ROLLIN.VT
SUR LES SEINS 237
Au tour du grain de raisin et de son jus divin :
Tel qu'une graine vermeille de raisin^ un petit tétin, frais et poli, s'élève mollement sur un sein arrondi, et la couleur de rose contraste avec cette touffe de lys. (Jean d'Houville, 1517.)
0 parfum de beauté! tu montes à la tête.
Les boutons des beaux seins, si charmeurs qu'on les fête
Ont aussi la couleur du vin.
Ils nous donnent bientôt, alors qu'on les caresse. Comme le \m léger une excitante ivresse.
On éprouve un plaisir di^dn.
(Emmanuel Dugros. Chanson gauloise.)
Quant aux boutons de roses, il y a de quoi en faire plusieurs bottes :
Les lis, les boutons de rose De tes deux globes naissants Sont à mon âme enflammée Comme les vins ])ienfaisants De la fertile Idumée.
(Voltaire. Précis du Cantique des Cantic[ues.)
De la Pacelle, du même :
De la cuirasse, il défait les cordons ; Il A'oit lô ciel! ô plaisir! ô merveille!) Deux gros tétons de figure pareille, Unis, polis, séparés, demi-ronds, Et surmontés de deux petits boutons Qu'en sa naissance a la rose merveille.
En offrant une rose à sa maîtresse, un de nos poètes lui dit :
Reçois sans t'alarmer cette modeste rose
Qui, belle comme toi, n'a pas de rejetons.
L'amour, qui soigne tout quand il fait quelque chose.
Pour achever ton sein lui vola ses boutons. (A. R.)
Extrait d'une épître de Dorât
Ce sein qu'amour sait embellir.
Qui s'enfle, s'élève du s'abaisse Au moindre soufle du désir.
Où la rose semble fleurir Sous la bouche qui le caresse.
Épithètes appliquées aux seins. — Mous. — Tétons qui marquent un peu trop la cadence en dansant (Tallemant des Reaux). — Pommelés : en forme de pomme. — Beaux. — Layds. — Pendants. — Pendards:
C'que j'en ai connu d'ces fendarts
Très peu d'rupins, beaucoup d'tocarts.
(DiSLE.)
Flasques. — Maigrelets. — Naissants. — Plats. — Chétifs. — Aplatis. — Flaccides [ies.ivlÀéh&.\ii). — Indigents. — Frazés (Coquillart). — Rudimentaires. — Impalpables. — Lilliputiens. — Microscopiques. — Evanescents. — Profonds. — Pleins. — Larges. — Lisses. — Polis. — Blancs :
Ainsi qu'en bosse eslève moy son sein
Nei hlanc^poly, large^ profond et plehi. (Ronsard.)
Elle a un cMef blondet, euz verz (yeux vairs), boche sadete (savoureuse) Un cors pour embracier, une gorge hlanchette.
[Poésie de la fin du XIP siècle.)
J'ay blanche gorgette J'ay dur sain, Et par le faulx (taille) sui greslette.
(EusTACHE Deschamps, XV" siècle.)
Ronds. — Rondelets. — Petits. — Retraits :
Si j'étais un vrai Marseillais J'aimerais tes folles grisettes ; Grands yeux noirs, beaux seins rondelets, Gai sourire et fraîches risettes.
(E. Mauzaize. a Marseille.)
La jolie gorge de Dorimène :
Vous allez être à moi depuis la tête aux pieds, dit Sganarelle. et je serai maître de tout... de vos petits tétons rondelets...
Qu'est devenu ce front poly.
Ces cheveux blondz, sourciz voultiz.
Petits tétins, hanches charnues.
Ces gentes espaules menues ?
Le front ridé, les cheveux gris,
Les sourcils cheux
Les espaules toutes bossues.
Mamelles, quoy ? toutes retraictes :
Telles les hanches, que les tettes.
\François Villon. Les regretz de la belle Heaulmière ja imrvenue à vieillesse.)
Droits :
Hic corpus solidum invenies, hic stare papillas Pectore marmoreo