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sement que cette saillie faisait obtenir n’était pas suffisant pour procurer les couloirs et les communications nécessaires au service.
Perrault avait annoncé qu'il conserverait tout ce qui avait été fait avant lui, mais il parait que son seul but a été d'élever la facade de la colonnade et celle en retour du côté de la rivière, sans s'occuper de ce à quoi cette disposition devait entrainer; on pourrait assurer que s'étant apercu après coup que les croisées qui avaient été observées dans les entre-colonnements sur le fond du péristyle ne répondaient pas à celles de la façade extérieure, il avait pris le parti de les fermer et d’en faire des niches; cet arrangement rendait le péristyle entièrement nul pour les appartements. On reconnaitra facilement que cet architecté, plus habile en théorie qu’en pratique, avait souvent oublié les convenances pour ne s'occuper que de l’apparence; il mit une recherche minutieuse dans l'appareil et dans la pose des pierres et il négligea de choisir les matériaux convenables aux places qu'ils devaient occuper; il ne prévit pas dans la construction l'effet du refouillement des platesbandes, ni les renfoncements des soffites, et lorsque les ragréments furent terminés, les fers pendants des chaines s'étaient trouvés à découvert ou tellement voisins des surfaces qu’en se rouillant ils avaient fait éclater une grande partie des claveaux Il semble enfin que Perrault n'avait travaillé que pour se faire une réputation, sans penser à ce qui pouvait résulter de son inexpérience, et l’on pourrait ajouter que le Louvre aurait été achevé si, profitant avec adresse de tout ce qui était fait alors, cet architecte ne s'était pas laissé entrainer par le désir d'élever un palais nouveau et s’il n’eût pas entrepris un travail qui obligeait à détruire une grande partie des constructions faites avant lui.
On voit par l'exposé ci-dessus que pour terminer le Louvre et faire de cet édifice un monument digne de sa haute réputation, il fallait avant toute chose décider si lon suivrait le plan ancien ou si l’on s’accorderait avec les parties exécutées sous Louis XIV, sans avoir égard aux constructions antérieures. Dans l’un ou l’autre cas on avait quelque chose à détruire; conserver l’ancien plan, forçait à supprimer le troisième ordre élevé sur un tiers des bâtiments au pourtour de la cour; ce parti présentait d’ailleurs la difficulté presque insurmontable de faire accorder la décoration intérieure avec celle de la colonnade. Achever le Louvre en entier
selon le nouveau plan, obligeait à démolir l’attique qui existait sur les façades au couchant et
au midi, et on perdait ainsi les belles sculptures dont il est orné; il restait encore après ces premières difficultés celle qui paraissait être la plus grande de toutes, celle enfin de réunir ce palais à celui des Tuileries et de cacher les défauts d’alignement et de parallélisme qui existent dans leur position respective. Nous rendrons compte plus loin des moyens qui sont employés pour cette réunion.
L’achèvement du Louvre a donc été ordonné et entrepris ainsi qu'il suit :
Premièrement, ona conservé dans
son entier, sans rien changer à sa décoration, toute la facade du pavillon de l’'Horloge, au couchant, dans la cour, en le considérant comme la portion ancienne de l'édifice, comme l’ancien Louvre, dont on se faisait un devoir de conserver la forme.
Secondement, on a rendu les trois autres faces régulières en suivant le plan de Perrault ; cette disposition ne forcait à détruire que deux frontons sculptés dont les ornements et les figures ont été replacés sur les pignons des vestibules de la colonnade comme on le verra par la planche 38 du numéro suivant.
Par ce > dl lintemeutdelacoamdunl . nsemble quina pas ar ce moyen on a donné à l'intérieur de la cour du Louvre un ensemble qui na Pa
entrainé à de grandes démolitions et on a conservé des ouvrages que les amis des arts auraient eu peine à voir détruire. Les distributions intérieures ont été faites selon le même système,
partout on s’est attaché à mettre à profit les choses faites, à ne détruire aucune muraille
principale et surtout à terminer par le moyen le plus facile et le moins dispendieux cet édifice dont l’entreprise durait depuis plusieurs siècles.
