‹ Tétralogie, Tristan et Iseult, Parsifal [microform]Chapitre 9 sur 42 · Lettre sur la musique, p . LVIII · texte numérisé non relu

Lettre sur la musique, p . LVIII

2. Le monde comme volonté et comme représentation {iTtiA. Burdeau, Alcan), 1. III, §36.

3. Ihid. §34. — Wagner, avant d'avoir lu Schopenhauer définissait déjà le poëte : « celui qui pénètre l'inconscient » : « Der Dichter ist nun aber der Wissende des Unbewussten, der absichlliche Darsteller des Unwillkûrlichen ». Oper iind Brama (1851) ; G. S. t. IVj p. 128.

logiques de l'entendement ; qu'on puisse, par suite, sentiï^ plus qu'on ne saurait penser et dire ; que la musique offre, sous ce rapport, des moyens d'expression d'une incomparable puissance ; que le tempérament germanique, enfin, soit plus rêveur, plus contemplatif que le tempérament gaulois, nous n'avons garde d'y contredire ; mais il y a loin de là au mystère du monde « devenu si intelligible et si clair » !

Wagner, f^ependant, revient souvent sur cette idée * ; il appelle la musique « le plus surhumain de tous les arts, une seconde manifestation du monde, une révélation par les sons du mystère de l'existence ^ » ; elle ne représente pas les idées contenues dans l'apparence du monde, mais « elle est elle-même une idée du monde et une idée qui le renferme tout entier ^ » .

Nous retrouvons ici la pure doctrine de Schopenhauer*. De tels passages permettent bien, ce semble, de saisir le point précis où la pensée de Wagner dévie et tombe dans l'illusion.

Que la musique, avec ses lois propres et ses modes indéfiniment variés, soit comme un monde à part, nous ne le nierons point ; mais ici encore, gardons-nous de prendre une métaphore pour une réalité. Composée de sons, la musique est partie intégrante du monde phénoménal. Par les sentiments qu'elle traduit, elle est sans doute la manifestation d'un ordre de choses différent des phénomènes joAy^zç'?/^^;

1. Glaube mir, des Menschen wahrster Wahn wird ihm im Traume aufgethan :

ail' Dichtkunst und Poeterei

isl nichts als Wahrtraum-Deuterei, répond Hans Sachs à Wallher, au troisième acte des Maîtres-chanteurs. — Voir plus loin, dans le chapitre sur la Tétralogie, § % ce qui est dit de Erda et de son « rêve pensant » .

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