ÉTUDE DU SQUELETTE CRANIEN
Voûte.— 1" Exocrâne. — La forme du crâne est celle d'un ovoïde à grosse extrémité postérieure : si lovoïde s'allonge, le crâne est dit dolichocéphale; s'il reste court, le crâne devient brachycéphale; les figures représentent ces types principaux; dans la forme intermédiaire ou moyenne le crâne est dit mésatice'phale .
Fig. 12. — Crâne brachycéphale. Fig. 13. — Crâne dolichocéphale.
Dans la déformation toulousaine, le crâne s'aplatit de haut en bas, surtout dans son tiers moyen, et le front devient fuyant.
Fig. 14.
Deux bosses et une fosse latérales sont à remarquer : la bosse frontale, dont la saillie, très variable, est plus marquée, en général, sur la femme et l'enfant, où elle décompose souvent le profil frontal en deux plans. La bosse frontale de l'homme est, en général, située plus haut, et plus écartée de sa congénère; sa saillie, moins prononcée, laisse la courbe frontale presque régulière. La feos.se pariétale est située vers le centre de l'os de même nom : plus vague et moins bien limitée que la bosse frontale, elle est, comme celle-ci, plus marquée chez l'enfant.
Sur les côtés, l'ovoïde crânien s'aplatit : c'est la fosse temporale, d'autant plus profonde que l'on descend davantage vers la base du crâne. La fosse temporale s'étend sur quatre os : le frontal, le pariétal, le sphénoïde et le temporal. Limitée en avant par le bord postérieur tranchant de l'os malaire et de l'apophyse orbitaire du frontal, la fosse temporale s'étend en haut et en arrière sur la face latérale du crâne. Son contour, nettement marqué en avant par la crête temporale du frontal, est circonscrit en haut et en arrière, par la ligne temporale supérieure du pariétal. Cette ligne, qui continue la crête temporale du frontal, croise la suture fronto-pariétale, décrit, à une hauteur très variable, une courbe à concavité inférieure sur la face externe du pariétal, puis redescend, pour se terminer un peu en avant du point de jonction des sutures occipito-pariétale et temporo-pariétale. — La ligne temporale supérieure est d"abord fort nette, facile à sentira travers les parties molles; plus loin, sa saillie s'efface, et ce n'est guère que par un changement d'aspect à la surface de l'os qu'on peut suivre sa courbe sur le crâne sec. Le point où la ligne temporale supérieure croise la suture fronto-pariétale porte le nom de stéphanion ((jT£a>ixvYi, couronne).
Au-dessous de la ligne courbe temporale supérieure, on peut remarquer une seconde ligne qui, commençant au niveau du stéphanion, décrit une courbe concentrique à la précédente, mais de rayon plus court : c'est la ligne courbe temporale inférieure, qui va rejoindre en arrière la crête sus-mastoïdienne (racine postérieure de l'apophyse zygomatique). Si l'on regarde avec attention, sur un grand nombre de crânes, ces deux lignes, on verra le plus souvent, dans leur intervalle, une série de lignes parallèles, plus ou moins complètes. Je ne saurais mieux comparer l'aspect présenté par la surface du pariétal à ce niveau qu'à celui d'une grève sur laquelle les vagues ont laissé leurs empreintes parallèles, lors du retrait de la mer.
Hyrtl (J. Hyrll, Denkschriften des Kaiser l. Acad. "Wien, t. XXXII, 1873) a consacré à l'étude de la double ligne courbe du temporal des crânes iiumains un long mémoire, dans lequel il constale que la ligne courbe temporale supérieure peut manquer quelquefois, mais que l'absence de la ligne courbe temporale inférieure est beaucoup plus fréquente. J'ai cherclié en vain dans les différents auteurs une explication de la présence de ces deux lignes. Ayant remarqué : — a. que ces deux lignes sont séparées par une série de lignes concentriques; — b. que sur certains animaux (singes), la ligne temporale supérieure empiète déplus en plus sur le pariétal, jusqu'à gagner la crête sagittale; — c. que dans certaines races inférieures (Tasmaniens, Néo-Hébridais, etc.) les deux lignes temporales supérieures tendent manifestement à se rapprocher de la ligne médiane, au point de constituer un caractère simien (Broca),j'ai émis l'hypothèse suivante : Les lignes courbes temporales, et les stnes intermédiaires marquent les étapes successives de retrait du muscle temporal, dans l'évolution de l'espèce humaine. Ce fait, bien mis en évidence par les dissections, que la ligne courbe supérieure ne donne insertion qu'à une aponévrose, et que le muscle temporal ne dépasse jamais la ligne courbe temporale inférieure, ne me paraît pas de nature à inlirmer l'hypothèse, surtout si l'on y ajoute cette remarque : qu'entre les deux lignes courbes l'aponévrose temporale et le périoste sont entièrement fusionnés.
2» Endocrâne. La face interne de la voûte crânienne ne reproduit pas la configuration de l'exocrâne ; elle se modèle sur la face convexe des hémisphères : elle
présente des éminences mamillaires et des impressions digitales, qui répondent aux circonvolutions du cerveau. Elle est très simplement constituée : on y trouve, sur la liene médiane, la crête coronale, et la gouttière du sinus longiludmal supérieur, nvec les dépressions des granulations méningienncs, d'autant plus profondes que le n-uie est plus âgé. La gouttière du sinus n'est pas toujours médiane, quelquefois on
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Fig-. 15. — (Voir la légende page G.
la Irouve un peu à côté de la ligne sagittale, et de préférence, suivant llorsiey, sur le pariétal droit.
De chaque côté, répondant aux bosses frontale et pariétale de la face externe, se rencontrent les fosses de même nom, et plus en arrière, les fosses occipitales supérieures, qui répondent aux lobes occipitaux.
Sutures et os wormiens. — La suture fronlo-pariélale ou coronale, qui unit le frontal au bord antérieur des pariétaux, forme sur la voûle du crâne, une courbe à peu près transversale, légèrement concave en avant; ses deux moitiés sont sensiblement symétriques. Le point d'intersection de la suture fronto-pariétale avec la
suture sagittale porte le nom de brégma. Partie de ce point, la suture fronto-pariétale descend obliquement en bas, en dehors et en avant, sur la face externe du crâne, croise la ligne temporale au niveau du stéphanion, puis descend dans la fosse temporale. Elle se termine au niveau du point où la grande aile du sphénoïde {ptère) vient s'articuler avec le frontal en avant, le pariétal en haut, le temporal en arrière. La réunion de ces quatre os donne lieu à la formation de plusieurs sutures : la suture ptéro- frontale, entre le bord antérieur do la grande aile et le bord postérieur du frontal ; la suture ptéro-pariétale, qui unit le bord supérieur de la grande aile à l'angle antéro-inférieur du temporal; enfin, la suture ptéro-temporale, entre le bord postérieur de la grande aile et le bord antérieur de l'écaillé du temporal.
