PENINSULE DES BALKANS
(Questionnaire, page 75, — Carte et résumé, page 76).
Salonique, par la Bosna, la haute Drina, Ylbar (affluent de la Morava) et le Vardar. La voie ferrée s'arrête à Bosna-Serai d'un côté, à ilitrovitza de l'autre.
Par l'occupation du sandjak de Novibazar, l'Autriche lient aujourd'hui cette grande voie de communication.
3 1 9. — lies races «le la péninsule.
— Les Turcs d'aujourd'hui sont les descendants dégénérés de cette race, venue d'Asie, qui conquit l'empire d'Orient au xve siècle.
Très peu nombreux (2 millions), ils opprimaient des populations très diverses, slaves et grecques, cinq ou six fois supérieures en nombre, qui devaient tôt ou tard recouvrer leur indépendance.
Les populations de race ou de langue slave forment la majorité, le tiers environ. On peut ranger, dans cette catégorie, les Serbes, les Albanais et les Bulgares.
Les slaves de famille serbe occupent la Serbie, la Bosnie, VHcrzégovine et le Monténégro.
Les Albanais sont un peuple à moitié sauvage et très énergique qui occupe une partie de l'ancienne lllyrie et toute l'ancienne Epire.
Les Bulgares forment une population agricole, pacifique, vigoureuse et sobre.
Enfin les Grecs sont la nation la plus vive, la plus intelligente et la plus active de la péninsule.
380. — lia question d'Orient. — L'admirable situation de la Turquie à l'extrémité de l'Europe, avec laquelle elle est
reliée par un fleuve accessible aux plus gros navires, à proximité de l'Asie et de l'Egypte, au centre de la Méditerranée, a excité les convoitises des grands États de l'Europe.
D'autre part, l'inertie des Turcs qui s'opposent, soit par une résistance avouée, soit par une sage lenteur, à tous les changeants administratifs ou matériels que réclame la civilisation, le désordre de Y administration, Y intérêt des populations chrétiennes opprimées, enfin des dettes dont les finances sont obérées, fournissent autant de prétextes à l'ingérence des puissances dans les affaires de ce pays.
La Russie convoite Gonstantinople qui doit lui ouvrir les portes de la Méditerranée ; — l'Autriche cherche à atteindre Salonique, pour se rapprocher du Levant et du canal de Suez; — l'Angleterre, qui tient la Méditerranée par Gibraltar, Malte, Chypre et l'Egypte ; l'Italie, qui prétend à une grande influence sur cette mer, voient d'un mauvais œil les efforts de ces deux puissances; l'Angleterre cherche à retarder un dénouement qui doit lui être fatal, en soutenant tantôt la Turquie, tantôt la Bulgarie qu'elle excite contre la Russie, sa libératrice. — L'Allemagne essaie de tirer parti des difficultés présentes, au mieux de sa politique continentale.
Le rôle de la France, dans cette question, est de marcher de concert avec la Russie, dont les succès ne peuvent que nuire à l'Allemagne et à l'Angleterre.
TURQ
3181. — Régions turques. — L'empire Ottoman ne comprend plus en Europe que 3 régions : la Roumélie, la Macédoine et l'Albanie. La guerre turco-russe (1877-78) a assuré l'indépendance complète du Monténégro, de la Serbie et de la Roumanie, a créé la principauté tributaire de la Bulgarie, à laquelle la révolution de 1885 a réuni la province autonome de Roumélie orientale.
En 189S-96, des grandes puissances européennes durent intervenir dans le conflit produit par la révolte des Cretois contre les musulmans. Sans accorder l'annexion de l'ile à la Grèce que réclamaient les insurgés, elles proclamèrent l'autonomie de la Crète, comme principauté vassale de la Turquie.