‹ Tétralogie, Tristan et Iseult, Parsifal [microform]Chapitre 35 sur 42 · Jbid., p · texte numérisé non relu

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l'humanité, sans penser que le rôle de l'homme est précisément de « réparer avec conscience le mal qui résulte de l'aveugle volonté qui forme le monde * » .

Mais, qu'on ne l'oublie pas, « toute incitation et toute force rendant possible la réalisation de la grande régénération ne peut croître que sur le fond d'une véritable religion S . Ce que Wagner entend par « une véritable religion », il l'explique dans les dernières pages. C'est « l'âme de la religion » dégagée de toute allégorie et de tout appareil théàtraP; et cette âme, c'est le divin sentiment de la pitié, de la charité.

Il ne s'agit plus, on le voit, de la moralité indépendante^ purement humaine, de la Tétralogie ; la pitié est vraiment un sentiment religieux^ dont la pratique n'est plus isolée de l'imitation du divin modèle. « Reconnaissons, conclutWagner, ayant dans notre cœur la pensée du Rédempteur, que ce n'est point par leurs actions, mais par leurs souffrances, que les hommes du passé nous tiennent de près et sont dignes d'occuper notre pensée, que notre intérêt doit se porter sur le héros vaincu, non sur le vainqueur. Si la condition résultant d'une régénération de l'espèce humaine peut encore se former par la force d'une conscience tranquillisée, toujours dans la nature qui nous entoure, dans la puissance des éléments, dans les manifestations de la volonté qui apparaissent au-dessous et à côté de nous, dans la mer et dans les déserts, dans l'insecte même, dans le ver que nous écrasons sans le voir, toujours nous aurons le sentiment du tragique de cette vie du monde, et toujours nous lèverons les yeux vers le Rédempteur cloué sur la croix comme vers notre suprême et plus noble refuge *. »

1. Ibid. p. 846 — Nous expliquerions ainsi dans Parsifal le symbolisme de la lance qui blesse ou qui guérit : c'est la même volonté qui nous torture par le désir et qui nous délivre en se niant elle-même.

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