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MORALITÉ

Chacun prêche pour son sein.

Variations poétiques sur le Ballottage! par un auteur qui signe Tournesol :

La veille on rêvait le succès Et tout était couleur de rose.

Le lendemain c'est autre chose Et l'on est triste avec excès.

On comptait régner sans partage, Et c'est un spectre de Banco Que cet épouvantable mot :

Le Ballottage !

Consolez-vous, ô candidat !

Vous n'avez pas le monopole, Je vous en donne ma parole, De ce très ennuyeux état...

Et la dame aux charmes vainqueurs Qui, grâce au Jersey qui la moule.

Ne peut passer dans une foule Sans y mettre en feu tous les cœurs ! Croyez-vous donc lorsque Adent l'âge Qui brise les plus fiers appas Qu'elle aussi ne maudira pas Le Ballottage?

Au Salon de 1884, le tableau Affaire dlwiiuear^ représentant deux donzelles nues jusqu'à la ceinture et croisant le fer, a inspiré ce quatrain tintamaresque :

Est-ce pour Alphonse ou pour Georges,

Que de si beaux appas

Affrontent le trépas De ce dangereux... coM^^^e-g'or^es F

212 ■ CUIUOSIïÉS LITTÉIÎ.VIHES

Sizain polisson adressé par un soupirant à une dame qui se plaignait d'un mal de gorge :

Il est ])ien peu galant de vous prendre à la gorge,

Ce mal qui dedans vous regorge, C'est être à vous saisir un des plus maladroits ; Si i'avois, comme lui, sur vous droit de m'élendre, Et, comme lui, le choix de ce qu'on peut vous prendre, Je vous saisirois bien par de meilleurs endroits.

Une clause du testament anticipé de M"° S. B., artiste dramatique, par Jules Blanche, les Pauvres :

0 Je veux, iiour apaiser après ma ;îm la leur. Sur son sein — s'il se peut (?) — qu'une main pure et ])lanche De pin bénit dépose un rameau dans sa fleur : Ils auront du pain sur la planche ! ! »

Réflexion en aparté d'un loustic, devant le portrait d'une Margoton quelconque, au plantureux corsage :

J'aimais fort Ion visage, Mais ce qui, Margoton, Me plaisait davantage ; C'était ton, c'était ton, C'était ton corsage ! !

11 nous reste à liquider, le plus rapidement possible, la poésie (?) dite chantante. Parmi ces débordantes vulgarités des cafés-concerts, combien de couplets, ou même de chansons tout entières consacrés aux seins. Le sujet prête d'ailleurs à la gaudriole et émoustille infiniment le public ordinaire de ces sortes de réunions, que font « pouffer », « bosser », « g'ondoler » et « tirbouchonner » les productions de cet acabit. INIais elles manquent généralement d'originalité, ayant toutes la même facture ; elles ne diffèrent guère entre elles que par la variété de l'air.

Mentionnons, entre autres pièces à succès, qu'ignorent l'inspiration et les règles de la prosodie : les Deux Sœurs^ de Nicolas ; la Gorge de Rosi/ie, ])a.r A. Bugnot ; les Deux pommes cVapi, de Delormel ; Aux deux hémisphères^ du même avec la collaboration de Laroche ; V avant-scène de Lisette, de Garnier Rimbault; \q Petit Noël de bébé, de F. Muffat ; \r Gammele de Bidochard ; la Ronde des tétons, de P. Rey ; les Oranges de

mon étagère^ de Blondeau etMonréal; Oh! les Nichons^ de Disle et Lelièvre ; les Nichofis^ de E. Lemercier, etc., etc.

Nous ne retiendrons que deux échantillons de ce genre, et encore ce sont des chansonnettes déjà anciennes, les Tétons, d'Aug. Gilles, qui a l'entrain d'un joyeux badinage, et les Deux saints^ signés Félix, empreints d'une douce et aimable philo» Sophie :

LES TÉTONB

Air : Elle aime à rire, elle aime à hoire !

J'ai pris pour muse une égrillarde A qui la romance déplaît ; Chaque jour elle se complaît A rendre ma muse gaillarde.

La gaudriole en mes cartons, A ses yeux offre une lacune, Elle me garderait rancune, ; Si je ne chantais les tétons. \

Dans le sein fécond qui le porte, L'homme fait neuf mois de séjour ; Impatient de voir le jour, De ses pieds il frappe à la porte.

