CHAPITRE IV. — FRONTIÈRE DU NORD-EST OÙ B'âLLeMAGKE
Enfin, au-dessous de Trêves, la Moselle reçoit encore la Kyll, dont la vallée étroite et sinueuse trace un véritable sillon entre deux murailles taillées dans TEifel et se resserre de plus en plus vers Tembouchure. Il existe un (?rand nombre de travaux d*art le long de la voie ferrée qui remonte cette rivière et qui rejoint Trêves à Euskirchen et à Cologne; le tunnel le plus long se trouve près de Kyllbourg.
Les canaux qui mettent en relation le bassin du Rhin avec les bassins situés à Touest de son cours, sont : 1® le canal du Rhône au Rhin qui fait communiquer ces deux fleuves par Tintermédiaire de la Saône et du Doubs, il aboutit au Rhin à Huningue et à Strasbourg, il détache des embranchemenLs sur Colmar et sur Soultz {canal de la Bruche) ; 2* le canal de la Marne au Bhin qui coupe les vallées de la Meuse, de la Moselle et de la Sarre, emprunte au passage des Vosges la vallée de la Zorn et aboutit à Strasbourg; 3* le nouveau canal de l'Est qui fait communiquer la Moselle et la f^ône, il part de Touly remonte la Moselle jusqu'à Chavelot, près d*ÉpinaI, franchit les Faucilles au moyen de nombreuses écluses, pas.se à BainSf atteint la Saône à Corre et la suit jusqu'à Port- sur-Saône où elle devient navi- ^ble. Un canal à point de partage non encore achevé réunira directement Flavigny sur la Moselle à Saint- Nicolas~du~Port sur la Meurthe en passant à l'est du plateau de Haye.
DESCRIPTION DU PAYS ENTRE LA MOSELLE ET PARIS
OROGRAPHIE*
Entre le plateau triasique de la Lorraine et Paris, on distingue six crêtes de collines concentriques, qui forment des obstacles plus ou moins sérieux opposés aux invasions ; ce sont : les collines de la Moselle , les Cotes de Meuse, les collines de la rive gauche de la Meuse et les monts du Barrois, l'Argonne, les collines crétacées de la Champagne pouilleuse et la forêt d'Othe, enfin les collines tertiaires de la Brie-Champenoise. Nous allons successivement décrire ces diverses hgnes de hauteurs.
Collines de la Moselle^. — Les Collines de la Moselle commencent aux Faucilles vers les sources de la Meuse, décrivent une ligne brisée dont le saillant enveloppe Nancy et écorne la Seille à Nomény; cette ligne de hauteurs est coupée deux fois par la Moselle : à Pont-Saint- Vincent et à Metz; elle se dirige ensuite au nord jusque dans le Luxembourg où elle
1. Consulter les cartes 21 et 22. \ 2. Consul tet les cartes 21, 22 et 31.
l58 LIVRÉ lî. — Là FRAKGE. - FRONTIÈRES DE f ERRÉ.
rejoint les Ardennes. La crête plus ou moins élevée suivant les points, mais ne dépassant pas 450 mètres, correspond à Textrémité orientale de Tétage inférieur du système oolitique; elle domine les collines situées plus à Tesl qui sont formées par le calcaire à gryphées arquées.
La grande forteresse de Metz est située précisément au point oii la Moselle coupe la ligne de séparation de ces deux terrains. Au nord et au sud de cette ville, les collines de la rive gauche dont les pentes orientales tombent brusquement sur la rivière, forment une ligne continue qui renforce l'obslacle opposé par la Moselle à la marche d*une armée venant de Test. Les hauteurs boisées qui, au sud de Metz, se trouvent sur la rive droite de la Moselle, rive dominante depuis Frouard jusqu'à Jouy-aux-Arches, et qui séparent la Seille de la Moselle, sont des témoins laissés par les eaux à Test de la plaine qu'elles ont nivellée. Le Saint-Biaise qui termine au nord le plateau de MoussoUj forme l'extrémité de cette ligne de collines.
Le plateau de Haye, situé sur la rive droite de la Moselle entre Toul cl Nancy, appartient au même terrain; il est boisé et forme une position militaire très importante pour la défense de la Lorraine.
Le versant occidental des collines de la rive gauche de la Moselle est à peine marqué, il se confond avec l'immense plateau qu'elles terminent et où rien n'arrête la vue, car il n'est coupé que par les ravins au fond desquels coulent les quelques affluents de gauche de la Moselle ; ce pays au nord du Rupt-de-Mad s'appelle la plaine de Voèvre.
La crête des collines de la Moselle est encore boisée sur plusieurs points, on y trouve les forêts des Tillots, de Moyeuvre^ de Punevelle, de Haye et de Saint-Àmond; le versant oriental est souvent planté de vignes; la plaine de l'ouest qui s'étend jusqu'au brusque relèvement formé par les collines de la Meuse, est bien cultivée et renferme d'immenses champs de blés, de belles prairies et de nombreuses forêts.
Au nord, les collines s'éloignent de la Moselle à partir de Thionville et viennent se perdre dans les montagnes du Luxembourg à l'est de la trouée du Tiercelet qui se trouve à la source de l'Alzette.
Monts de la Mease^. — Les Monts de la Mense, hauts de 3 à iOO mètres, bordent la rive droite de cette rivière depuis Neufchàteau jusqu'à Stenay; ils forment l'extrémité de Tétage oolitique moyen ou grand oolite et leurs crêtes dominent à l'est d'une centaine de mètres toute la plaine de l'oolite inférieur. Ils ont, à hauteur de Toul, de Vigneulles et de Verdun une largeur de 12 kilomètres qui se réduit à 5 vis-à-vis de Commercy, aussi plusieurs des routes qui mettent en communication la Lorraine avec la Champagne, c'est-à-dire la Moselle vers Pont-à-Mousson avec la Meuse et