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Caractère de la région

A partir de l'Oural, au nord de la mer Caspienne et de la mer d'Aral, s'étendent les steppes des Kirghiz.

A l'est de la mer Caspienne, on remarque le plateau d'Oust-Ourt (entre Caspienne et mer d'Aral), plus au sud le désert de Kara- Koum, enfin celui de Kizil-Koum, entre les deux Daria. Ces vastes étendues sont couvertes de neige en hiver et deviennent brûlantes sous le soleil d'été.

Tel est le résultat d'une évaporation intense qui fait d'ailleurs baisser le niveau des deux mers et des petits lacs de ces régions.

L'effet de cette évaporation n'est pas très sensible à l'ouest de la Caspienne où se déversent le Volga et les autres fleuves russes. Mais à l'est, les montagnes sont trop éloi-

(1) Celte dénomination semble impropre, car les steppes des Kirghiz et le Turkestan russe ne sont pas au centre de l'Asie. Ou peut y voir du moins l'intention des Russes de se tailler un domaine dans ce centre; la lieutenance actuelle de l'Asie centrale n'est pour eux que le noyau de leurs possessions futures.

gnées, les cours d'eau arrivent appauvris dans la plaine et quelques-uns même se perdent dans le sable. C'est ainsi que le Syr- Daria (ancien Juxarte), tributaire de la Caspienne à l'époque romaine, s'arrête aujourd'hui à la mer d'Aral. Son ancien lit est jalonné, au nord de l'Oust-Ourt, par des lagunes et flaques d'eau qui forment des oasis.

De même pour l'Amou-Daria (Oxas) : son ancien lit est encore aujourd'hui une vallée verdoyante dans le désert.

351. — JLa conquête russe. — C'est à Pierre le Grand que l'emontent les premières tentatives, d'ailleurs infructueuses, des Russes vers l'Asie centrale. Khiva était l'objectif; mais cette oasis était trop bien protégée par le désert.

Ils ne se rebutèrent pas et, procédant avec méthode, cherchèrent d'abord à se créer une solide base d'opérations sur le Syr-Daria, en jalonnant la route de postes fortifiés, occupés par des sotnias de cosaques qui défrichaient les terres, creusaient des puits et créaient

de véritables oasis pour le ravitaillement des colonnes.

Maîtres du Syr-Daria en 1805, avec Petrovsk, Turkestan et Tachkend, les Russes s'emparèrent de Samarkand dans la fertile vallée du Zérafchan; puis, partant de l'est, du nord-ouest et de l'ouest, ils réduisirent à l'obéissance, en 1873, le khan de Khiva, auquel ils laissèrent cependant un semblant d'indépendance, ainsi qu'au khan de Boukhara.

Quelques années après, en 1876, une insurrection des Turcomans donna aux Russes l'occasion de s'emparer du khanat de Khokand, ce qui porta leur domination jusqu'au pied du plateau de Pamir.

Un incident de même nature leur avait permis de mettre, plus au nord, en 1871, la main sur Kouldja, dans l'une des plus riches régions de l'Asie centrale; mais, dix ans après, ils rendirent ce territoire à la Chine, moyennant de grands avantages politiques et commerciaux.

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