A peine est-il né qu'à tâtons Le jeune espiègle entre en licence, Et, sans égards pour la décence, A sa mère il prend les tétons.

Chacun de vous a sa manie, Amis ; mais je ne doute point Que votre penchant sur ce point, Avec le mien ne s'harmonie.

Et je crois hien que nous goûtons Même plaisir et même ivresse, Quand notre main frôle et caresse Tour à tour deux jolis tétons.

Il est un usage contraire A la pudeur qui vous régit.

A''otre modestie en rougit ; Mais elle ne peut s'y soustraire.

Belles, quand nous vous accostons, De l'arc-boutant de la nature Votre œil furtif prend la mesure.

Le nôtre toise les tétons.

214 CURIOSITÉS LIÏTÉRAIRES

Dumont dit à son fils Hilaire :

— Il faut enfin te décider,

Et conduire, sans plus tarder,

Au temple d'hymen Rose ou Claire.

— Papa, mon choix est fait ; partons ; De Claire la heauté me flatte,

Mais elle a la poitrine plate Et sa sœur a de gros tétons.

Paul et Justine se conviennent .

L'amour paraît combler leurs vœux ; C'est à leurs mutuels aveux Pourtant que l'un à l'autre ils tienn ;it Grâce à leurs marchands de cartons, Aux amateurs ils font des niches.

L'un avec des mollets postiches Et l'autre avec de faux tétons.

Nature dit à la fillette.

Qui les voit poindre en son corset :

Craignez que le nœud d'un lacet

N'en comprime la peau douillette ;

Qu'entre leurs deux jolis boutons

Le même espace s'interpose :

Et dans vingt ans, oii je les pose,

Qu'Amour trouve encor les tétons.

A notre li])er té publique Je tiens par goût et par devoir, Et dans aucun temps le pouvoir Ne m'a fait changer de tactique.

Au diable les ventrus gloutons De Villèle et de Bonaparte, Car la liberté sans la Charte C'est une femme sans tétons.

LIÎS DEUX SAINTS

Air : La Fête dea honites gens.

Qu'en ce jour tout résonne.

Des chants dictés par nos cœurs.

Dérobons à l'automne Ce qui lui reste de fleurs ; Pour les belles, qu'on apprête Des liouquets et des refrains ;

C'est aujourd'hui la fête, La fête de tous les saints.

VEus 215

Tous les saillis, ah ! (llyccre, C'est ]:)eaiicoup poiii' un seul joui-,

ïoi, qui n'adores guère Que le plaisir et l'Amour, Deux patrons, c'est bien honnête ; Comme toi, je me restreins.

Et désormais je ne fête, Ne fête que tes deux saints.

Ces deux saints que je chante N'ont que des dehors flatteurs,

Et chacun d'eux m'enchante Par de riantes couleurs.

Leur parure se compose Du plus brillant des satins, Ce sont deux boutons de rose Qui couronnent tes deux saints.

Longtemps sans les connaitre.

Je ressentis leur pouvoir ;

Il t'en souvient i^eut-ètre, C'est toi qui me les fis voir.

A ce spectacle sensible Vers eux j'étendis les mains.

Non, non, il n'est pas possible De voir de plus jolis saints.

Quoiqu'ils soient, ma Glycère, Presqu'aussi durs qu'un rocher.

Parfois à ma prière Ils se sont laissé toucher ; Jaloux de les voir encore, Je donnerais, je le dis.

Pour ces deiix saints que j'adore, Tous les saints du. Paradis.

Signalons enfin une saynète à deux personnages de J. Raymond, les Deux nourrices (Fune à quinze francs ; l'autre, prise au bureau, à trente). La perte d'un enfant placé entre les mains d'une de ces femmes, a inspiré à l'auteur cette chanson, en 1846.

LA NOURRICE à 15

Quiel mal que d'être nourrice A qïnze malhouroux francs ; Ça crie ou ploure ou ça pisse, Révaille amis ou pàrens ;

Çà mé fé niattre en couku-e, Qielle scie, àh! ouc, ma foué.

La nourrice à 30 lui conseille de prendre deux nourrissons et, à l'objection de sa voisine « Que me dirons lés mâtres »,elle répond, avec aplomb: « Les mâtres? eh ! y m'^ lé souront pas. »

Je reçu d'une Ijaroune

Ma chare, hier, un potit mou

Qui doumande une personne

Pour lui nourrir unmarmou.

