‹ Tétralogie, Tristan et Iseult, Parsifal [microform]Chapitre 15 sur 42 · Maurice Barrés, L Ennemi des lois, p · texte numérisé non relu

Maurice Barrés, L Ennemi des lois, p

3. Dans le cas présent: le Printemps et l'Amour. Se rappeler qu'en allemand amour est du genre féminin. W. p. 21.

accroissement à des unions de ce genre ; mais ce serait esquiver la difficulté.

L'intention très nette de Wagner est d'établir un contraste entre l'amour vrai de deux êtres chez qui la communauté du sang n'est qu'un symbole de la parenté des âmes, et l'esclavage honteux auquel Hunding a soumis Sieglinde et que son égoïsme décore du nom de mariage.

Uniques représentants sur cette terre de la race divine, Siegmund et Sieglinde pouvaient seuls se comprendre. La même flamme céleste brillait dans leurs regards *. Leur amour, ce n'est pas le vulgaire couji de foudre^ mutuelle obsession de deux êtres nerveux et débiles, mais bien l'immédiate sympathie, le don réciproque, irrévocable, de deux cœurs vivant de la même vie.

Frîcka, la « protectrice du mariage et des serments sacrés^ », dans une longue discussion avec AVotan, attaque violemment cette union de Siegmund et de Sieglinde. Celuici lui répond : « Qu'ont-ils donc fait de mal, ces jumeaux qu'unit l'amoureux printemps? L'amour les a ensorcelés ! » Et comme Fricka, mise hors d'elle par cette absence de sens moral, éclate en reproches : « Tu n'as jamais vu rien de pareil, reprend Wotan avec le plus grand calme, eh bien ! sois-en témoin aujourd'hui ; alors même que cela ne serait jamais arrivé, qu'importe? Sache ce qu'est une union spontanée ; souris à cet amour, et bénis le lien de Siegmund et de Sieglinde^. »

On a prétendu que Fricka symbolise la raison, la conscience morale*. Nous ne le croyons pas. Le véritable caractère de l'épouse stérile de Wotan se résume en ces mots : « Tu ne peux comprendre que ce qui se passe d'habitude "\ »

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