La longueur de la suture ptéro-temporale varie de 1 à 20 millimètres ; le plus souvent elle est de 12 à 15 millimètres. L'ensemble des sutures qui unissent la grande aile aux os voisins porte le nom de plérion (ittecôv, aile) ; d'ordinaire, le ptérion reproduit la forme d'un H, dont la suture ptéro-pariétale forme la branche transversale. Mais il peut arriver que la grande aile et le pariétal ne se touchent pas; dans ce cas, le temporal vient entrer en contact avec le frontal, et, suivant que ce contact s'établit par un point ou sur une ligne, on a un ptérion en forme de K ou de a: couché (ce dernier est dit, en anthropologie, ptérion retourne').
La suture pariéto-temporale (suture squameuse ou écailleuse) résulte de l'union du bord inférieur du pariétal avec l'écaillé du temporal ; elle parcourt la fosse temporale d'avant en arrière, suivant une courbe à concavité inférieure, et finit à la suture pariéto-mastoïdienne.
La suture pariéto-mastoïdienne, h peu près horizontale, n'a guère que 1 ou 2 centimètres de long; elle s'unit, en arrière, à la suture lamhdoïde (pariéto-occipitale), et à la sMfwre occipito-mastoïdienne. La rencontre de ces trois sutures forme une sorte d'étoile à trois branches, dont le point central porte le nom à'aslérion.
La suture sagittale, qui unit le bord interne des deux pariétaux, s'étend du bregma au sommet du V que forment, en se réunissant, les deux sutures pariéto-occipitales. Elle est fortement dentelée, excepté en arrière, au niveau des trous pariétaux ; là, les dentelures sont moins accentuées, parfois même la suture est représentée par une simple ligne sur une longueur de 1 à 2 centimètres ; Broca a donné à ce point le nom d'obélion (oêeXoç, trait).
Les sutures pariéto-occipitales, qui unissent les bords postérieurs des pariétaux aux bords de l'occipital, descendent en divergeant sur les côtés du crâne. Comme leurs branches divergentes reproduisent la forme de la lettre grecque A, on a donné à l'ensemble des deux sutures pariéto-occipitales le nom de suture lambdoïde, et le point de rencontre de la suture sagittale avec le sommet de l'angle lambdoïdien a reçu le nom de lambda : ce point, très important pour la cranio-topographie, est ordinairement marqué par une légère dépression que l'on peut sentir même à travers les parties molles, et qui est due au relief de l'angle supérieur de l'occipital.
Vues parla face externe, les sutures de la voûte crânienne n'ont pas tout à fait le même aspect que lorsqu'on les considère par la face'encéphalique. Sur la convexité les sutures coronale, sagittales et lambdoïde sont fortement dentelées; il existe entre les os voisins taillés en biseau, tantôt aux dépens de la face externe, tantôt aux dépens de la face interne, une pénétration, un engrènement très intime, de sorte que les traumatismes fracluront les os plutôt que de disjoindre les sutures. Les dentelures sont toutefois peu marquées en quelques points : ainsi à la terminaison temporale de la suture coronale, à l'enlre-croisemenl de celle-ci avec la suture bi-pariétale,
r 1 ,^ l. rP^ion de l'obélion dont j'ai parlé plus haut. Lorsqu'on étudie le crâne ^SllcLe), «n coLai; que les dentelures sont beaucoup mo.ns
C'estrurtout le long des sutures de la voûte qu'on rencontre les os worn^iens. P,rfo Ts sont très petits et très nombreux; on a pu en compter jusqua une u .'.t ne d ns la suture lambdoïde. Leur lieu d'élection répond aux anciennes f^^n 1^^ (^^ décrit des os wormiens bregmatique, lambdatique aslenque pté C^^^ plus rares à la glabelle (os .labeilaire), à l'obelion L os epactal
o^ J. pariétal, de forme triangulaire, occupant la bifurcation du ambda, est parfoi r ' nd 11 f ut être averti de la présence possible de ces osselets pour ne point "dans une trépanation, ou mal interpréter les lésions constatées a une auops 11 est bon d'avoir présente à l'esprit l'histoire, rapportée par Saucer tte devenu classique, de cet ecclésiastique qui avait fait une chute sur le crâne, e que deuv consultants voulaient trépaner, lorsque Nouvelle s'y opposa, alléguant qu'il y avait là un os .ormien. Le blessé guérit sans trépan, et. par reconnais- ZJ, légua, six ans plus tard, son crâne à Nouvelle; il s'agissait bien d un os
Épaisseur. - L'épaisseur de la voûte va en augmentant du frontal vers 1 occipital jusqu'à la ligne courbe supérieure de cet os; en moyenne elle es de 5 millimètres ; elle diminue quand on descend vers les régions temporales, ou elle se redmt à 2 ou 3 millimètres. Au niveau de la protubérance occipitale, elle est de 10 millimètres à l'ordinaire, et quelquefois de 15. L'épaisseur de la paroi osseuse diminue, légèrement, dans les points correspondants aux sinus et aux sillons vasculaires.
Entre les deux tables s'étend une couche de diploé, d'autant plus abondante, en général, que la paroi crânienne est plus épaisse. Cette couche n'est point également répandue entre les deux lames osseuses : en effet, la surface externe du crâne est isse et unie; au contraire, la face interne, appliquée à l'encéphale, présente des saillies et des dépressions, très grossièrement moulées sur les organes contenus ; le diploe, disposé en îlots, comble l'interstice des deux tables.
11 serait intéressant de savoir, au début d'une trépanation, si le crâne est mince ou épais; on ne eut avoir à cet égard que des soupçons. Dans sa thèse de doctorat, s«r le "^PJ-quantilalif comparé de l'encéphale et de diverses parties du squelette (i m), M 1« «™ démontré qu'il existe une corrélation générale entre l'épaisseur du crâne et le développement relatif de l'encéphale et du squelette. D'où il suit que l'on peut soupçonner sur le vivant la minceur de la paroi crânienne si le sujet a des os minces, surtout si le cerveau est en même temps volumineux. Le crâne sera d'autant plus épais, au contraire, que 1 ensemble du squelette sera plus massif, surtout quand le cerveau sera d'un volume médiocre.
Base du crâne. — La voûte est régulière, la base est inégale, composée de parties amincies et de parties épaisses, percée de trous nombreux pour le passage de nerfs et de vaisseaux. Un coup d'œil permet d'y distinguer 5 étages ou mieux 3 fosses, d'autant plus profondes qu'elles sont plus postérieures; son plan est incliné de haut en bas et d'avant en arrière.
L' étage supérieur est en rapport avec la portion orbitaire du lobe frontal. Limité en avant par la partie verticale du frontal, en arrière par le bord postérieur des petites ailes du sphénoïde, il comprend 3 parties : une médiane, h\ fosse ethmoïdale ; deux latérales, les bosses orbitaires.
La fosse médiane ou ethmoïdale, estformée parla lame criblée, sur laquelle l'apophyse crista-galli sépare les 2 gouttières criblées, qui reçoivent les nerfs olfactifs ; elle répond
ANATOMIE MÉniCO-CIimURGICALE.
sur l'exocrâne à la racine du nez. Les sulures qui réunissent cette lame au frontal sur les côtés, au sphénoïde en arrière, sont peu apparentes, souvent môme efîacées.
