‹ Tétralogie, Tristan et Iseult, Parsifal [microform]Chapitre 39 sur 42 · Durch Mitleid wissend, der reine Thor · texte numérisé non relu

Durch Mitleid wissend, der reine Thor

2. On pourrait rapprocher de celte charité aveugle la foi aveugle que Lohengrin, par exemple, exige de Eisa. C'est la même exagération, venant, croyons-nous, de ce que Wagner admettait, relativement à la volonté humaine, le déterminisme de Luther, de Hégel et de Schopenhauer. Etre libre, pour lui, c'est ne pas subir de contrainte extérieure et obéir à la « nécessité intérieure » de sa nature (Cfr. lettre à Uhlig du 19 janvier 4849, citée par C Benoît dans Musiciens, etc. . p. 17). De là le caractère presque impulsif de plusieurs de ses personnages. La doctrine catholique, au contraire, n'a jamais anéanti le libre arbitre devant la grâce, l'intelligence devant la foi, pas plus qu'elle n'a absorbé le monde en Dieu, l'individu dans le Tout, comme cela a lieu dans la plupart des systèmes philosophiques.

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est méchant parce qu'il est ignorant, il ne faut pas tomber dans l'excès opposé et s'imaginer qu'on guérira la méchanceté sans remédier à l'ignorance. Wagner a eu tort d'incarner ce dernier paradoxe en Parsifal. Quelle différence avec le Christ de l'Évangile ! Jésus est « plein de miséricorde », il est aussi « plein de vérité »; il est « l'Agneau de Dieu », mais aussi « la lumière du monde ». Le « fou pur », c'est l'ascète de l'Orient, perdu dans ses rêveries stériles et ne songeant même pas à construire un hospice ou une école. L'homme vraiment charitable, c'est Vincent de Paul joignant à une compassion inépuisable le don d'initiative, la prudence, le sens pratique et tous les talents d'un organisateur et d'un administrateur habile.

Notre profonde admiration pour Parsifal ne nous empêche donc point de regretter, par exemple, que dans la scène des Filles-fleurs, Parsifal fasse preuve d'une véritable niai- . série.

Nous n'en dirions pas autant de l'épisode de sa tentation par Kundry, et ne saurions approuver ici les critiques de M. Schuré, qui s'étonne de ce <( qu'un niais pénètre d'un seul coup toutes les profondeurs de la religion et de la philosophie parce qu'une femme a posé ses lèvres sur les siennes* ». Cette appréciation nous étonne d'autant plus que M. Schuré a parfaitement analysé ce qui se passe dans l'âme de Parsifal au moment où il reçoit les caresses de Kundrv. « Les flèches du désir, dit-il très bien, lui révèlent instantanément la profondeur du mal dont souffre le roi déchu du GraaP. La volupté mère des douleurs lui révèle toute là douleur humaine. Tous ces êtres qui croient jouir, comme ils souffrent, comme ils crient après la rédemption ^ ! » Mais si le trouble du désir paraît évoquer subitement le souvenir des tortures d'Amfortas, l'instantanéité n'est qu'apparente .

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