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Vendredi.sSs aint ——vaint VISION Le firmament était d'un gris lourd : la
neige, une neige humide. pleureuse, tombait en flocons épais et désordonnés, et la bise, par rafales, fouettait les vitres. La nature même semblait vouloir s'associer au grand deuil de l'humanité.
Le temps morose, des tristesses récentes, le lugubre étalage quotidien des injustices et des Convoitises humaines, me plongaient plus que d'ordinaire dans une Mélancolie noire et profonde.
Je me sentais l'âme lourdement encrépée.
À demi couché sur une sorte de divan dans Ma chambrette, après le repas de midi, mon imagination se balançait de SOuVenirs en souvenirs plus ou Moins sombres.
Ce fut au point que je finis Par clore les pau- Dières et tomber dans un aSSOUpissement léthargique.
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TÊTES ET FIGURES Sy
Je somimeillais ait depuis combien de temps? Je l’ignore, lorsqu'il me sembla entendre une voix, à la foistendre et vibrante, murmurer ces paroles
‘[nfortuné habitant de l'astre des douleurs, pourquoi laisser les noirs soucis envahir ton esprit et ton âme, et n'en pas tirer la leçon qu'ils comportent? Tu souffres? N'est-ce pas là un indice de la faiblesse de ta nature?
Cependant, ce qu t'arrive est bien, C'est la souffrance, et, comme l'a dit l'un des vôtres, la bonne souffrance. Par elle la rédemption du genre humain s’est opérée ; c’est aussi par elle que l'homme doit arriver aux plus hautes vimes de la perfection. Au lieu de regimber contre elle, bémis-la” !. :
En cherchant du regard l'être qui me tenait ce langage. je distinguai une forme semi-lumineuse, quasi aérienne, qui se tenait tendrement penchée au dessus de moi. :
—Je suis l’ange de tes rêves, repartit l'apparition qui sembla deviner ma pensée, l'âme de ton âme, qui, depuis longtemps déjà, aux célestes parvis où tout est pur amour, attend le jour de ta glorification suprême dans le sein de Ja Divinité, pour la consécration de son union éternelle avec la tienne. Je suis venue te prier de me suivre: j'ai obtenu du Très Haut Ja permission de iever pour toi un coin
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du voile AU cache aux humains d'inneffables Splendeurs.
Ce disant, la radieuse créature me prit doucement la main, et, d'un vol rapide, s'éleya avec Moi dans l'espace.
Dans cette envolée Majestueuse vers les régions Sidérales, j'éprouvai une sensation delégèreté Extraordinaire, Nouveau Papillon, j avais dépouillé Ma chrysalide terrestre : il] me semblait être devenu esprit ; mes sens avaient *Cquis soudain une sensibilité inouie, une puissance inexprimable de Perception.
OUS traversions des atmosphères d'écla-
on nom ? m'écriai-je tout-à-coup,
—Je n'en ai Pas, répondit l'apparition. Nous nC portons pas de noms dans les régions où j'habite, comme vous Vous en donnez dans Votre monde. Nous nous recCOnnaissons instantanément. les uns les autres Par un Magnétisme dont tu ne Comprendrais Pas la subtilité. Mais, à fils de la Terre, pour venir en aide à tes facultés terrestres, je Prendrai un nom. Tu m'appeleras Speranza.
Malgré Ja sublime &randeur du Spectacle, je I'Ééprouvais aucune Surprise : il me sempi uit
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que toute cette splendeur m'était familière, que c'était un milieu déjà vu.
—Regarde derrière toi, me dit Speranza.
Je regardai... Là-bas, j'aperçus la Terre qui paraissait descendre graduellement dans le gouffre béant de l’espace. Je pus observer que les hommes s’agitaient de ça et de là, comme dans une minuscule fourmilière. J’entrevis même ma chambrette et, sur un divan, ina forme indécise, ayant l'apparence d’un mannequin de plâtre, tout frais sorti d’un moule et laissé inachevé. C'était ma chrysalide, ma forme terrestre, toujours endormie.
— Est-il Dieu! possible, m'écriai-je tout consterné, que c'est là, dans cette momie, que mon esprit habitait il y a quelqt mo-
liation à la vue de ce corps débile, chétif, inerte, que je savais si bien en proie à mille besoins, eynosé à toutes sortes d’infirmités.
soleil, à ce moment-là, n'avait plus que
l4 .ille d’une grosse étcile, et la Voie Lactée dessinait à peine, au firmament, une traînée phosphorescente.
Et, nous nous élevions sans cesse, à travers les constellations les plus extraordinaires, nouveaux systèmes planétaires.
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