Henle et Qiiain signalent sur les côtés de la i'osse ethmoïdale un petit sillon osseux, sulcus elhmdidalis, indiqué par Sappey et déjà signalé par Albinus (Liber de Scelelo, Leyde, 1762, p. 168), destiné au passage du filet ethmoïdal du rameau nasal. Tout récemment Trolard (Journal de Variât, et de la phijs., juillet 1890) et Slieda (Anaiomisch. Anzeuj. 1891) ont repris
Fig. 16. — Sillon ethmoïdal.
Sil. elhm., sillon etlimoïdal. — 3V. bor., trou borgne. — Sil. mcii. ani.. sillon de l'artère méningée antérieure. — Can. eth aut., canal ethmoïdal antérieur, représenté en pointillé; il commence dans l'orbite au trou ethmoïdal antérieur. — Tr. dur., trou méningé. — Ap. cr. ga., apophyse cristagalli.
l'étude de ce sillon. Le point étant nouveau, j'ai fait exécuter un petit croquis de ce sillon, après l'a voir étudié sur un grand nombre de crânes. — Les deux trous les plus antérieurs delà lame criblée sont de forme différente : l'interne s'allonge en forme de boutonnière et reçoit un prolongement de la dure-mère; l'externe, plus arrondi, donne passage au filet ethmoïdal du rameau nasal. En effet, en regardant avec attention, on voit partir de ce trou un petit sillon osseux qui vient s'aboucher dans le canal ethmoïdal antérieur. Les dimensions, la forme et la direclion de ce sillon sont représentées exactement sur la figure. Je conseille de contrôler ce dessin par l'étude de plusieurs pièces naturelles : je dois prévenir que parfois le sillon se dérobe plus ou moins sous le bord interne du frontal, et que l'apophyse crisla-galli très développée peut rendre sa recherche difficile; il faut alors regarder obliquement, ou introduire une très petite sonde molle par le trou ethmoïdal antérieur. L'artère ethmoïdale antérieure accompagne le nerf; je l'ai trouvée à sa partie interne.
Les parties latérales de l'étage supérieur sont formées par les bosses orhilaires. Convexes dans tous les sens, celles-ci sont constituées par la portion orbitaire du frontal et la face supérieure des petites ailes du sphénoïde, que réunit la suture fronto-sphénoïdale; ces bosses orbilaires présentent des crêtes accusées qui répondent aux incisures de la face inférieure du lobe frontal. La crête curviligne des petites ailes, qui sépare les bosses frontales des fosses moyennes, est creusée, on dehors, par la partie terminale du sinus de Breschet.
V étage moyen offre à sa pariic médiane lu fosse centrale de la base du crâne ou selle turciL qui loge le corps pituitairc. Celle fosse est creusée dans le corps du sphénoïde son fond est formé par une lamelle osseuse exlrèmemenl mince, qui
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Tr déch arU.
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q. vtstLb.
iout. ré.lro-Lub.
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Jld). innom.
. Tr. cond anl ..Trdcc/i piKSt.
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.J^. occip int
— Base du crâne.
EL, Slip., étage antéro-supcrieur. — Tr.borg., trou borgne. — Ap. crisla-gal., apophyse cristagalli de rcllimoïdc. — S/7, ellim., sillon ethmoïdal. — L. crib., lame criblée. — Os worm., os wormiens. — Ap. clin, anl., apopliysc cliiioïde antérieure. — Tr. eth. nas., indique les deux trous ethmoïdo-nasaux. — Ét. moy., étage moyen. — Tr. opl., trou optique. — Tr. qr. rond, trou grand rond ou maxillaire supérieur. — Tr. ov., trou ovale ou maxillaire inférieur. — Tr. p. rond., trou petit trou rond ou spliéno-spineux. — Tr. vés., trou de Vésale, inconstant : il n'existait sur ce sujet que du côté gauche. — Ap. clin, posl., apophyses clinoïdes postérieures. — Art. mén., sillons de l'artère méningée moyenne; sur le crAne qui a servi ii ce dessin, la branche antérieure (en a) du sillon est plus largo que d'habitude, parce qu'il contenait, outre le rameau antérieur de l'artère, la terminaison du sinus sphéno-pariélal. — Vcn(. sph., fente spliénoïdale. — Tr. ddch. ant„ trou déchiré antérieur. — llial. F al., hiatus de Kallope; les sillons des nerfs grands et petits pétreux superficiels. — El. iiif., étage inféi'ieur. — Pr. occip. int., protubérance occipitale interne. — Sin. lal., partie horizontale de la gouttière du sinus veineux latéral. — Tr. déch. post., trou déchiré postérieur. — Tr. cond. anl., entrée du canal du nerf grand hypoglosse. — Tr. cond. posl., trou condvlien postérieur. — Tr. aud. inl., trou auditif interne. — Aq. veslih., orifice externe de l'aqueduc du vestibule, en arriére est une fossette qui répond au sac endolympliatique. — Tub. iimom., c'est le tubercule occipital; en arrière de lui est une gouUière transversale. — Goull. rélrolub.. livrant l)assage aux 0' et 10' paires crâniennes.
sépare le corps pituilaire du sinus sphénoïdal. Elle a pour limite antérieure la gouttière optique, qui conduit aux trous optiques, pour limites postérieures le dos de la selle turcique formé par la lame quadrilatère du sphénoïde et les apophyses clinoïdes poi-térieurcs. — Sur les côlés de la selle turcique, on rencontre une saillie, dite apophyse clinoïde moyenne. Cette apophyse qui répond à la soudure des deux sphénoïdes, s'élève dans certains cas au point de se fusionner avec les apophyses clinoïdes antérieures et postérieures. Delà fusion des apophyses clinoïdes antérieure et moyenne résulte la formation d'un trou carotico-clinoïdien (Ilenle), séparé en avant du trou optique par la racine inférieure de la petite aile du sphénoïde. — Sur les côtes, la fosse centrale de la base se continue, par le plan incliné des gouttières caverneuses, avec les fosses latérales moyennes. En regardant bien, on voit souvent sur ces gouttières le large sillon creusé par la carotide.
Profondément excavées, les fosses latérales moyennes ne sont séparées du plancher de l'orbite que par une mince lamelle, appartenant à la grande aile du sphénoïde : on peut donc, par l'orbite, facilement blesser le lobe temporo-sphénoïdal. Leurs points les plus déclives, qui sont aussi les plus minces, sont situés au niveau d'un plan horizontal passant par le bord supérieur de l'arc zygomatique, et répondent, l'un à la fosse ptérygo-maxillaire, l'autre à la cavité glénoïde du temporal.
