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Couleur. ■ En pleine mer

l'eau esl bleu foncé; elle passe au vert tendre à mesure que la profondeur diminue. On remarque cependant quelques exceptions. Ainsi, la Méditerranée orientale est souvent pourpre; le golfe de Californie s'appelle aussi mer Vermeille, parce qu'il présente cette nuance; l'océan Atlantique prend quelquefois une teinte rougeâtre vers l'embouchure de la Plata ; le golfe de Guinée est souvent blanchâtre ; près des îles Maldives, la mer devient quelquefois noire; enfin, la mer Jaune doit son nom aux apports boueux des grands fleuves qui s'y déversent et qui la colorent. Par contre, la mer Rouyc mérite peu le sien, car elle est aussi bleue que l'Océan ; on pense que cette dénomination vient d'une algue rouge microscopique que cette mer rejette en grande quantité le long des côtes. Quoi qu'il en soit, ces colorations diverses de la mer sont dues, le plus souvent, à la présence éventuelle de myriades d'animalcules.

1941. — Température. — Brise île mer. — Brise de terre. — La température de la mer est à peu près celle de l'air, avec ces restrictions que les courants élèvent ou abaissent cette température, suivant qu'ils sont chauds ou froids, et que la température de la mer est plus constante que celle de l'air. L'eau est, en effet, un mauvais conducteur de la chaleur; elle s'échauffe donc plus lentement que l'air, mais elle se refroidit aussi moins vite : c'est pourquoi la mer parait plus froide à midi, plus chaude à minuit que l'atmosphère. C'est pour cela aussi que la brise de mer souffle le jour, la brise de terre la nuit. En effet, pendant le jour, l'air plus chaud de la côte s'élève dans l'atmosphère et forme appel d'air, l'inverse se produit pendant la nuit.

La température de l'Océan est plus élevée à la surface qu'au fond, où le thermomètre marque 0° (glace fondante). Cela tient à la fois à l'apport de l'eau glacée par les courants polaires et à la salure de l'eau (l'eau salée tend à se contracter jusqu'au point de congélation),

195. — Végétaux et animaux marins. — La végétation de l'Océan est assez pauvre, en raison du peu d'élévation de sa température; elle consiste surtout en algues, dont les amas sont parfois si considérables qu'ils couvrent une immense étendue appelée pour ce fait mer des Sargasses. D'ailleurs, les plantes marines ne s'accommodent pas de toutes les profondeurs ; certaines ne croissent qu'à la surface ou peu au-dessous, d'autres, au contraire, tapissent les profondeurs. La vie animale est extrêmement développée à toutes les profondeurs et par toutes les températures. Combien de milliers d'individus vivent du produit de la pêche maritime! Sans compter les énormes cétacés et les espèces innombrables de poissons, de coquillages et d'êtres encore inférieurs, il existe des milliards d'animalcules imperceptibles dont les restes constituent des terrains sédimentaires particuliers, au fond de l'Océan.

19Ô. — Mouvements de l'Océan.

— L'Océan est presque toujours agité, sa surface est sillonnée de rides <*t de vagues

produites par le vent et les marées; enfin il existe de grands courants maritimes.

19'ï. — lies vagues. — Lèvent forme, à la surface de la mer, des vagues que les marins appellent lames, en raison de la forme de leur crête, quand elles sont longues et régulières. Leur hauteur dépasserarement neuf mètres, dans les plus gros temps. Cependant, sur la côte et contre un obstacle, un phare, une falaise, les vagues atteignent quelquefois, en se brisant, des hauteurs et une force considérables. On en a observé, paraît-il, de plus de 100 mètres. On dit que la mer est houleuse, quand les vagues de force moyenne se succèdent régulièrement.

L'effet des vagues est de ronger les côtes, en sapant les falaises par leur base. Les vagues produisent sur les navires le roulis et le tangage. Le roulis est un mouvement de balancement dans le sens de la largeur; le tangage, un mouvement analogue dans le sens de la longueur.

198. — lies marées. — Les marées sont produites par l'attraction de la lune et du soleil sur notre planète. Sous cette influence, deux fois par jour, l'Océan élève son niveau et envahit les côtes (c'est la marée montante ou flux) ; puis le niveau s'abaisse progressivement (c'est la marée descendante, reflux ou jusant). Ce mouvement se traduit par des vagues. Aux embouchures des fleuves, le flot de la marée renverse le courant habituel jusqu'à une certaine distance, en produisant une vague dite barre ou mascaret.

Le phénomène ce la marée a une grande importance au point de vue commercial.

Sans lui, certains ports envasés ou peu profonds seraient inaccessibles: les gros navires sont obligés d'attendre le flux pour entrer ou sortir. De même pour les fleuves, la marée les rend navigables sur un plus long parcours; c'est à ce fait que Londres, Rouen, Nantes, Bordeaux ont dû leur prospérité.

Les mers intérieures ne sont pas soumises à la marée.

199. — lies vents alizés. — lies moussons. — Les vents ont leur origine dans la différence de température des régions équatoriales et polaires.

Sous l'influence d'un soleil brûlant, l'air s'échauffe à l'équateur, s'élève et forme un courant ascensionnel d'où il résulte un appel d'air à la surface du globe. L'air froid plus pesant des pôles s'écoule alors dans la direction de l'équateur. Si donc la terre était immobile et unie, il existerait des courants d'air, c'est-à-dire des vents permanents, des pôles vers l'équateur. Le mouvement de rotation du globe infléchit la direction de ces vents, de sorte que ceux du nord soufflent, en réalité, du nord-est, et ceux du sud, du sud-est.

Ces vents portent le nom d'alizés (du vieux mot français alis,égal). Les Anglais les appellent trade winds (vents de commerce) parce qu'ils facilitent la navigation.

L'alizé nord-est règne dans Y Atlantique et le Pacifique entre les (.)° et 26° de latitude nord. Il est, plus stable dans le premier de ces deux océans, mais il est moins constant et moins fort que l'alizé sud-est.

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