‹ Tétralogie, Tristan et Iseult, Parsifal [microform]Chapitre 18 sur 42 · R., tout le commencement de la 2« scène, et p · texte numérisé non relu

R., tout le commencement de la 2« scène, et p

2. « An allem was war, istund wird, frevelst, Ewiger, du ! » R., p. 59. Ces paroles sont adressées à Wotan par Alberich à l'occasion du rapt de la bague, mais ce vol se lie d'une manière indissoluble à l'épisode de Freïa p. 20, 36. . . Cf. du reste l'apostrophe de Brûnnhilde aux dieux : «« Erschaut eure ewige Schuld ! >) G. p. 83.

— sales « traités » factices, les lois qui protègent ses jouissances égoïstes, le mal et la douleur sont au cœur des choses. Désormais, l'être qui obéira à sa nature viendra se heurter à la loi et en deviendra la victime. Wotan en a fait de bonne heure la douloureuse expérience : il a tressailli de joie en voyant Sieglindect Siegmund s'aimer de l'amour vrai qu'inspire la nature ; de la libre et joyeuse union de ces deux forces issues directement de lui-même, il espérait voir jaillir une force, une vie plus intense ; mais l'impassible BYicka lui rappelle les exigences de l'ordre établi : et voilà Wotan réduit à l'affreuse nécessité d'ordonner la mort de Siegmund !

Comme il comprend alors sa faute ! Comme il regrette amèrement d'avoir abdiqué sa liberté ! Comme il voit clairement que l'organisation actuelle des choses est mauvaise dans son principe, qu'il faut changer l'orientation du monde : éclairer l^instinct par l'intelUgence et, de l'égoïsme qui ne sait que piller ou tuer, revenir à l'amour qui donne et vivifie ! Lui qui tremblait jadis à la seule pensée que sa domination pût courir quelques risques, abdique aujourd'hui, de plein gré, ce pouvoir égoïste et criminel. Non seulement il se résigne à sa déchéance, mais il la désire, il l'appelle de tous ses vœux : «Disparais donc, splendeur divine, éclat trompeur ! Ecrouletoi, palais que j'ai bâti ! Mon ouvrage, je l'abandonne ! Je ne réclame plus qu'une seule chose : la fin ! la fin ! *. »

Ainsi, Wagner affirmait à bon droit que la Tétralogie était « l'expression la plus complète de ses vues sur le monde " ». Il y a là, en effet, toute une philosophie qu'on a pu croire inspirée de Schopenhauer. Il faut remarquer cependant que le texte de la Tétralogie parut en 1853 ; or ce n'est qu'en 1854^ que Wagner commença la lecture des ouvrages du philosophe de Francfort. Use prit d'enthousiasme pour des idées qui présentaient avec les siennes de grandes analogies et envoya de suite à Schopenhauer un exemplaire de

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