. De plus en plus larges à mesure qu'on s'éloigne de la selle turcique, les fosses
latérales moyennes sont formées par les grandes ailes du sphénoïde, par la partie inférieure de l'écaillé du temporal, sur laquelle se dessinent les sillons des branches antérieure et postérieure de l'artère méningée moyenne, enfin par la face antérosupérieure du rocher. Sur le rocher, on remarque de dedans en dehors, la dépression du ganglion de Casser, l'hiatus de Fallope pour le passage du grand pélreux superficiel, le canal du petit nerf pétreux superficiel, la saillie du canal demicirculaire supérieur, la mince lamelle constituant le toit de la caisse du tympan, enfin la fissure pétro-squameuse, facile à voir sur les temporaux des jeunes sujets.
Je ne veux pas finir cette description de l'étage moyen sans attirer l'attention sur l'élroilesse du pédicule qui unit les grandes ailes au corps du sphénoïde ; ce pédicule, dont la largeur ne dépasse pas 2 centimètres chez l'adulte, échancré en avant par la fente sphénoïdale, en arrière par le trou déchiré antéi-ieui-, est encore perforé par les trous grand rond, ovale et petit rond : sa résistance est faible et ses fractures fréquentes.
On rencontre quelquefois, en dedans du trou ovale, un petit trou qui m'a semblé plus fréquent du côté gauche. C'est le trou de Vésale, ordinairement simple, parfois double (trois fois sur 50 crânes examinés). Sur ces 50 crânes, il manquait 20 l'ois des deux côtés; ■12 fois il existait des deux côtés; 7 fois il existait seulement à gauche, et 11 fois à droite. Il ne parait être que l'orifice supérieur du canal innominé (Arnold), qui livre passage au petit nerf pélreux superficiel, lorsque celui-ci ne passe pas par la suture sphéno-pélrée. Ce canal se dirige en bas, en avant et un peu en dehors, pour aboutir sur l'exocràne en dehors de la pointe postérieure delà fossette scaphoïde, vers l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde.
Vétage postérieur est le plus vaste, et ses fosses latérales, qui logent le cervelet, sont les plus profondes de la base ; leur paroi est d'une extrême minceur. Constituées surtout par l'occipital, elles sont complétées en avant par la face postérieure du rocher, sur laquelle on note le trou et le conduit auditif interne, la saillie du canal demi-circulaire postérieur, l'orifice externe du canal du vestibule, la large excavation qui reçoit le sac endo-lymphatique, et la portion descendante des gouttières latérales avec les trous mastoïdiens. Entre ces deux fosses cérébelleuses, le trou occipital vient former le centre de la fosse médiane de l'étage inférieur; il est limité
(k> toules paris par des travées osseuses forl résistantes; en avant, par l'apophyse basilaire, en arrière par la crête occipitale interne, dont la bifurcation renforce son contour postérieur; enfin, sur les côtés, par les poutres condyliennes, un peu affaiblies par le canal condylien antérieur et le trou condylien postérieur qui les perforent.
En examinant altentivenient les parties latérales du trou occipital, on remarque, sur leur hce supérieure, au niveau de lunion avec l'apophyse basilaire, une emmenée plus ou moins marquée, mais constante (je l'ai trouvée, plus ou moins développée, sur une cnquanlaine de crânes). Cette émincnce n'a pas attiré l'attention de nos classiques J en ai trouve mention dans Meckel (Encyclopédie anatomique, 1825); elle a élé mieux étudiée par Henle, sous le nom de tuberculum jugularc, et mentionnée par Luschka, sous le nom de processus anomimvs; elle surmonte exactement la masse condyiienne et le canal du grand hypoglosse et afLte, lorsqu'elle est bien développée, la forme d'une pyramide triangulaire a sommet postéro-supérieur. Des trois faces de celle pyramide, la supérieure est longée par le sinus pétreux intérieur, et croisée par l'artère cérébelleuse; l'inférieure est pourvue d une gouttière transversale, très superficielle, donnant passage aux nerfs glosso-pharyngien et pneumogastrique; l'interne, verticale, est en rapport avec l'olive bulbaire et 1 artère vertébrale D'après Uenle, « les faces internes des deux tubercules innommes contribuent a au-menter l'étendue latérale de la gouttière basilaire, et à donner un appui plus efficace aux parties encéphaliques qui reposent sur le corps de l'cccipital ». Je ne crois pas que ces tubercules contribuent à donner un appui plus efficace aux parties encéphaliques qui reposent sur le corps de l'occipital, car, aucune partie de l'encéphale ne repose sur la gouttière basilaire : je dirai plus loin comment le bulbe vertical est maintenu a plus de ô millimètres du plan basilaire par les artères vertébrales et le tronc basilaire plonges dans une épaisse couche de liquide céplialo-rachidien. L'existence inconstante, la Sc-iillie très variable de ces tubercules, ne cadrent guère avec ce rôle. Ma première pensée lut de chercher quelque trousseau fibreux, allant de l'occipital au rocher et prenant insertion en ce point; je ne trouvai rien de ce genre. Ayant ensuite cherche sur des têtes de nouveau-né et d'enfant, je constatai que ce tubercule répond à la soudure de la portion condijlienne avec la portion basilaire de l'occipital : chez le nouveau-né, on trouve en ce point un cartilage en forme de coin, à base supérieure. Je possède plusieurs pièces, ayant appartenu à des sujets d'âges divers : elles sont fort démonstratives et ne laissent aucun doute sur la signification de ce tubercule. Le développement du tubercule occipital est des plus variables : assez souvent il est plus développé d'un côté que de l'autre. ^ A l'état frais, l'aspect de la base est notablement changé par le revêtement duremérien, qui émousse les saiUies, rétrécit ou comble certains trous. Je reviendrai sur ce point en traitant de la dure-mère, et je montrerai le rôle qui lui revient dans la résistance de la base. Je signale seulement ce fait, bon à noter, bien qu'il n'ait point encore attiré l'attention, c'est que l'épaisseur de la dure-mère est en rapport direct avec l'épaisseur de la paroi osseuse qu'elle revêt : elle est mince là où la paroi est mince ; fait fâcheux pour la résistance de la boîte crânienne.
La base n'offre point, comme la voûte, de longues sutures avec engrènement profond ; ses sutures sont, pour la plupart, transitoires. L'union du sphénoïde antérieur et du sphénoïde postérieur est terminée à la fin de la première année ; celle du corps et des grandes ailes s'achève à la môme époque. En arrière, la suture unissant les parties basilaires du sphénoïde et de l'occipital persiste plus longtemps : l'os sphéno-occipital n'existe guère qu'à l'âge de la puberté. Le cartilage basilaire qui réunit ces deux os a été bien étudié par Virchow : primitivement très épais, oblique en bas et en avant, il commence à s'ossifier à sa périphérie; mais sa partie centrale reste molle jusqu'à l'âge de sept ans, et peut être le point de départ de tumeurs cartilagineuses (enchondroses sphéno-occipitales).