Un dé plus est votre affare,

Jàmiette en a trois, je croué.

La nourrice à 15 hésite, mais finit par accepter :

Enfin j'accapte, nourrice, J'en ourai dieux en soucret.

Dion veuille à ce hénoufice Que j'en aye oucun x'égret; Troués et plus, c'est ourdinare, En tout lieux, oué, je lé voué.

Avec la loi Roussel, sur la surveillance des enfants en bas âges, ce petit manège n'aurait plus de succès et la nourrice à 15 serait obligée, comme le maréchal, de « se soumettre » à son maigre salaire ou de « se démettre w.

Proverbes et locutions populaires. — Plate comme une Anglaise. — On connaît Timage caricaturale de « Finsulaire » : aux pieds énormes, à la mâchoire de gorille, aux mains osseuses, à la gorge plate, avec un chapeau rond, un voile vert, des lunettes, un châle écossais, des bas en vrille tombant sur des chaussures de plongeur.

Les durs tétiiis font les enfants camus. — C'était l'opinion d'A. Paré : « D'abondant, dit-il, l'enfant imprime le bout de son nez à la mamelle; la trouvant trop dure, se fasche, il ne veut tester et quelquefois en devient camus. «

SUR LES SEINS 217

Rabelais, dans son Gargantua (liv. P'", chap. 40), plaisante agréablement ce préjugé ; nous retrouverons bientôt ce curieux passage.

La vingt-quatrième Sérée de Bouchot, consacrée aux nourrices, traite sérieusement ce même sujet.

Dames à la grande gorge^ se disait des dames de qualité sous François P% parce qu'à la cour toutes les femmes étaient décolletées. « On marche à pourpoint déboutonné, à la franche Marguerite et à poitrine ouverte », dit le chanoine Jean Palmon, en 1635.

Je ne vole point sur ma gorge; ce vieux proverbe, tiré de la fauconnerie, signifiait : Je ne danse pas en sortant de table.

Qui donne le sein avant de mourir, qu'il s'apprête ci bien souffrir^ proverbe espagnol qui conseille de ne pas faire abandon de sa fortune avant sa mort.

Un homme qui porte les mains dans son sein, se disait, chez les anciens, d'un paresseux : Manus habet insinutas [i).

Réchauffer un serpent dans son sein : Etre payé d'ingratitude après un service rendu.

Rire à gorge déployée : Rire à faire craquer son corsage.

Ne savoir à quel sein se vouer : Ne savoir quel parti prendre.

Avoir quelque chose sous la mamelle gauche : Avoir du cœur.

(1) Apulée, liv. 9

Aux innocents les mains pleines : s'applique fort Ijion aux bé])és qui tripotent ù pleines mains les seins de leur nourrice.

Petit vocabulaire analogique. Synonymie et définitions fantaisistes. — Allaite. — Telle de Louve. — Brane.

Aréole. — Halo.

Coton. — Une seconde nature (D'' Grégoire).

Décolleter (se). — Faire bouticjue de sa poitrine (François Golletet). — Etre escoletée. — Montrer sa viande ; ses salières. — Mettre la gorge au vent; à Vair. — Se dépoitraillé r . — Etre en peau ; en carte postale, c'est-à-dire sans enveloppe. — Etre entripaillée. — Montrer ses Berthes ; (à Lyon, les boites au lait s'appellent des Berthes).

Mamelle. — MastoSy Mazos (grec). — Manima^ Uher (latin). — Brustdriïse (allem.). — Breast (angl.). — Manimilla, Mammella., Poppa (ital.). — Mamila, Marna., Teta., Ubre (esp.). — Mamella (cat.). — Mcunilla., Maniella (provenç.).

Jargon scientifique : Hémisphères glanduleux. — Glandes mammaires ; lactaires. — Organes de la lactation. — Toulon : Extrait d'un rapport du 23 octobre 1672, rédigé par les matrones jurées de la Ville de Paris, appelées à examiner la femme Olive Tisserand : « Le tout vu et visité au doigt et à l'œil, nous avons trouvé c[u'elle a les tontons dévoyez » ; c'est-à-dire la gorg'e flétrie.

Synonymie: Mammelettes (Belleau). — Mamelotte :

J'ai mis mon cœur en une lourde, Qui est très belle ])acelotte -, Mais elle a la mamelotte Aussi grosse que la cahourde.

