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pas craint de résister aux ordres de Wotan , où elle a maintenu contre lui Vautre aspect des choses *, le point de vue de la vérité et de la sincérité, et condamné les tergiversations, les lâchetés d'un esprit esclave des conventions intéressées, ce jour-là son intelligence s'est révélée comme conscience morale affirmant l'obligation supérieure de la justice et de la bonté. Yoilà la science suprême que Briinnhilde cherchera à communiquer à Siegfried ^ ; chez lui, dès lors, la conscience s'alhera à la force physique ; l'amour réalisera ainsi dans le jeune héros la parfaite harmonie de Inintelligence et de la volonté.
Mais tout cela se passe ici-bas, en cette vie. Evidemment, une telle foi à la nature, à l'amour, à l'humanité, n'a rien de commun avec le cauchemar pessimiste.
Absorbé dans ses déductions abstraites, Schopenhauer a perdu de vue la réalité ^ S'il avait tiré ses conclusions d'une manière rigoureuse, c'est l'absolu néant qu'il aurait dû proposer comme l'unique rédemption possible. Par une heureuse inconséquence *, il attribue à la négation de la « volonté de vivre » le caractère d'un néant relatifs avouant par là même que cette farouche « volonté de vivre » n'est pas l'essence même de l'être, mais une forme accidentelle, transitoire, impliquant une exagération, une déviation, une déchéance à laquelle des tendances contraires : désintéressement, justice et pitié, peuvent et doivent remédier.
Wagner, par ses propres réflexions, était arrivé à de semblables conclusions. Tout aussi profonde que celle de Schopenhauer, sa théorie est bien plus logique et à la fois plus proche de la réalité. Son âme d'artiste lui donnait de la nature, de sa beauté et de sa bonté, un sentiment trop vif pour qu'il ne découvrît point, sous ses défaillances, ses