‹ Tétralogie, Tristan et Iseult, Parsifal [microform]Chapitre 27 sur 42 · Ibid, p · texte numérisé non relu

Ibid, p

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le jour sournois et prompt à la haine pouvait nous séparer par ses artifices, mais non plus nous tromper par son mensonge. De son vain éclat, de sa lueur hautaine se rient les regards que la nuit a consacrés ; sa vacillante lumière n'aveugle plus nos yeux de ses lueurs passagères. Pour qui a retrouvé avec amour la 7iuit de la mort, pour qui son profond mystère est devenu familier, les mensonges àxxjour, gloire et honneur, puissance et richesse, malgré leur éclat imposant, sont déjà dissipés comme une subtile poussière de soleil... Au milieu des vaines erreurs du jour un seul désir lui reste, une ardente aspiration vers cette nuit sainte, où l'éternelle, l'unique vérité, la volupté d'aimer lui sourit * ! »

Et voici que tout à coup, au milieu d'une analyse presque réaliste de la passion ^ surgit, dégagée de tout symbole, l'idée métaphysique : « Le monde et ses fascinations pàUssent, s'écrie Tristan ; et cest moi-m^m!è qui suis le monde ^ »

On reconnaît ici la théorie individualiste de Schopenhauer: « Le monde est ma représentation'' », une construction de ma sensibilité, de ma pensée consciente ; que ma conscience s'évanouisse, et le monde disparaît.

Dès lors nous saisissons la signification exacte des symboles du jour et de la nuit : la conscience psychologique, la pensée avec ses formes représentatives, voilà le jour et ses illusions ; la nuit^ au contraire, c'est la suppression de la conscience et, par suite, des apparences sensibles et de la personnaUté. L'oubli des choses extérieures et de l'individualité propre, l'amour le procure, mais c'est un oubU momentané ; à la mort disparaissent définitivement ces illusions : représentations sensibles, divisions du temps et de l'espace, séparation des personnalités ; seule subsiste l'extase d'amour, sans limites et sans fin.

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