CHAPITRE VI
On s'est demandé souvent si l'auteur de Parsifal n'avait pas puisé son inspiration aux sources les plus pures de la piété chrétienne, si son âme n'était point remplie d'un enthousiasme ardent, d'une foi vive envers la divine merveille mystique : l'Eucharistie.
Seules, en effet, les cérémonies les plus touchantes ou les plus imposantes du culte chrétien : une première communion, une ordination, peuvent procurer des émotions pareilles à celles qu'éprouvent les auditeurs de ce drame incomparable.
Volontiers, il est vrai, nous dirions, avec M. Ernst% qu'il est une chose plus belle encore que Parsifal, « c'est n'importe quelle messe basse dans n'importe quelle église » ; mais le culte « en esprit et vérité » ne convient pas au théâtre, où l'artiste ne peut traduire les croyances intimes que par des effets scéniques.
Wagner aurait-il donc, dans cette œuvre sublime, fait un acte de foi à la doctrine catholique ou luthérienne relative à l'Eucharistie ? Nous ne le pensons point et souscrivons au jugement de M. Chamberlain : a Pam/a/ n'est pas la glorification d'un dogme reUgieux^ ». Mais nous ne saurions admettre les paroles qui suivent : « II n'y a pas plus
1. Pour l'analyse de Parsifal, outre les ouvrages précédemment cités de Mendès, Ernst, Kufferath, Saint-Auban, nous renvoyons à Tintéressant chapitre de M. Schuré dans le Drame musical (2 vol. Perrin) tome II, p. 291. Une bonne traduction littérale de Parsifal, par Judith Gautier, vient de paraître chex Armand Colin.