Il sera divisé ainsi qu'il suit : face de la colonnade, grand appartement d'honneur auquel on arrive par les vestibules du rez-de-chaussée et par le grand escalier du pavillon du nord. Face au midi, appartement double pour le Souverain avec pièces publiques formant galerie du côté de la cour; on arrive à l'appartement du côté de celui d'honneur par le grand vesti-
bule à gauche, derrière la colonnade, et l'escalier d'honneur dans le pavillon du midi; et à
celui du côté de la galerie d’Apollon par le vestibule et l'escalier du Musée Napoléon rapportés planche 32, du numéro 6. Face au couchant, chapelle dans le pavillon du milieu, grande galerie de la chapelle (voyez planche 36), salon de la chapelle, salles qui doivent contenir les richesses du garde-meubles de la Couronne, du côté de l'aile du nord; le rez-de-chaussée de cette partie est réservé pour les monnaies, les vases étrusques et autres curiosités historiques ; l’autre côté, ainsi que toutes les salles qui se trouvent sur le jardin de l’Infante, renfermeront les chefs-d’œuvre de sculpture qui composent la collection du Musée Napoléon. Face au nord, contient deux logements de Princes avec leurs dépendances.
Le second étage sera occupé par les personnes attachées au service direct des deux Princes et du Souverain auxquels ce monument est destiné.
Déjà les grosses constructions de ce travail sont achevées, ainsi que la plus grande partie des distributions; on s'occupe maintenant à préparer les décorations intérieures, que l’on se propose de faire connaître à mesure qu'elles s’exécuteront. On a présenté sous le numére 36
une vue de la galerie de la chapelle; quoiqu’elle ne soit pas encore terminée, elle peut servir
à donner un apercu de la richesse future du palais du Louvre.
L'ancien escalier à rampe droite sans noyau à jour, dont nous présentons la vue sous le numéro 37, a été exécuté du temps de Henri Il, d’après les dessins de Lescot et les sculptures sont de Jean Goujon. On ne peut s'empêcher d'admirer la belle ordonnance et l’exécation soignée de ce travail, quoique la disposition d’un escalier entre deux murs, ainsi qu'on les faisait alors, doive paraitre moins magnifique et beaucoup moins commode que celle des escaliers à jour, dont l’œil peut embrasser l'étendue et qui ont en général une apparence plus pompeuse; nous remarquons encore, en rapportant cet ouvrage et même en vantant les beaux plafonds dont il est orné, qu'il y a très peu de cas
dans lesquels il est possible d'admettre ce genre
d'escalier, parce que les demi-révolutions ne donnant pas des hauteurs d’étages el exigeant
sur les
des croisées pour les éclairer, obligent à placer acades des ouvertures qui ne s’accordent pas avec celles des appartements.
On à réuni dans ce numéro les parties qui pouvaient faire connaître l’ancien Louvre; la planche 33 indique la différence des hauteurs qui se trouvent dans les deux modes d’architectures que la discordance précitée entre le travail de Perrault et celui de Lescot à forcé de conserver.
La cheminée qui est au fond de la salle des Gardes, en face de la tribune des Cariatides, planche 35, est décorée de deux statues représentant Flore et Bacchus; les belles sculptures qui décoraient primitivement une cheminée détruite depuis dans la même salle sont de la main de Jean Goujon, ainsi que les belles cariatides de la tribune, planche 34; on a rassemblé dans la décoration de cette salle tout ce que l’on a pu trouver des ouvrages de ce célèbre sculpteur et les ornements ou accessoires qui ont été, ajoutés pour compléter son ensemble ont été tirés ou copiés d’après ce que l’on possède de ce maitre habile. On peut done aujourd’hui nommer la salle des Gardes, autrement dit des Antiques, la salle de Jean Goujon; elle
est destinée à renfermer les chefs-d’œuvre de la sculpture moderne.
UMÉRO