(Henry de Groy. L'Art et Science de rhétorique pour faire rigmes et ballades, 1493.)

Nénés.) Nenets., Nenais. — On a fait venir ces mots de l'espagnol nenes., petits enfants, ou du latin nœniœ^ bagatelles dont on amuse les enfants. On lit dans le Dictionnaire de la langue romane de 1768 : « Nenet, Gupidon, petit dieu ». D'après Lorédan Larcher, ce mot appartient au vocabulaire enfantin,

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qui se forme par le redoublement de ki même syllabe ; pa-pa, bo-bo, man-mau.

Exemples tirés d'auteurs connus :

Tenez, mon cœur, voilà le corset, ajustez-moi ça sur mes nenels (A. Ricard). — Clémence, remettez votre camisole, dit Gervaise, Madame Putois a raison, ce n'est pas convenable... On prendrait ma maison pour ce qu'elle n'est pas. Alors, la grande Clémence se rhabilla en bougonnant. En voilà des giries (1)! Avec ça que les passants n'avaient jamais vu des nénais !

(E. Zola. L'Assommoir.)

Légende d'un des Eiifaiits terribles de Gavarni :

— Grand papa s'a fiché de petite maman, parce que petite maman s'est fait des nénais avec du coton, na !

Certains enfants disent aussi des Nunus ; et des grandes personnes des Nichons :

C'est encore pour te faire des nichons dans ton corsage avec des boules de papier, comme l'autre dimanche. (Zola..)

Tétin. — Primitivement, les anatomistes réservaient ce nom au bout de sein, mais les poètes ont toujours pris la partie pour le tout ; François Villon, dans son Grand teslanient., dit :

A fillettes monstraiit téihis

Pour avou plus largement liostes.

De François Perrin, chanoine libertin, de la cathédrale d'Autun :

Je sais liien le mal qui vous pique C'est l'œil, la houclie et le tétln De la fille au sire Martin.

Du même, dans sa comédie des Escoliers :

Mais est-il chose plus heureuse Que (le tenir son amoureuse, ïasler son tétin, le baiser Et avec elle deviser?

Telinette (Cl. Marot). — Téton : Voltaire, dans la Pucelle, fait

(1) Zo'a emploie à tort, comme le peuple, du reste, cette expression de giries, qm n'a aucun sens : c'est chlerles, traduction littérale de l'italien cacarie, qui est la véritable forme du mot.

tenir, sur Agnès Sorel et Charles VII, un discours, d'où nous tirons ce passage :

Je suis Denis, et Saint de mon métier, J'aime la Gaule et l'ai cathéchisée, Et ma bonne àme est très scandalisée De voir Chariot, mon filleul tant aimé, Dont le pays en cendre est consumé, Et qui s'amuse, au lieu de le défendre, A deux tétons qu'il ne cesse de prendre.

A. Barbier dit aussi :

Sur le téton de sa mère expirante Tout endormi j'ai pris le nouveau-né.

Gorgelette. — Estomac : Le D^' Brissaud, dans Y Histoire des locutions populaires, explique ainsi cette synonymie :

L'estomac n'a que de faibles rapports avec la poitrine, mais il n'y faut pas regarder de si près, puisqu'on appelle ainsi par extension les mamelles :

Quand je vois Barbe en habit bien duisant, Qui Vestomach blanc et poly descœuATe

(Marot, 111, 126.)

De même dans ce passage des Nuits de Straparole, il ne s'agit pas seulement du haut de la poitrine, mais de la région des seins : « Monstrant aucunes fois son gentil estomadi^ où il y avait deux petits tétins qui semblaient deux pommes. »

Le grec axo;j.a/o; désignait à la fois les seins et tout le devant de la poitrine. Par un retour analogue vers le sens primitif du latin pectus. le mot « pis » a été également appliqué aux mamelles et employé pour désigner le poitrail, même chez l'homme : « L'abbé de Saint- Cyran, après avoir mis la main au yyis, promit et jura sur les Saints Ordres de dire la vérité » (i).

Légende d'une caricature de Grévin, représentant un mari courroucé, disant un jour de mi-carême à un déguisé trop entreprenant :

— • Oui jeune homme, je vous Fdis et je ne crains pas de vous le r'dire : on peut très bien présenter ses civilités à une dame sans lui prendre ses estomacs !

