GOMBAULD
Dans les bois de Paphos je cherchais un bouquet De fleurs nouvellement écloses.
L'amour m'appelle et me dit en secret : — Pourquoi chercher si loin et des lis et des 7'oses ?
Dis à Zulmé de l'ouvrir son corset. (A. R.)
Froment :
iVutrefois, dans le bon temps, on aurait comparé son cou à une tour et sa gorge à un boisseau de froment.
(Voltaire. Princesse de Babylone.)
Colon : (Sein mou comme du coton enfermé dans une boite). — La candiclezza d'un seno molle come cotone restretto in scatola; singulier compliment de Gregorio Leti, duc de Giovenazzo, ambassadeur d'Espagne près la cour de Turin.
Les uns faljriqués en coton Auraient pu servir d'édredon.
(DiSLE.)
SUR LES SEINS 231
Gelée de pomme : Seins mous. — Pains au lait : Dans une fête donnée à la maréchale de Luxembourg, le chevalier de Boufllers, rencontrant la charmante duchesse de Lauzun, déguisée en boulangère, lui tourna un madrigal où se lisent les vers suivants : Charmante Boulangère, lui disait-il,
Que j'aime la tournure Des petits jm^'is au lait Que la simple nature A mis dans ton corset.
Pains de miLiiitioii:
J'en pinc', mon p'tit trognon, Pour vos pains cV munition.
(Delormel. L' avant-scène de Lisette.)
5° A LA RELIGION : Th. Gautier, célébrant la beauté de Rosalinde, écrit qu'elle avait une gorge à faire descendre les dieux du ciel pour la baiser. — Temples écroulés. — Autels :
Oreillers jumeaux de chair blanche !
Autels où notre front se penche Et dont on célèbre à genoux Les glorieux et saints offices !
Seins cléments, soyez-nous propices !
Seins pleins de grâce, exaiu^ez-nous !
(A. Masson.)
6° A l'astronomie. — Astres :
Ces deux roches qui jusqu'aux deux
Élèvent leur chef sourcilleux
Qui comme deux astres flambovent ..
(Odet Tournebus.
Lune
J'aime ta chevelure Ijrune
Et tes regards allant au cœur,
Tes beaux seins ronds comme la lune,
Et ton sourire ensorceleur.
7° Géographie. Géologie — Pics. — Monts. — Tertres :
Puce, tu t'es bien abusée De te prendre à un tel morceau :
Oii penses-tu estre posée, Volant sur ce tertre jumeaii ?
(Pierre Soulfour.)
Collines
Que vos deux collines jumelles S'espassent pour laisser entre elles Un intervalle où nos baisers Puissent un peu reprendre haleine, Au moment de quitter la plaine Et d'affronter vos pics rosés.
(A. Masson.)
Roc :
Ses tétons bruns mais fermes comme un roc Tentent la robe et le casque et le froc.
(Voltaire. La Pucelle.)
Vieille chanson picarde :
Pour ta bouche, elle est plus rouge Que n'est la creste d'un cocq :
Et ta gorge qui ne bouge. Paroi t plus ferme qu'un roc.
Globes : Evariste Parny a chanté les globes d'Éléonore, sa maîtresse, la fille de son portier. — Hémisphères : Vous avez, Madame, les ^/oZ^e^ les plus beaux des deux hémisphères et les hémisphères les plus beaux du globe. — Sphère d'amour : Dumay adresse des stances amoureuses au sein d'une certaine Angélique qu'il se disputait avec Monfuron, à coup d'hémistiches enflammés ; il qualifie le sein de sa belle de « sphère d'amour ».
8" Objets usuels et divers. — Oreillers (V. la strophe de A. Masson, citée à 5°). — Escarcelles. — Bissac :
Votre estomach faict en estrille Pourroit encor servir de grille, Vos flancs de herse ou de râteau.
Et de vos pendantes mamelles Un hissac ou des escarcelles Pour mettre l'argent du bordeau.
(Sygogne. Satyre contre une ineille sorcière.)
Blague à tabac, au fond de laquelle on met un sou. — Mouchoir : Le Viig-le travesti (p. 47, liv. VII) parle d'un téton tellemeiit mou qu'il servait à se nioucher. — Drapeau ;
SUR LES SEINS 233
Tétin qui n'as que la peau, Tétin flac, tétin de c^ro^ertM.
(Cii. Mazot.)
Battoirs. — Tire-bouclioiis : se donner des claques avec des seins en tire-bouchons. — Bossoirs (marins). — Pièces d'artillerie. — Batterie. — Boulets de canon : Distique de l'auteur du Harem :
Ses seins noirs et luisants, dressés sur sa poitrine, Ont l'air des deux moitiés d'un boulet de canon.
Redoutes. — Mamelons. — Gamelles :
... La pauvre mère en gésine,
Bête hagarde qui s'enfuit
Et cherche à tâtons un réduit.
Les reins lui pèsent. Ses mamelles
Que gonflent des cuissons jumelles
Sont pleines comme des gamelles.
(J. RicnEPiN. Nativité.)
Boules : Un des Charbonniers de Philippe Gilles compare les deux seins de sa voisine à deux boules pyrogènes. — Le sieur Motin, dans une épigramme trop libre pour être reproduite, assimile les seins à des boules qui font dresser les quilles au lieu de les abattre. — Bcdlon :
Un grand hallon captifs un seul aux Tuileries,
Fait venir, de tous lieux, les masses ébahies.
Moi, sans quitter ma chambre, et doublement heureux.
Dans ton corset dodu, chaque jour j'en vois deux.
(Le Sans-culotte.)