Connexions du rocher. — L'étude des connexions du rocher avec les os voisins est importante, au point de vue chirurgical. — Reçue dans l'angle rentrant formé
46 ANATOMIE MÉDICO-CIIIRUKGICALIÎ.
par le bord postérieur des grandes ailes du sphénoïde et le bord antérieur de l'occipital, la pyramide temporale ne s'articule immédiatement avec ces pièces osseuses que dans sa moitié externe. On comprend dès lors que Ricliet, examinant le rocher sur un crâne desséché, ait écrit : « Complètement privée de toute espèce de suture par engrenage avec les os qui l'entourent, celle portion du temporal représente une sorte de presqu'île ne tenant au reste de la boîte osseuse que par sa base. Depuis le golfe de la veine jugulaire jusqu'au trou déchiré antérieur, depuis ce dernier jusqu'à la scissure de Glaser, partout elle est isolée soil de l'occipital, soit du sphénoïde ; à l'état frais, ce sillon anfractueux qui la contourne est comblé, en arrière par la veine jugulaire et les différents organes qui l'accompagnent, partout ailleurs par une membrane suturale épaisse ou un fibro -cartilage qui ne s'ossifient jamais ».
Presqu'île à part, carie rocher entre en contact par son sommet avec l'apophyse basilaire, la vue d'ensemble de Richet est d'une parfaite justesse : j'y ajouterai quelques détails, car les connexions du rocher sont d'une importance capitale dans les fractures de la base du crâne; il ne parait pas qu'elles aient élé suffisamment étudiées. J'en ai en vain cherché mention dans les traités les plus récents.
En suivant attentivement le bord postéro-inférieur de la pyramide temporale, depuis la région mastoïdienne jusqu'à l'apophyse clinoïde postérieure, on remarque que ce bord est efficacement soutenu par la saillie jugulaire de l'occipital. Cette saillie, presque verticale, vient s'appliquer contre le rocher immédiatement en dedans de l'apophyse styloïde et du trou stylo-mastoïdien, et les deux os se correspondent par des surfaces rugueuses, hérissées de fines aspérités. — Chez l'enfant, il existe en ce point une véritable amphiarlhrose pétro-occipitale. Les éminences jugulaires du temporal et de l'occipital sont tapissées de cartilage hyalin, et leurs surfaces libres s'emboîtent si exactement, qu'il est presque impossible de découvrir l'interligne articulaire. — Chez l'adulte, ce cartilage s'infiltre de sels calcaires; à partir d'un certain âge, la fusion tend à se faire entre le rocher et l'occipital.
Immédiatement en avant de ce point, les deux os s'écartent; et de cet écartemenl résulte la formation du trou déchiré postérieur, limité en bas par un rebord demicirculaire, en haut par une série d'aspérités, dont la plus forte est l'épine jugulaire.
Le Irou déchiré postériour est décrit comme composé de deux parties, une postérieure, la large fosse jugulaire, une antérieure, plus étroite, qui donne passage aux nerfs glossopharyngien, pneumogastrique et spinal. A. y regarder de près, la configuration et les divisions de ce trou sont autres. Bien qu'il se présente sous des aspects un peu différents, on peut toujours reconnaître qu'il oifre trois divisions ou compartiments : son exlremile postérieure est arrondie pour former la fosse jugulaire; l'extrémité antérieure, effilée, s'arrondit aussi pour le passage du sinus pétreux inférieur; enfin, entre ces deux troncs veineux passent trois troncs nerveux, les 9% 10= et 11" nerfs crâniens, et une branche menmgienne de l'artère pharyngienne inférieure; des languettes osseuses, plus ou moins développées, donnant attache à de petits trousseaux fibreux, séparent ces trois compartiments.
En dedans des parties que nous venons de décrire, le rocher vient se mellre en contact avec le bord de l'apophyse basilaire : sur le crâne desséché la ligue de contact entre les deux os prend le nom de fissure pélro-b asilaire. Cette fissure, légèrement curviligne à convexité interne, monte obliquement en avant et en dedans; étroite, linéaire à sa partie supérieure, elle forme gouttière pour le sinus pétreux inférieur.
La pointe du rocher présente d'ordinaire une rainure, dans laquelle vient se loger
uue petite crête, placée sur la partie latérale de l'apophyse basilaire, sur une éteudue de 2 à 5 millimètres. Le contact entre les deux pièces osseuses est immédiat. J'ai retrouvé celte rainure temporale et cette crête basilaire sur plus de la moitié des bases que j'ai examinées. Sur les autres, temporal et sphénoïde n'entraient pomt en contact. Au-dessous de cette rainure, lorsqu'elle existe, le rocher présente une surface triangulaire rugueuse pour l'insertion du ligament qui l'unit à l'apophyse basilaire. Pour voir cette surface, obliquement dirigée en arrière et en bas, il faut étudier la base par sa face cervicale. On voit alors, entre le rocher et l'apophyse basilaire, une véritable gouttière, partant du trou jugulaire pour aboutir à l'orifice antérieur du canal carolidieu et au trou déchiré antérieur.
Les moyens d'union qui rattachent le rocher à l'apophyse basilaire sont représentés par deux ligaments : l'un, supérieur, qui va de la pointe du rocher aux apophyses clinoïdes postérieures, c'est le ligcmient pélro-sphénoïdal ; l'autre, inférieur, qui va du sommet du rocher à l'os sphéno-basilaire, c'est le ligament pétro-spliénobasilaire.
Ces ligaments, sur le rôle desquels Trélat et Félizet ont appelé l'attention, ont été bien étudiés par Griiber.
Le ligament pélro-spliénoidal [lujamenlum spheno-pelrosum posl. de Grûher) s'insère d'une pari sur la pyramide, immédiatement en dedans de la dépression du ganglion de Gasser, d'autre part sur les apophyses clinoïdes postérieures. C'est sous ce ligament que passe, suivant Grûber [Analom. des Keil und Schlafenbein, Saint-rélersbourg, 1859), le nerl moteur oculaire externe, pour pénétrer dans la fosse crânienne moyenne; il est très faible et peu résislanl.
Le ligament pélro-spliéno-basilaire est plus compHqué, mais aussi plus aclil. Sa description ne°peut être comprise que si l'on a sous les yeux une ou plusieurs bases du crâne; en efTet, la forme et l'arrangement des différents os sont variables.
En examinant, par la face inférieure, la base du crâne, on constate que l'union de la pointe du rocher avec l'apophyse basilaire ne se fait qu'au niveau de la petite crête dont j'ai parlé. x\u-dessous, le rocher est creusé par l'orifice antérieur du canal carotidien. Or, la paroi inférieure de ce canal, depuis le lieu où l'artère abandonne le rocher jusqu'à celui où elle aborde les parties latérales du sphénoïde, est très diversement constituée suivant les sujets : elle est tantôt osseuse, tantôt ligamenteuse, tantôt enfin ostéo-ligamenteuse. Je suis obligé de décrire brièvement ce point.