(1) Cité par Littré.

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Avant-cœur : N'étouffons-nous pas un petit brin? lui dit-il enmettant la main sur le haut du buse. Les ava,nt-cœur sont bien pressés, maman. (Balzac.)

Avoir beaucoup d'Aça/it-main, était autrefois l'expression familière des écuyers.

Poitrine : Quand une femme a soupe dans tous les cabinets particuliers de tous les restaurants de Paris, ses joues qui furent roses sont flétries et tannées, sa poitrine est tombée aussi bas qu'elle est tombée elle-même (E. Deschaumes). — Flavie était une nature superbe. Oli ! ses cheveux, dont elle avait trop et qui débordaient partout, sur ses yeux, sur ses oreilles, dans son cou ! Oh ! sa poitrine, sa jeune poitrine de bronze, triomphale, ignorante des corsets !

(Alphonse Allais.)

Gorge (de gorges, gouffre) :

La gorge des femmes est un précipice où il est doux de se laisser choir (Daniel Dahc). — La gorge est le vallon des larcins (Arïiss).

Son écliarpe qui vole au gré de leurs soupirs Laisse A^oir les trésors de sa gorge d'albâtre.

(La Fontaine.)

Sei/i. — Godets : Extrait du poème de Chaa ; le poète peint son héroïne surprise dans le simple appareil :

Elle cliout l'euche et s'sauve, en sarant ses dous mains Su les premins gâdats où hoivent les humains.

Fesses du devant, en opposition aux Mamelles du derrière :

Une femme est d'autant plus belle qu'elle a les mamelles du derrière fessues et rebondies. (Biiuscaimbille.)

Titi. — La Table de bébé :

Un moine, en voisin, vint chez nous

Il entre sans que le chien jappe.

Le mari sort, et l'homme roux

De ma table fripe la nappe,

Hélas ! l'odeur du Recollet

Fait pour neuf mois tourner mon lait.

(BiîRANGER. 3fa nourrice.)

Bouteilles de bébé. — Sa gougoutte. — Son garde-manger. — Salle a manger de bébé et salle de récréation de papa.

— Le premier bock de V enfant. — Avanl-posles. — Avanlscènes. — Avantages :

C'est trop petit ici ; la société y sera comme les avantages de Madame dans son corset. (Villemot.)

Nourricières de l'humanité. — Boites au lait. — Rotondités.

— Les vrais saints du Paradis. — La Voie lactée. — Tumeurs pectorales. — Vitrine. — Étalage. — Devanture. — Etagère. Charmes. — Appas. — Les jumeaux. — Les jumelles : ^[es jumelles sont braquées sur ses Jumelles. — Attraits. — Gourdes :

Mais 1311 attendant que tu sourdes, Fontaine, du bleu souterrain.

L'inconsolable pèlerin Se désaltère à ces deux gourdes.

(RiCHEPiN. Les Seins.)

Boules. — Pendards. — Tétasses. — Plate-forme. — Nourrice sèche (femme dépourvue de seins). — Femme mamelue. — Un corsage mûr (Marcel Prévost). — Gorge à la montgolfière (1783). — Avoir du monde au balcon. — Avoir beaucoup de ça. — Un corset bien garni; millionnaire. — Dilatation de l'estomac. ■ — En avoir gros sur le cœur. — Fluxion de poitrine. — Poitrine tétonnière ; rebondie ; plantureuse ; avantagée ; bien meublée ; d^ anarchiste (à cause des deux bombes).

— A la vue d'un corsage volumineux, Gavroche crie : Complet ! ou encore : Je suis capitonné ! allusion aux voitures de déménagement qui portent ces mots.

Langage des précieuses : Réservoirs de la maternité.

Argot : Édredons. — Pelotes. — Biberon. — Bossoirs. — Les deux font la paire. — Mise en train. — • Reposoirs. — Rondelets. — Rondins. — Sébiles. — Les deu.r toupies. — Minets (petits et fermes). — Gardes-côtes. — Tripes. — Le balochard. — Le forçat du corset (G. Delmare).

Mamelon. — Thélé (en grec). — Mamilla., papilla (en latin). Tétillons (Albert Dïirer). — Bout de sein. — Bouton. — Tétin.

Anim. : Trayon. — Tétine. — Tette. — Pis.