Nous trouvons encore les ballons dans le Petit Noël de bébé., court monologue versifié de F. MufTat. Voici le résumé des deux premières strophes. Avant de se coucher, le jour de Noël, la mère du petit Edmond lui dit de ne pas oublier de mettre ses galoches dans la cheminée. Le bambin ne se fait pas prier et se promet de ne pas fermer la paupière pour voir Noël quand il viendra. Au coup de minuit, la mère entre en chemise, portant vers la cherninée un chargement de joujoux.
Mon goss' crie : « Ah ! te voilà prise !
Petit Noël, c'est toi, maman ! »
Il prit tout, le cheval, les guides,
Imag's, pistolet et honbons,
Et quand ma femme eut les mains vides.
Prenant pour des jouets ses nichons :
— C'est-il aussi pour moi, p'tit' mère. Dit-il, ces deux hallons que v'ià ?
— Non, répondit ma ménagère, Ça, c'est l'Noël de ton papa !
Confettis : Seins réduits à leur plus simple expression. Grains de chapelets :
Ceux d'ma nièce étaient aplatis Ainsi qu'deux mignons confettis.
Ceux d'ma sœur étaient maigrelets, Et r'semblaient à des grains cVcliapelet.
Zéros
Coupe
Ils étaient p'tits comm' deux zéros.
Les Uns et les Autres.
(DiSLE.
(Delormel.)
Ton sein veiné d'azur, oii le désir vient battre
Ton sein est le revers d'une coupe d'albâtre,
Par le burin des dieux finement ciselé.
Au lait des voluptés virginales gonflé,
Il est l'eucharistie et sacro-saint ciboire
Oîi mon rêve assoiffé de ton être vient boire
Et puiser comme un peu de ta suavité.
Il est le globe au fin tissu pâle et lacté
Que brode le fil bleu de ton sang, et qu'incruste
Le rubis de ton cœur, — merveille de ton buste.
(Raoul Pascalis.)
Carafe : Alphonse Karr compare une femme obèse, qui vient de quitter son corset et dont \les seins s'affalent de tous côtés, à une carafe plein d'eau qu'un choc vient de briser. — Pupitre : distique du vieux poète Maurice Scève :
Gorge qui de l'amour fait son pdpitre
Où plusieurs foys Avenus chante l'épistre.
Tours; Tours vivantes d'albâtre,
D'oii l'amour blesse les amants (Marin.)
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TapEibor (1) : La Bouvillon, dit Scarroa dans le Roman comique, dont la gorge formidable aurait pu être prise de loin pour un tapa,bor d'écarlate.
B. — Comparaisons du mamelon. — A part la comparaison prosaïque de l'aréole d'une nouvelle accouchée à une Médaille de bronze^ et celle du sein d'une femme étique à une Lentille sur un échalas (G. Delmare), les littérateurs se sont plu à comparer le mamelon au Corail ou aux produits du règne végétal : Olives^ Cerises^ Grains de raisin, couleur du Vin, et surtout Rux F/-aises et aux Boutons de roses. Suivent les exemples :
Mes douces passions j'alleige,
Tousjours sur quelque doux téton,
Qui d'un Corail fait rejetton
Sur le milieu d'un plat de neige.
{La farce du valet à'tout faire. Lyon, 1606.)
Nos grisettes aA^aient des tailles fines. Leur poitrine lisse comme l'émail Les avait fait surnommer « mandarines » , Car elle avait le bouton de corail.
(L. Xanrof. RoncUau des étudiants.)
Sa poitrine mignarde Que le vent du souffler Fait, quand dehors se darde Relenter, j)uis enfler.
Monstre deux testons, voire, Mais deux boules d'y voire.
Puis, sur le bord, Deux cerises encor Qui donnent vie et mort.
(Bretin Philibert, 1595.)
Autres cerises :
Le rossignol, ce gai ténor, L'été dernier avec prestesse Chantait et modulait encor Son refrain rempli d'allégresse,
(1) Le tapabor était une espèce de bonnet en drap dont on rabattait les bords sur les oreilles, pour se garantir de la pluie ou du vent (étymologie, tajjo et bord), ou pour se cacher la figure quand on allait en expédition amoureuse :
Il est temps d'avancer, baissons le tapahor. (CORNEILLE.)
Et le soleil aux rayons d'or Se jouait, folâtre caresse, Sur son sein demi-nu, trésor D'amour, de grâce et de tendresse.
Soudain l'oiseau parut disirait ; Il prit son vol el guilleret Se posa gentiment sur Lise,
Et là, devinant son butin, Il vint béqueter son tétin Qu'il prenait pour une cerise.
{QtKVD^WLm. Erreur d'oiseau.)
Les Fraises d'amour aulait^ de Charles Pitou, sont un mets capiteux pour les grands et savoureux pour les petits :
Je la surpris un beau matin Comme était Diane d'Éphèse, Alors qu'elle laissait à l'aise Palpiter son cœur puritain...
Ses yeux semblaient une fournaise Et je vis, ô quel doux butin !
Sur ses deux globes de satin Pointer le carmin d'une /razsf...
« Fruit mûr, dit-elle, il faut cueillir o Dans un baiser je fis jaillir La chaude liqueur ivoirine...
Quelles délices, Monselet !
Mets exquis et sauce divine Que les fraises d'amour au lait.
Achevons la cueillette des fraises :
De pudiques tétons.
Bien séi^arés, bien fermes et bien ronds. Et couronnés par une double /raise.
Chrétiens ou juifs, pour celui qui les baise N'en sont pas moins de fort jolis tétons.
(Pakny. Guerre des Dieux.)
Le liège qui vacille au bout de la ficelle Chatouille en tapinois la//'«?"se de son sein.