Sur le bord antéro-inférieur du rocher, on trouve d'abord les fissures pélro-squameuse et pétro-lympanique, séparées par une petite lamelle osseuse, et l'angle rentrant au fond duquel s'ouvre le canal musculo-lubaire ; cet angle répond à l'épine du sphénoïde. Mais, au delà, grandes ailes et pyramide s'écartent pour donner naissance successivement à la fissure sphéno-pétreuse et au trou déchiré antérieur. La fissure sphéno-pétreuse, comme la fissure pétro-basilaire, est bien plus marquée et plus large à la face externe du crâne qu'à la face interne. La trompe d'Eustache repose dans la fissure pétro-squameuse. Le trou déchiré antérieur est considérablement modifié, à l'état frais, par la présence de l'artère carotide interne. Celle-ci, contenue dans son canal, se porte d'abord en dedans, côtoyant le canal osseux de la trompe d'Eustache, puis elle se redresse, devient parallèle à la portion cartilagineuse de cet organe et vient, suivant un trajet oblique en avant et en dedans, se placer sur les côtés de l'os sphcno-occipilal. A ce moment la paroi supéro-exlerne du canal carotidien est formée partiellement par une lamelle osseuse du sphénoïde, la liiigula, qu'un petit ligament unit parfois au bord antérieur du rocher; quani à sa paroi inférieure, elle est constituée par le ligament pélro-sphéno-basilaire avec ses dépendances.
Ce ligament, mcmbrana ohluraloria foraminis laceri de Griiber, doit être étudié par la face inférieure du crâne. Il comprend deux couches : la couche la plus inférieure est formée de fibres blanches, simples renforcements du périoste, étendues transversalement de l'apophyse basilaire jusqu'à la face inférieure du corps du sphénoïde, de telle sorte qu'elles masquent la pointe du rocher. C'est à cette couche qu'adhère la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustache. Lorsqu'on l'a enlevée, on tombe sur une masse fibreuse, irrégulière,
48 ANATOMIE MÉDlCO-ClllRUUGIGALK.
véritable lissu de remplissage, qui comble tout l'espace laissé libre par la carolidc iiileriic au niveau du Irou déchiré antérieur. Ces trousseaux fibreux se prolongent, d'une pari, en dehors, le long du bord antérieur du rocher, pour remplir la fissure sphéno-pétreuse, d'autre part, en arrière, sous la face inférieure du même os, pour unir solidement les deux bords delà gouttière pétro-basilaire. Grâce a cette disposition, la pointe de la portion pétreuse du temporal s'appuie sur le coussinet fibreux que je viens de déenre. Le lissu fibreux pénètre profondément jusqu'à la pointe du rocher. Quelqueiois, des trousseaux fibreux vont de la face inférieure du canal osseux carotidien sur l'apophyse ptery-
goïde. . , .
J'ai dit que cette masse ligamenteuse se moulait exactement sur loriiice osseux 1res irrégulier qu'elle est destinée à remplir, et que ses fibres ne présentent aucun arrangement fixe. Si l'on essaie d'approfondir sa texture, on voit qu'elle se compose de tissu conjonctif serré et de libres élastiques. Ces dernières, plus nombreuses vers la pointe du rocher, ont une couleur jaunâtre. Il est vrai, ainsi que l'a dit Trélat, que ces fibres forment un feutrage bien plus serré à la partie supérieure de l'union pétro-basilaire, et qu'elles viennent s'insérer sur l'extrémité la plus interne de la pointe du rocher, dans une étendue de 3 a 7 millimètres En ^^énéral, on trouve, enfouis au sein du tissu fibreux, une série de nodules osseux, plus ou moins aplatis, abondants surtout dans la fissure pétro-basilaire qu'ils peuvent totalement remplir. Ouelques-uns de ces nodules sont à peu près constants ; ils ont reçu des noms spéciaux. Tel l'os dit sésamoïde de Cortèse, du nom de l'anatomiste italien qui l'a décrit en 1625, bien que Riolan [Osléologie, p. 462) l'eût découvert dès 1613, que l'on rencontre en plein trou déchiré antérieur. Tels encore, les osselets de Winslow, de Meckel, de Zinn, placés dans le tissu fibreux sous-jacent à la carotide. Ces nodules osseux peuvent, dans certains cas, se souder au rocher, dont on les a considérés à tort comme des points épiphysaires ; dans ce cas, la face inférieure du rocher parait, sur un crâne dessèche, se prolonger jusqu'au sommet de l'angle sphéno-basilaire ; par contre, le trou déchire antérieur, vu par l'exocrâne, sera plus large sur un crâne dont les osselets auront ele détaches par la macération (ce qui est la règle).
Tout le trou déchiré antérieur peut être occupé par ces nodules osseux ; il est cependant un point où le ligament persiste presque toujours ; c'est le point où les trousseaux fibreux présentent leur maximum de densité et de résistance ; il se trouve à la pointe même de la pyramide temporale, immédiatement en arrière de la carotide interne.
Je ne veux point insister davantage et je me résume en disant : La partie du rocher située en dedans de la fosse jugulaire s'appuie simplement sur l'apophyse hasilaire par son extrême pointe, qui offre assez souvent une gouttière, profonde de 1 ou 2 millimètres, dans laquelle est reçue une crôle de celte apophyse. Une série de fascicules fibreux rattachent la pointe de la pyramide temporale à la face supérieure du sphénoïde et à l'apophyse hasilaire, mais ils sont négligeables et me paraissent uniquement servir à compléter les parois du canal carotidien.
Il n'y a, au point de vue chirurgical, qu'un seul moyen d'union important; il est représenté par le ligament inférieur, que j'ai étudié plus haut, sous le nom de ligament pétro-sphéno-basilaire. La couche la plus profonde de celui-ci, de beaucoup la plus forte, est le ligament pétro-basilaire proprement dit; inséré d'une part aux rugosités qui garnissent la paroi inférieure du canal carotidien, d'autre part sur la partie voisine de l'apophyse hasilaire. — Pour prendre des notions plus complètes encore sur ce ligament, dans le but d'apprécier sa force, il est bon d'isoler, par deux traits de scie curvilignes, la partie de la base du crâne qui comprend le rocher, l'apophyse hasilaire et le corps du sphénoïde. Sur une pièce ainsi préparée, on constate : a) que le rocher isolé peut exécuter sur l'apophyse hasilaire de petits mouvements de glissement dans le sens horizontal ; 5) qu'il suffit d'appuyer faiblement sur la partie externe de la face supérieure de la pyramide temporale pour faire basculer cette pyramide, dont la pointe abandonne sans peine l'apophyse hasilaire ; c) que, durant ce mouvement de bascule, l'artère carotide interne ne
DE I.A TÈTK.
subit aucun déplacement et reste appuyée sur un plan libreux ou osléo-fibreux. qui n'est autre que la face supérieure du ligament pétro-sphéno-basilaire.
L'étude complète des connexions anatomiques du rocher, dans leur rappor avec le mécanisme des fractures du crâne, est encore à faire. - Ces connexions toutefois n'entrent pas seules en cause. D'autres conditions, tout aussi importantes, interviennent dans le mécanismo des solutions de continuité de ce massif osseux; elles sont relatives à l'épaisseur variable de ses parties constituantes. J insisterai
plus loin sur ce point. . .