Le mamelon de la femme, dit le D'' Brissaud, est encore appelé Pis

SUR LES SEINS 223

dans le style familier des campagnes, surtout, paraîl-il, dans la Suisse romande, avec des variantes de prononciation. On dit aussi le « pé » ou le « joei » en Bourgogne et le « pect » en Champagne. Exceptionnellement le vieux français employait la forme dérivée du latin « chiclieron » {Cicer, ciceris).

Sur vos tetins flétris les chicherons tout noirs Représentent les bouts de deux vieux entonnoirs.

{Des Accords, cité par La Curne.)

II li regarde et le cors et le vis, Et nés et bras, le menton et le^jis ; Les mammelettes il vit amont sallir Que II soslièvent le peliçon hermiu.

{Li liomans de Garin, XIII" siècle.)

Mammalogie. — Nom hybride, formé de mots empruntés à deux langues différentes, désigne la partie de la zoologie cj[ui s'occupe de la classe d'animaux vertébrés, appelés mammifères.

Mammifère. — Animal c{ui porte des mamelles.

Mammite. — Inflammation de la glande mammaire.

Patiner. — Peloter. ■ — Tripoter. — - Tripatouiller :

Le vieux plus que le jeune aime à polissonner, Parfois il lui suffit de voir, de patiner.

PoiLE. — Trichiase. — Sparganose. — Engorgement du sein. — Galactophorite (D'" Budin).

PoLYMASTiE. — Pléiomastic. — Mamelles surnuméraires.

Poupe. — Mamelles de l'ours et d'autres animaux féroces.

Seins postiches. — Suppléants. — Sous -lieutenants (Directoire) .

Sillon intermammaire. — La véritable gorge (du latin gorges., gouffre). — Le bénitier. — \^e porte-bouquets. — La boite aux lettres.

Systole et diastole des tétons. — Mouvements des seins suivant ceux du thorax.

Thélalgie. — Névralgie de la mamelle. — Mamalgie.

TÉTON de Vénus. — Pèche qui se termine par un mame'ou, comme le sein.

Comparaisons. — A. — Du sein. — l'' Empruntées au règne animal, — Faons de chevreuil: Salomon chantait ainsi sa

bien-aimée, la belle Sulamite : « Tes deux seins ressemblent à deux faons de chevreuil^ deux faons jumeaux, qui paissent parmi les lis ».

Limande. — Punaise : On dit d'une femme maigre : Plate comme une limande., une punaise. — Plumage de cygne:

Le plumage du cygne et la neige nouvelle N'égalent pas l'albâtre de son sein.

(Baour-Lormian.)

Ivoire

Nacre

Mai toy, plus avisé, poussant ton petit soc Sur V y voire poli de sa chaste mamelle...

(Pierre Souefour.)

Souriantes, à peine ouvertes, Sur la nacre des seins hom])és.

Du lait maternel imljilîés, Au bord des guimpes découvertes.

Elles vont et Aàennent alertes.

Les lèvres fraîches des bébés.

(Y. Redelsperger. Pessima.)

Mou de veau :

L'autre dit que sa gorge a l'air d'un mon de veau.

(Examen, de Flora . )

Œuf :

Tétin joli, plus blanc qu'un œuf Tétin qui fait honte à la rose.

(Cl. Marot.)

La fraise et l'œuf., de Mercier, de Compiègne :

De fraises fraichement cueillies, Hélène portait un panier ; La rosée y faisait lu'iller Mille perles des plus jolies.

Hélène, encore à ses quinze ans, ^Autant que ses fruits pouAait plaire Aux connaisseurs les plus friands ; Par-ci, par-là, notre laitière Avait rangé de très gros anifs, Frais pondus, blancs comme batiste, Et dont l'éclat, sur le fruit amétisle. Formait un tout harmonieux.

SUR LES SEINS 225

Pour plaire à l'engageante Hélène, Qui les offrait d'un air si gracieux En la lorgnant, de sa corbeille pleine.

Au hasard je tire un d'entre eiix,

Que cinq doigts entouraient à peine.

Que vois-je! Effet délicieux!

Sur le gros bout une fraise écrasée,

Et là, par le hasard placée.

Sur l'auréole carminée

Forma ce bouton radieux

D'oii distille l'humeur lactée.

Imprégné de l'onde sucrée.

L'ensemble rendait au mieux

Un sein naissant, digne des dieux.

