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France portaient qu'après de longs malheurs l'empereur Napoléon prendrait les rênes du gouvernement et la sauverait de la destruction dont elle était menacée; que les beaux-arts, sortis de leurs tombeaux, retrouveraient sous son règne une existence nouvelle; que les édifices publics sortiraient de leurs ruines, que des monuments de gloire, des travaux utiles entrepris et exécutés avec la rapidité de la pensée s’élèveraient en même temps sur tous les points de l'Empire.
L'empereur Napoléon voulut que le Louvre, à la construction duquel sept rois avaient successivement concouru pendant l’espace de trois siècles, fût achevé et réuni au palais des
Tuileries; que, sans s'arrêter à des discussions vaines ou à des considérations de petits intérêts,
les deux monuments formassent l’ensemble du palais qu'il doit habiter à l'avenir. On vit aussitôt disparaitre les constructions étrangères qui pouvaient nuire aux dispositions nouvelles et des murailles s’élevèrent bientôt sur les décombres de celles que le temps ou les occupants avaient presque détruites avant même qu’elles eussent été achevées.
Le palais du Louvre présentait, à l’époque où l’empereur Napoléon en ordonna le rétablissement, la forme d’un grand parallélogramme entouré de quatre corps de bâtiments dont la décoration avait été exécutée sur deux systèmes différents; la partie la plus ancienne, celle qui se trouve au couchant, avec l’aile du côté du midi et une partie de celle du nord, avaient été élevées conformément à la pensée de Pierre Lescot; cet architecte avait voulu que le rez-dechaussée et le premier étage fussent décorés extérieurement de deux ordres d'architecture et d’un attiqué qui formait un second étage avec un grand comble au-dessus; des avant-Corps couronnés par des frontons indiquaient les milieux ainsi que les angles des facades et lais-
saient entre eux des terrass
s qui servaient de balcons pour les appartements du premier étage.
Lemercier, qui se conforma à la pensée de Lescot, avait élevé au centre de la partie du couchant un pavillon principal couvert d’un dôme pour indiquer l'entrée de lédifice; il Pavait orné de cariatides et de sculptures dont la composition pouvait être blamée, mais dont l’exécution était admirée, et avait commencé les dispositions des vestibules d'entrée sur les quatre faces de la cour.
Le Bernin avait présenté un projet dont l’exécution aurait entièrement changé la forme du Louvre : il détruisait tout ce qui était fait alors; on n'avait pu se déterminer à perdre, en admettant ce parti, le fruit de tant de dépenses et surtout les belles sculptures qui décorent les facades de la cour. On avait rejeté un plan qui avait, il est vrai, une apparence de grandeur, mais dont la conception s’accordait mal avec toutes les convenances.
Le Bernin s'étant retiré, le projet de Perrault avait été adopté. Cet architecte, entrainé par les vues de magnificence que le monarque avait indiquées, sacrifiait tout à la colonnade dont on avait admiré la décoration, mais son projet ne convenait pas plus au Louvre qu’à un autre
édifice; il était l'ouvrage du génie et non celui du raisonnement. Deux portiques ou péristyles
ornés de colonnes accouplées sur un soubassement très élevé se trouvaient séparés au premier étage par l'avant-corps du milieu et par la principale entrée de l'édifice; ils n'avaient de
communication qu'au moyen d’un petit couloir de dégagement; les appartements adossés à
cette facade ne pouvaient jouir des péristyles, les divisions des entre-colonnements ne « cordaïent en rien avec les distributions intérieures, les hauteurs des colonnes et de l’entable-
ment ne répondaient pas à celles des façades; ce défaut de concordance obligeait à détruire
l’attique ancien pour y substituer un troisième ordre qui convenait mal aux proportions de
l'ensemble général; enfin tout était sacrifié à la grande colonnade. La
aille des pavillons d’angles avait donné le moyen de doubler en épaisseur le corps de bâtiment du côté de la
rivière, mais les divisions de la facade ne répondaient pas à celles de l’intérieur et le rélargis-