Sur la base du crâne, on rencontre parfois des os wormiens; mais ils sont moins fréquents qu'à la voûte. Ils ne sont point toujours interposés aux sutures; ils peuvent être limités à la table interne de là paroi crânienne; M. Manouvrier les a particulièrement étudiés sur les bosses orbitaires (os endo-frontaux); il les a trouves aussi sur les grandes ailes du sphénoïde (os endo-sphénoidaux).
Tandis que la voûte est aisément accessible, la base, protégée par l'insertion du squelette de la îac par son articulalion avec la colonne vertébrale, et en arrière par la masse muscl re de\^nuque, est bien plus efficacement soustraite à l'action immédiate des Iraumrsn rcrpen^^^ à cet égard il existe des différences entre les trois étages de la ba e.
L s TsiruS p nètre à travers le plafond orbitaire si mince, dans es
fosses aniSïiTaS où ils viennent léser directement les lobes frontaux du cerveau, a. re ré m bon de para pluie qui avait pénétré par cette voie dans répnisseur du obe frontal,: à une p-ofondeur de /centimètres; je trépanai largement sur la région frontale et je pus, avec deix do gts introduits dans le cJàne, soulever le lobe frontal, et retirer avec une cer-
2e quantité de substance nerveuse mortifiée, cinq esquilles du plafond orbjla.re^La foss ethmo dale, qui paraît mieux garantie, peut être atteinte par des agen s vulnerants ayant p Sa tie des fosses nasales Si l'instrument suit une direction phis oblique en haut e en S r ère il peut même, traversant le sinus sphénoïdal, altemdre la fosse turcique. TouteîoTs c'^s Sar l'orbile ou la région temporale «lue s'introduisent la plupart des corps vulneraSs qu vie^^^^^^^^^^ la base du crâne. Tantôt ils fracturent la mince
ramelle qui forme la moitié postérieure de la paroi orbitaire externe, et pénètrent en pieu l ^e emporal du cerveau; Ltôt ils fracturent la petite aile du sphénoïde et prod^^^^^^^^^ des lésions variables, cérébrales, artérielles, veineuses. Le cas de Nelaton est c assique. Il ex steTes faits plus inguliers encore : on a vu des instruments effdés et piquants pénétrer au sein de la substance^encéphalique par la fente sphénoïdale sans léser la bo^te crânienne.
L'étage postérieur est rarement atteint par les traumatismes directs Dans 1 attitude normale de la tête, un instrument frappant la partie postérieure de la tete entame les parties molles de la nuque et tend à glisser sur le plan presque horizontal représente par la moitié inférieure de l'écaillé occipitale. Les organes nerveux, si importants de la région (protubérance et bulbe), sont ainsi soustraits à l'action des traumatismes ordinaires.
Structure. — Les os du crâne présentent des particularités de structure très caractéristiques, en rapport avec leur mode de développement. Revêtus d'un périoste mince et résistant, abondamment pourvus de vaisseaux et de filets nerveux, ils sont composés par deux lames ou tables de tissu compact, séparées par une couche de tissu spongieux ou diploé.
Le tissu compact présente la structure ordinaire des os ; mais, il faut noter certaines particularités de structure dans le diploé.- D'après Langer, les cellules du diploé sont tapissées par une membrane amorphe et contiennent, avec une grosse veine, une artère très fine; elles communiquent toutes entre elles et forment ainsi un réseau lacunaire veineux, dont les canaux de Breschet sont les aboutissants. Ce réseau veineux, extrêmement développé, se moule sur les cavités diploïques ; aussi peut-on dire que le sang veineux circule dans les lacunes du diploé, bien qu'il ne sorte pas du réseau veineux. Dans les lacunes les plus grosses, on trouve aussi de la moelle graisseuse.
ANXTOIIIE MÉBICO-CIIIBUnr.lCALE. ^
hO ANATOMIE MÉDICO-CUmURGICAL .
Langer a vu dans le réseau veineux du diploé, comme à la surface externe de la dure-mère, de fines artérioles s'aboucher directement dans des veinules beaucoup plus grosses : il reproduit ces détails dans les figures qui accompagnent son mémoire.
Les sutures crâniennes sont traversées par un réseau vasculaire, qui anastomose les réseaux des différents os. Les réseaux du diploé sont, sur tous les points de chaque os, en continuité avec les vaisseaux du périoste et de la dure-mére; de plus, comme Trolard l'a bien montré, on peut facilement voir les veines du diploé s'ouvrir dans les lacs sanguins placés à côté des sinus.
On sait que parmi les tumeurs congénitales de la voûte du crâne, on a signalé des lipomes ostéo-périosliques, sous-jacents à l'aponévrose épicrâniennc; ils sont, par leur face profonde, en contact direct avec le périoste crânien et lui adhèrent plus ou moins intimement. Plus rarement la tumeur siège dans le tissu osseux lui-même, au milieu des aréoles du diploé, et la lame compacte superficielle fait défaut (Lannelongue). Ces lipomes siègent d'après les recherches de J. Grosch, qui en a réuni 57 cas : à la région frontale (25 cas), pariétale (5), aux parties postérieures du crâne (4), à la région temporale (5). Cinq de ces cas seulement sont congénitaux.
Ai^tères. — Les artères des os du crâne viennent de deux sources : a) des artères périostiques; b) des artères de la dure-mère. Les artères périostiques viennent des branches artérielles du cuir chevelu : lorsque celui-ci est décollé, le périoste et l'os sous-jacent peuvent être privés de leurs vaisseaux : ainsi s'expliquent ces nécroses superficielles de la table externe, qui accompagnent parfois les décollements étendus du cuir chevelu. — Lorsqu'on trépane dans la région Rolandique, et qu'on détache, comme j'ai l'habitude de le faire, une large lamelle osseuse avec le ciseau et le maillet, on met à nu l'arbre vasculaire de la méningée moyenne, et l'on voit le sang sourdre par les nombreux orifices des artérioles que ces vaisseaux donnaient à l'os enlevé. Quelques-uns de ces ramuscules, nés de la méningée moyenne, traversent la paroi osseuse pour se rendre dans le périoste : Hyrtl les a décrits sous le nom de rami communicantes arterise méningée.
Canaux veineux du crâne. — Les os de la voûte crânienne sont parcourus par des canaux veineux (veines osseuses de Breschet) qui collectent le sang des lacunes du diploé. Ces canaux sont constants, mais présentent dans leur développement de très grandes différences individuelles. Ils doivent être divisés en frontaux, pariétaux et occipitaux : — les frontaux se dirigent de haut en bas vers les arcades orbitaires, et se réunissent en deux troncs qui descendent vers le bord inférieur de l'os; — les pariétaux s'abouchent dans un gros canal, le sinus sphéno-pariétal ; — les occipitaux se dirigent en dehors, et s'anastomosent avec le canal pariétal postérieur, ou descendent directement vers le sinus latéral.
Le calibre de ces canaux est très petit chez l'enfant; il croît en raison directe de l'âge. Chez l'adulte, les canaux de chaque os sont indépendants de ceux de l'os voisin ; dans la vieillesse, ils se prolongent à travers les soudures, et finissent par ne former qu'un seul système. Les veines que contiennent ces canaux sont larges et présentent de place en place des renflements : leur paroi est formée par une couche de tissu conjonctif, avec quelques fibres élastiques, et par un épithélium.
