Scène d'abomination et de désespoir
Qui pourra jamais décrire ce fouillis de ruines ? Qui pourra peindre les horreurs de cette nuit
jamentable ? ?
Les infortunés, chassés du logis par le fléau. <e réfugiaient pêle-mêle dans les champs d’alentour, sans vêtements. et à la merei d’une température inclémente.
Femmes, enfants, vieillards grelottaient, à dérision ! en face de l'incendie, autour de quelques pauvres meubles sauvés à grand’peine.
Et, fait à peine croyable, parfois des monstres, sortes de vautours, venus on ne sait d’où, rodaient autour des femmes seules, des vieillards débiles, et, malgré leurs cris et supplications, les dépouillaient des quelques effets, leur seul avoir. qu'ils avaient pu arracher à la destruction.
Les animaux domestiques, chevaux, chiens et bestiaux. affolés de terreur dans ce tumulte
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indescriptible, se Drécipitaient tohu-bohu, qui hurlant, hennissant. en quête d’un Les enfants de to nus dans l'herbe hr des vêtements de du froid e
AU milieu di qui beuglant.
refuge, ut âge, en chemise imide, blottis dans
nuit de Ja mère, se pl t demandaient du pain.
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et pieds les plis aignaient
Et, lorsqu'un
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d’un brouil] Pleurait.
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On était à la mi-juin.
Ce jour-là, quelle resplendissante matinée printanière !
Le blond Phébus saturait de lumière jardins, bosquets et vallons. Sous ses ardents rayons, la nature entière vibrait en se fécondant.
Arbres, plantes et fleurs, se sentant revivre, dressaient vers lui leur feuillage épanoui, leurs corolles ouvertes, comme pour rendre hommage à sa puissance créatrice, en lui offrant les prémisses de leurs plus suaves parfums.
Devant parcille éclatante résurrection universelle, l'homme reste sous le coup d’une admiration muette. Elle lui suffit même à peine ; gêné qu'il est par les freins imposés à sa faculté de jouissance, comme, du reste, à ses autres facultés, il se prend à regretter de ne pouvoir se plonger tout entier dans les ondu-
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Dome —
lations de ces flots de lumière, faire Parti intégrante de cette atmosphère divinemen embaumée,
Cependant, hypnotisé Pour ainsi dire par e charme Pénétrant de cette Virile floraison, le voilà bercé dans de Multiples rêveries aux. quelles son imagination ne tarde pas à associer Une apparition féminine, femme ou fillette, qu’il pare instantanément d'un Mignon cha:
Peau-bergère, d’une luxuriante chevelure, de Prunelles de jais ou d’azur, d’un blane Corsage, de toutes petites chevilles, le tout enjolivé d'une désinvolture de gazelle,
lui semble Ja voir glissant Conime une sylphide sur la grande route, où bien émergeant d'ombreuses feuillées, OU enrore Paraissant dans l'angle d’un jardinet Où à Ja fenêtre d’une chaumière, et, enguirlandant cette bell: 1: ire ’une auréole de grâce et de séduction, dénouer e premier écheveau d'une ravissante idylle,
Prenez &arde !
La dame blanche VOUS regarde, La dame blanche vous attend.
Cet état d'âme. Paul était destiné à l'éprouver bien à son insu dans la vie réelle,
Paul était UN gamin bien découplé, très robuste et de fort bonne taille Pour son âge :
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dire par floraison, Cries aux- À associer 1 fillette, non cha.
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très ige *
il dépassait de plusieurs mois su treizième innée, Deux grands yeux noirs, vifs, intelligents, c'était tout ce que l'on pouvait d'ordinaire distinguer dans sa physionomie. Véritable diablotin, suant la vie par tous les pores, espiègle, alerte, très habile à tous les jeux de son âge, il ne se connaissait pas de rival parmi tous les camarades avec lesquels il s'amusait durant les loisirs que lui laissait l'école du village, La tenue de cet infatigable boute-en-train s'en ressentait notablement, Mais, la tenue ! Comme il s'en battait l'œil. Le fait est qu'il ne s'en occupait pas le moins du monde.
Invariablement jambes et pieds nus, lu tignasse ébouriffée, recouverte seulement dun fond d’une vieille casquette, une chemise déchirée dont maint lambeau resté accroché à un «lou où à une clôture, une culotte cffilochée, percée en bien des endroits, et ne tenant que par une simple bretelle, pataugeant dans la boue d'une mare, ou se roulant dans la poussière du chemin, barbouillé jusqu'aux yeux, voilà dans quel état il gambadait à cœur de jour et finissait par réintégrer le logis paternel. Bref, c'était, des pieds À la tête.tout ce qu'il vavait de plus gamin.
Bien inutilement sa mère, dégoûtée, le gronait sévèrement parfois, en le menaçant de
tout dire à Son père : Häturellement, elle n'en faisait rien, Le lendemain, C'était la Même histoire
Tout de même, Malgré son Caractère turbuylent et Sans-souci, Paul aVait une Petite amie qui demeurait Porte voisine. Son nom était Irma, et elle avait à peu près l'âge de Paul. En dépit de tout, celui-ci avait toujours éprouvé une certaine considération Pour Irma, Joli brin de fillette. aUX Veux bleus, à la chevelure châlaine, à ja taille Svelte, qui se développa tdmirablement.
Irma avait bien, tutrefois, duelque peu Durtagé les jeux de Paul, Inais, tout à COUD, un jour, on la vit se tenir à l'écart, eue faire que Te£arder les gamins S'amuser. Puis, elle prit des allures plus CoMposées, des Manières plus réservées, Etait-ce instinct Prémonitoire de Pudeur, ou velléité de Coquetterie häissante ? Qui saura Jamais Je fonds et le tréfonds d'un Cœur de femme ?
Ce changement de venue n'avait Pas toutefois Complètement échappé à l'attention de
aul. Aussi aVait-i] CSSAyé de Ja &ouailler UN peu, mais SANS succès, Aussi, retournat-il aux CaäMarades, et o laissa-t j] aller comme d'habitude à sa folâtre et tapageuse Nature de
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gamin endiablé, sans se pr'occuper davantage de ce qu’il appelait un cap ice d'Irma.
Au cours de cette radieuse matinée de printemps, Paul, un peu las peut-être . se tenait nonchalamment debout, les mains dans les poches de son pantalon, adossé à la porte du fournil de la maison paternelle. Les amis étaient venus, mais il avait refusé de les suivre. D'un œil distrait, il regardait d'ici et de là. Rien ne lui disait quoi quecefût. Il se sentait langoureux, en quête de quelque chose qu'il ne pouvait définir, et restait ennuyé, songeur. sans goût pour la moindre des choses.
Sur les entrefaites, Irma vint à passer et, se détournant à demi, aperçut son ami d’enfance.
—-Bonjour, Paul, fit-elle.........
Et comme Paul tardait à lui répondre :
I] fait bien beau temps, n'est-ce pas, ajouta-t-elle ?
Paul se contenta de sourire en opinant d'un léger mouvement de tête.
Irma continua son chemin.
Elle était bien gentiment mise, cette matinéelà, Irma. Coiffée d’une toque de velours noir, de laquelle s’échappait une large tresse de cheveux châtains ornées d’un nœud de soie