Je contemplais, aA'ec avidité,

Cette image simple et fidèle

Des sources de la volupté ;

En voulant mettre en parallèle

L'image et la réalité.

Près des tétons dévoilés de la belle, Qui se prêtait, en riant, à ce jeu, L'œuf fut placé ; mais si la pastourelle

Y gagna, ce fut de bien peu.

Dialogue :

— La mienne est d'un maigre! Deux œufs sur le plat!

— Ah! mon cher, la mienne c'est bien pis... Il ne reste que le plat.

Macarons :

Ceux d'ia pâtissière étaient ronds On aurait dit deux macarons.

(DiSLE. Oh! les nichons !)

Fromage mou :

Ceux d'ma crémière me rendaient fou.

On aurait dit di\i fromage mou.

(DiSLE.

Satin

Tétin de satin blanc tout neuf.

(Cl. Marot.)

Lait : A. Willette, dans une légende d'un de ses dessins-

226 CURIOSITÉS PIIILOLO(ilQUES ET LITTÉRAIRES

réclames, fait dire à un laitier, pétrifié devant le décolletage d'une femme qui lui ouvre la porte :

— Foie-de-veau! les nichons de madame sont aussi blancs que le lait du domaine des Pins.

Un poète du moyen âge dit :

Et qui portait sur sein de lait Soleil d'août en mantelet.

2" Empruntées aux éléments. — Neige. — Glace. — Brasier. — Feu :

Gorge pétrie avec la neige des sommets sacrés. (Guichard.)

Quel transparent tissu de neige éblouissante. [Ibid.)

Le conseiller Desmarets adresse à M'^*^ de Longueville les adulations suivantes :

Sein qui rendez tant de raisons malades

Monts de neige et (\.e feux,

Où volent tant de vœux, Sur qui l'amour dresse ses embuscades.

Autre antithèse de Dumay :

Ton sein est un brasier environné de glace.

Vague :

Ceux qui disent que tes tétons Flottent au vent comme des vagues, Suzanne, sont des polissons :

On voit bien que ce sont des blagues.

(B. D. G. Parnasse satyrique.)

3° Empruntées au règne minéral. — Blancheur et fermeté du marbre ; de Y albâtre :

Robert voyait ces malheureux appas,

Ces yeux éteints, ces bras, ces cuisses rondes.

Ce sein d'albâtre, à la merci des ondes.

(Voltaire. Guerre civile de Genève.)

Hic corpus solidnm invenies hic stare papillas Pectore marnioreo...

(Lucuius.)

SUR LES SEINS 227

(Tu trouveras là une chair ferme et des tétons droits sur une poitrine de marbre.)

Le plumage du cygne et la neige nouvelle N'égalent point l'albâtre de son sein.

(Lamartine.)

Siècle heiu'eux ! âge d'or, en vertus si fécond ! Le nom de mère alors n'était pas un vain nom : D'un enfant nouveau-né chaque épouse idolâtre Déployait à ses yeux ces deux globes d'albâtre, Emblème ingénieux de la fécondité, D'où par flots jaillissaient la vie et la santé.

(D'' Sacombe. La Luciniade.)

Adieu donc, charmante brune... Et toi, belle blonde, adieu ! — Je me rappelle encore ton regard languissant... Hélas! tu n'as que trop régné sur mon cœur, et ces deux globes cV a^lbâtre ! . . . Ah ! je crains bien que cette image ne vienne souvent troubler jusque dans ma retraite mes sombres méditations.

(Traduit de Gessner. Poèmes champêti^es.)

4° Empruntées au règne végétal. — Jasmin. — Lis :

Gorge de lys, pommes d'albâtre.

De qui mon œil est idolâtre.

(BoiS-ROBERT.)

Je rêA^e, à tes genoux, les blancheurs éternelles De ton buste pétri dans la neige elles lys.

(Raoul Pascalis. Le Missel.)

Pommes. — Poires :

Alors elle laissa voir le sein le plus charmant que la nature eût jamais formé. Un bouton de rose sur une pom^me d'ivoire n'eût paru auprès que de la garance sur du buis, et les agneaux sortant du lavoir auraient semblé d'un jaune brun. (Voltaire. Zadig.)

Un beau bouquet de roses et de lis Est au milieu de deux pommes d'alljâlre.

(Voltaire.)

0 seins, poires de chair, dures et savoureuses, Monts blancs où vont brouter mes caresses fiévreuses.

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