Revue Wagnérienne, 2« année, p
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de christianisme dans Parsifal qu'il n'y a de paganisme dans le Ring^ et dans Tristan ». Pour défendre cette étrange affirmation, l'auteur s'appuie principalement sur un argument historique : « Ces trois œuvres, ajoute-t-il, sont contemporaines ; Wagner y travaillait simultanément ; elles sont reliées entre elles par de nombreux liens de conception et forment pour nous, comme elles formèrent dans la pensée du Maître, un tout. »
Wagner, en effet, avait tracé en 1855 une esquisse du texte de Tristan qu'il compléta deux ans plus tard, au moment où il composait la musique de la Walkyrie et de Siegfried. Parsifal le préoccupait dès la même époque (1855), et en 186/i, sur le désir du roi Louis II, il établissait le projet définitif de ce drame, qu'il paracheva en 1877.
Mais il ne faut pas que ces dates considérées à part, abstraction faite du travail qui s'opérait dans l'esprit de Wagner, nous fassent illusion. Deux années seulement, par exemple, s'écoulèrent entre l'achèvement de la Tétralogie et la première ébauche de Tristan^ et pourtant il y a une différence aussi tranchée entre le joyeux Siegfried^ et le morose Tristan qu'entre le jour et la nuit: c'est que, pendant ces deux années, Wagner, comme nous l'avons expliqué, était devenu disciple de Schopenhauer.
Et de même qu'il y eut, pour ainsi dire, deux Schopenhauer, celui du Monde comme volonté et représentation où la rédemption par Tart et la morale n'apparaît que comme une heureuse inconséquence, et celui des Suppléments où les exagérations sont corrigées, et où l'on peut désormais fonder une doctrine positive, pratique, de même il y eut aussi pour Wagner deux manières de concevoir le système du philosophe. Son attention se porta successivement sur la partie négative, puis sur la ^m'ÛQ: positive de la théorie ; de là ce que M. (Chamberlain appelle lui-même