malhias-Duval, Laborde, Gellé (Soc. de biol. 1877-1878) ont noté l'apparition de troubles circulatoires et la production d'hémorrhagies après section de la partie inférieure du 4'"'^ ventricule. Ces faits sont intéressants pour la pathogénie mal élucidée de certaines tumeurs du pavillon.

Le pavillon de roreille remplit le rôle d'un cornet acoustique, concentrant par réflexion les ondes vers le fond de l'oreille. Par ce fait, il devient l'organe de recherche de la direction du son. .

Si nous plaçons une montre sur une table à 40 ou 50 centnnetres, juste en tace, nous ne l'entendons point; mais si nous tournons de ce côlé le pavillon d'une oreille, le lie tac est nettement entendu. Instinctivement nous tournons l'oreille du côté d'où vient le bruit, cherchant la position dans laquelle la sensation atteindra son maximum, pour reconnaître par la direction du son la situation du corps sonore. Ainsi le pavillon devient un organe d'orientation : il nous dit d'où vient le son. — La destruction du pavillon, tout en laissant l'ouïe intacte, entrave cette faculté d'orientation. . , , , ,,

Les plaies et les coupures du pavillon doivent être réunies par suture, si étendues qu elles soient. Même alors qu'un morceau du pavillon (Bonnafond, Bérengei-Féraud). ou même le pavillon tout entier (Ladreil de Lacharrière) est détaché, il faut reumr; si 1 on peut intervenir aussitôt après l'accident, la réunion est possible. Pendant mon inteVnat aux Enlants- Malades, j'ai recousu au lil d'argent une moitié supérieure de pavillon qui avait ete détachée et ne tenait que par un lambeau de deux millimètres de largeur au niveau de la partie antérieure de 'hélix : la sulure réussit, sauf en arrière, ou il resta une encoche peu proôi de facile à combler si le malade l'eût voulu. Uyrtl raconta, sur la foi de Dahimann. h toHen de la K^îolution anglaise, qu'un membre du Parlement, ayant eu les deux oreilles ciupeès par le bourreau se les lit réappliquer, et put ainsi subir trois ans après, pour un S idei?i ique (un pamphlet politique), le même supplice : mais celte fois les oredles cou-

^ti^^u^slS^ant de l'action du froid sur un organisi.. ttLt^^f^sZ ^f.n^ nn-^ inrps- elles siè^enl de préférence vers la circonicrence de 1 hélix, telles laissent ^;foira;;2^dl^ m,e S- .1.. rntalinemeiU du pavillon. Dans des formes graves on a pu observer la chute du pavillon entier (Mallalti). nv„-,-nn • .-es cmicré-

Les dépôts goutteux sont fréquents au niveau du pavillon (l^ari od thaï col) , ce. coiitic tionî toldncées composées d' .rate de soude, s'observent généraleme.il sur le bord de Sx oi; dans ;a^luUère, sous la Ibrme de grains blanchâtres; ils semblent prendre naissance ii la surface du cartilage.

La varitMé la plus iiilôressante des tumeurs du pavillon est la lumeur sanguine ou olhémalhomc. L'othémalome ayant été observé d'ai)orfl chez les aliénés, on considéra l'affection comme étant liée à des troubles cérébraux. Mais Jarjavay signala sa présence chez les lutteurs de profession et chez tous les individus dont l'oreille est exposée à des contusions répétées ou à des coups. Les anciens avaient remarqué ces déformations de l'oreille des lutteurs : on peut les observer sur les statues antiques d'alhlèles, de lutteurs et de quelques demi-dieux. Toutefois, et bien que le siège de l'othémalome, plus fréquent à gauche (coté des gilïles) chez les aliénés, tende à faire croire que le traumatisme n'est pas toujours étranger à la production de la tumeur, on ne saurait nier sa spontanéité sous l'influence des troubles nerveux dans un certain nombre de cas. D'ordinaire le traumatisme achève ce que les dégénérescences ont préparé.

Il suffit de se rappeler combien la structure du cartilage est peu homogène (foyers dépourvus de fibres élastiques, centres de ramollissement). D'autre pari, le pavillon, accolé au crâne, ne peut fuir, et rien n'amortit le choc : une pression, même légère, suffira pour écraser les vaisseaux : à mon avis, les othématomes d'origine traumatique peuvent être rapprochés des bosses sanguines du crâne. Je pense, de plus, que ces dégénérescences doivent être, en majeure partie attribuées au traumatisme, ou mieux, à la contusion et aux compressions que subit le pavillon de l'oreille dans le décubitus latéral; j'ai souvent observé chez l'enfant dont le sommeil est si profond, l'anémie et le plissement du pavillon; je n'hésite pas pour mon compte à rattacher la plupart des dégénérescences à celte contusion chronique.

La structure du pavillon rend compte du mécanisme de la formation de la tumeur. Le siège ordinaire est au niveau de la fossette del'anthélix; de là l'othématome envahit parfois toute la conque, dédoublant en quelque sorte le pavillon. — Le traitement de ces tumeurs est l'incision large pour permettre l'évacuation des caillots, et même le grattage de la coque dont l'épanchement sanguin s'est entouré : on s'efforcera ensuite, à l'aide de tampons soutenus par un bandage compressif, de favoriser le rapprochement, toujours difficile à obtenir, des deux parois. Abandonné à lui-même l'hématome se résorbe très lentement et laisse l'oreille déformée, ratatinée, bourrée de nodosités.

L'épithélioma est assez rare.

Pour le développement et les anomalies du pavillon, voyez le chapitre consacré au développement de l'oreille.

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