W. pp
2. ft Der Ehe Hùterin — Uin der Eheheiligen Eid. . . ich klage ». W., p. 28.
4. Dans une leUre à Uhlig (12 nov. 1851) Wagner dit que Fricka représente les mœurs (Sitte), ce qui n'est pas la même chose que la morale considérée sous son aspect idéal, absolu.
5. Stets Gewohntes nur magst du versteh'n. W., p. 31. — Les Ases dont Odin (= Wotan) était le chef avaient apporté la civilisation en Scandinavie et remplacé le règne de la force brutale par celui des traités, des
La convention, la tradition, envisagée par un esprit borné incapable dladmettre des exceptions et de corriger la lettre de la loi par une interprétation intelligente, la coutume maintenue, protégée, parce qu'elle est la coutume, et non point à cause de l'élément rationnel qu'elle peut renfermer, tel est son domaine. f
Quant au mariage de Wotan et de Fricka, il s'explique aisément : le pur instinct (Wotan) serait un torrent dévastateur s'il n'était contenu, dirigé, par l'ensemble des conventions sociales. Mais, pour s'unir à Fricka, Wotan a dû sacrifier un de ses yeux ' ; c'est-à-dire qu'il ne voit qu'un seul aspect des choses, l'aspect conventionnel, utilitaire; Vautre, l'aspect vrai de la libre nature, lui échappe à jamais ^
Pourtant Wotan a aimé Erda la Sagesse éternelle ^ ; il a fait effort vers l'intelligence ; aussi conserve-t-il comme un souvenir, une vague intuition d'un ordre de choses supérieur * où le mariage, par exemple, ne serait plus réglementé par des lois étabUes par les plus forts en vue de leurs commodités et de leurs intérêts : « Sacrilège, s'écrie-t-il, le serment qui unit deux êtres qui ne s'aiment point ! " »> Fricka se voile la face, déclarant qu'envers et contre tous elle défendra les justes noces.
La scène serait comique si le redoutable problème qu'agitent les deux époux n'était, au fond, celui de l'amour libre, thèse chère à plus d'un réformateur, dont nous trouverons, du reste, au cours de ce poème, une réfutation inattendue.
Et non seulement la hiérarchie sociale, les lois, la propriété, le mariage seront modifiés, transformés par la Révolution ; l'ordre reUgieux lui-même sera renversé et détruit. Wagner inscrit en tête de la dernière partie de la
lois. Ils avaient en particulier interdit le mariage entre frère et sœur. On comprend dès lors le cas choisi par Wagner pour symboliser la réaj tion de la nature contre la loi.
1. R., p. 22. — G., p. 6 représente, au contraire, le mythe prii^itif.
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Tétralogie ce titre significatif: Crépuscule desdieuxK Jusqne-là le Dieu de AVagner, l)icn que conçu de façon un peu vague comme « le Dieu de la joie et du bonheur, le Dieu qui a créé la musique^ », reste néanmoins distinct du monde, conscient, personnel ; mais — on reconnaît là l'influence de l'école hégélienne et des théories de Feuerbach ^ — il ne tarde pas à se confondre avec la force éternellement créatrice de la nature, qui trouve dans l'homme son expression suprême.
Wotan, le maître des dieux, disparaîtra, et avec lui toute la cour céleste : à Thommc désormais appartiendra la domination du monde, à « l'homme libre, fort et noble, tel que la nature l'a fait * ». Siegfried, resplendissant de jeunesse et de force, symbolise l'humanité nouvelle. Wotan a pressenti son avènement et l'a prédit à Fricka: « Tu ne comprends que ce qui se passe à l'ordinaire, mais ma pensée se porte sur ce qui ne s'est jamais vu. Écoute : ce que les dieux ne peuvent faire, ce qui m'est impossible à moimême, il Paccomplira, le héros dégagé de toute protection divine, affranchi de la dépendance des dieux M » A sa fille Brunnhilde il tient le même langage, et salue d'avance le héros absolument libre qui ne s'est jamais incliné devant la puissance divine, agit avec une pleine spontanéité et « se crée lui-même ^. » i
Voyez Siegfried s'élancer dans la forêt, brandissant le glaive qu'il a forgé de ses propres mains : « Rien ne me retient, s'écrie-t-il, rien ne me He.... Je n'ai ni patrie, ni maison, ni biens ; je n'ai reçu que mon corps, et je l'use à la peine ! Je n'ai qu'une épée et c'est moi qui l'ai faite'' ! »
1. L'expression est empruntée à YEdda. Mais dans VEdda, le crépuscule est suivi de la renaissance de certains dieux ; pour Wagner, 17mmanité doit remplacer toute divinité.