En raison de ces conditions de circulation, les os du crâne se cicatrisent difficilement et lentement. Il est cependant certain que les fractures des os du crâne peuvent se réunir par un cal osseux. Le fait, nié par Malgaigne, a été mis en évidence par Richet [Anal, méd chir., 1885); depuis, de nombreux cas ont été présentés à l'appui. Il importe, toutefois, pour que le cal se forme, que les os soient en contact, ou, tout au moins, que l'écartement soit très faible. Lorsqu'il y a perte de substance, la réparation se fait d'ordinaire par une membrane plus ou moins épaisse, solidement insérée au pourtour de la perfora-
•.cf n;n«; n..,- cicatriseal les perforations du trépan. Cependant, même dans ces ^'o^n obse é'" e for^^^^^^^^^^^^ osseuses dans la cicatrice : Bergmann a même vu une cas, on a oi^scive utb substance. Ces faits iront se multipliant, la
Xa ^t^ é a^ X^^^ - j'- -^PPliq- une large lamelle osseuse
Siée au cLeau, et la consolidation se fit très solidement en l'espace de deux moi . fvec c? mode de trépanation, que je préconise et pratique, la réunion est facilitée par le Hrop ronlact des surfaces osseuses obliquement taillées. , „
Test la cliché extern périostique, de la dure-mère qui a le principal rôle dans les ■ . c n« P^^L? Vov dure-mère) - Le cal des fractures du crâne est d'ordinaire peu
interne. ... j-
Lymphatique.. - Je ne sais si les lymphatiques des os du crâne ont ete décrits : leu/ existence n'est point douteuse, non plus que leur rôle dans les propagations inflammatoires des parties superficielles vers les profondes. Je répéterai ici ce que j'ai déjà écrit dans ma Topographie cranio-encéphalique (page 55) : « Les vaisseaux lymphatiques existent partout où se trouve un système sanguin canalicule Nul doute que ces vaisseaux, dont l'anatomie générale ne permet pas de mer 1 existence, ne jouent ici, comme partout ailleurs, le rôle principal dans les infections, par les anastomoses qui unissent les lymphatiques du cerveau et ceux de ses enveloppes Quand nous les connaîtrons mieux, quand nous les aurons vus anastomoser leurs plans divers, comme les vaisseaux sanguins, la pathogénie des abcès du cerveau, après une plaie du cuir chevelu, sera bien près d'être complètement élucidée.
Avec l'âge, les os du crâne subissent le processus atrophique commun a tous les os Leur amincissement peut aller en certains points jusqu'à la disparition complète de la paroi osseuse, comme on l'a observé au niveau des voûtes orbitaires, dans la cavité glénoïde du temporal, et même dans la région temporale.
Mais, leur mode de transformation se fait d'une façon toute particulière. Bichat a noté que sur le crâne des vieillards les cellules du diploé s'agrandissent, l'os tout enlier devient plus poreux, plus léger, et en même temps plus épais. Bichat subordonnait ces transformations de la boîte osseuse à l'atrophie de l'encéphale. Quoi qu'il en soit, il reste avéré que les os du crâne subissent avec l'âge une transformation, caractérisée surtout par l'amincissement des couches compactes et l'agrandissement des cellules du diploé. Le crâne, plus épais par places, devient plus mince en d'autres ; il est plus léger et plus fragile, considération qui ne manque point d'intérêt, tant pour le chirurgien que pour le médecin-légiste. (Voir Dévelop^)
Sutures crâniennes. — Les os du crâne ne sont pas seulement juxtaposés : Ilunauld a montré que toutes les sutures sont occupées par une membrane intimement adhérente aux os; Hunauld considérait cette membrane comme formée de deux lames. — Ferrein, qui a étudié cette cloison fibreuse, l'a assimilée au périoste. Nous savons que cette couche fibreuse est une dépendance, ou plutôt un reste, de la membrane dans laquelle se développent les os du crâne; épaisse et large d'abord, elle diminue peu à peu, au fur et à mesure que les os se développent, et disparaît complètement avec les progrès de l'âge.
Élasticité du crâne. — Le crâne est élastique et dépressible : cette élasticité, envisagée dans chaque os en particulier, ne dépasse pas l'élasticité bien connue du tissu osseux, mais l'agencement des os entre eux augmente l'élasticité de la boîte crânienne. Cette élasticilé peut être mise facilement en évidence : si on laisse tomber un crâne d'une certaine hauteur il rebondit à la façon d'une balle élastique. On peut aussi, en noircissant le crâne avec de l'encre d'imprimerie, l'obliger â
ANATOMIE MÉDICO-CHIHURGICALE.
imprimer sur le sol la surface plus ou moins large par laquelle il l'a touché; ou encore, couler de la paraffine et constater après une chute, l'aplatissement du moule de paraffine au point percuté (Félizet). .
Le crâne de l'enfant, formé d'os très élastiques, présente une élasticité d ensemble presque nulle, car les os qui le composent sont séparés par la substance molle des sutures. - Avec l'âge, l'élasticité diminue, et le crâne qu'on laisse tomber rebondit d'autant moins haut qu'il appartient à un sujet plus âgé. ^
Le crâne élastique, dépressible, s'aplatit au point percuté et revient aussitôt a sa forme première; mais si la force traumatique vient à dépasser les limites de l'élasticité, une fracture se produit; redressement, puis rupture d'une courbe, sont les deux temps principaux d'une fracture du crâne.
Les deux tables qui composent la boîte crânienne sont élastiques : il ne faut plus parler du défaut absolu d'élasticité de la lame interne ou vitrée. Aderhold a reconnu l'identité parfaite de la structure et de la composition chimique des deux
tâl)l6S
De ce fait que certaines fractures de la voûte sont plus étendues sur la table interne que sur l'externe, ou môme n'atteignent que la table interne, un grand nombre d'auteurs ont conclu à l'absence totale d'élasticité de cetta dernière; il n'en est rien; les expériences que je viens de rappeler démontrent l'élasticité des deux
L'élasticité de la boîte crânienne a été mesurée. Bruns, Félizet, Baum, et, dans ces dernières années, Messerer et Uermann, ont mesuré l'élasticité du crâne dans ses divers diamètres. Ces auteurs ont constaté que l'on pouvait réduire le diamètre transversal du crâne d'un centimètre environ, et que, la pression cessant, le crâne revenait à sa forme première. L'élasticité est beaucoup moindre dans le sens aiitéropostérieur ou dans le sens vertical que dans le sens transversal. — Félizet a prouvé que le revêtement dure-mérien ajoute à l'élasticité du crâne et éloigne le moment de la fracture.
Quand on vient à dépasser les limites de l'élasticité, le crâne se rompt et le trait de fracture a toujours une direction parallèle à la pression; il est transversal quand la pression s'exerce sur les cotés du crâne, antéro-postérieur si la pression est occipito- frontale.