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CHAPITRE IV. — FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE

Petit Morin^ et les forêts de ta montagne de Reims ; dans cette partie, les pentes sont rapides et continues et, en avant du plateau, un certain nombre de pics isolés sont détachés comirie autant de sentinelles ; de plus on pourrait facilement tendre au pied des pentes une vaste inondation au moyen d'un barrage établi à Saint-Prix^ au défilé que franchit le Petit-Morin ; plus au nord se trouvent les immenses forêts de Vertus^ d'Épemay, de Reims;

3° Celle qui est comprise entre Laon et La Fère et qui forme le front nord du massif boisé de Saint-Gobain,

Chacune de ces régions est très propre à fournir aux armées battues sur la frontière une bonne position de retraite, que Fennemi ne pourrait négliger et qu'il devrait attaquer, ce qui Tobligerait à faire une guerre de position.

Les principaux débouchés sont, en partant de la Seine :

La route de Paris à Melun et à Montereau, qui se bifurque sur l'Yonne et ^ur la Seine ;

La route de Paris à Provins, qui se prolonge sur Nogent ou sur Villenauxe ;

La route de Paris à Vitry, par Sézanne;

La route de Paris à Chdlons, parMontmirail et Champaubert, qui débouche à Etoges ;

La route d» la vallée de la Marne, passant à Epemay ;

Les routes de Soissons à Reims et de Soissons à Laon.

Toutes ces routes, ainsi que celles qui les relient, ont joué un rôle très important dans la campagne de 1814.

Une voie ferrée longe la ligne des collines à l'extérieur de l'arc de cercle qu'elles décrivent, tantôt se tenant au pied môme des pentes, tantôt s'en éloignant ; cette situation la rend inutile aussi bien à la défense qu'à l'attaque; elle passe par Montereau, Flamboin, Nogent, Sézanne, Fère-Champenoise, Épemay, Reims, Laon et La Fère. Les voies ferrées qui traversent la ligne des hauteurs de la Brie, suivent les vallées de la Seine, de la Marne, delà Yesle, de VOise; la ligne de Mulhouse passe un peu au-dessous de Provins et débouche sur la Seine à Flamboin; les collines sont encore franchies au nord par la ligne de Paris à Soissons, Laon, Hirson. Une nouvelle li- K'ne va rejoindre Sézanne à Colommiers et à Paris. Les principaux mpuds (le roules et de chemins de fer sur cette ligne ou à proximité sont Moret, Mont^reau, Romilly, Épernay, Reims, Soissons, Laon et Tergnier.

HYDROGRAPHIE

Les cours d*eau qui arrosent le pays que nous venons de décrire au point 1. Connilter les cartes 21 et 22.

im LIVRE II. — LA FRANGE. — FRONTIÈRES DE TERRE.

de vue du relief du sol sont : la Metise depuis sa source jusqu'à Mézières, la Seine et ses affluents en amont de Paris.

La Meuse. — La Meuse descend du plateau de Langres; elle tire son nom du village de Meuse qu'elle baigne à 7 kilomètres au-dessous de sa source. Elle coule jusqu'à Donchery alternativement sur des masses calcaires très épaisses et sur des couches d'argile ferrugineuse ; dans cette partie de son cours, les gués sont nombreux et excellents, car le fond est du calcaire dur. Elle ne peut pas être considérée comme un obstacle sérieux, et, quand on parle de la ligne défensive de la Meuse, on veut désigner les positions militaires des collines qui bordent sa rive droite.

Après avoir coulé au milieu de Toolite inférieur, elle entre à Neufchdteav dans Toolite moyen qu'elle traverse jusqu'à Stenay, où elle retrouve encore l'étage oolitique inférieur avant de se frayer un chemin au nord de Mézières dans le terrain de transition des Ardennes. Ce sont là des points remarquables de son cours. Au-dessous de Neufchâteau, à Bazouilie^ elle se perd et disparaît sur une étendue de trois kilomètres pendant les chaleurs de l'été, par suite des infiltrations du sol. Neafchâteau lui-même est le principal débouché de la Lorraine sur le massif de la Haute-Marne, c'est un nœud de routes et de chemins de fer très important; on y construit un fort d'arrêt. Stenay, qui correspond à un autre changement de terrain, était anciennement une place forte ; ses fortifications ont été deux fois rasées et peut-être Vauban les aurait-il relevées, s'il n'en avait été empêché par le ressentiment de Louis XIV, qui ne pouvait oublier qu'il avait dû aller assiéger cette ville défendue par les Espagnols et qu'elle avait donné refuge aux seigneurs révoltés contre son autorité au temps de la Fronde. Mézières, à l'entrée de la gorge profonde oîi s'engouffre le fleuve entre des rochers schisteux et ardoisiers et qui est limitée à droite et à gauche par des escarpements à pic, est encore une place forte et un nœud de routes et de voies ferrées. On doit la déclasser, mais elle sera remplacée par un fort qui maîtrisera toutes les voies de communication qui s'y croisent.

Les rivières jurassiques émigrent souvent ainsi d'un terrain à un autre, et à ces points correspondent des accidents remarquables : cluses du Jura. barres de la Seine, de TOrnain, de l'Aube, dus du Verdon, perte du Rhône. chute du Rhin, etc,

La voie ferrée qui longe la Meuse esl tracée sur la rive gauche de Commercy à Sedan, ce qui la met à l'abri d'une surprise ou d'un coup de main tenté par l'ennemi et ce qui a par suite de l'importance au point de vue de la défense. La vallée de la Meuse en France forme un étroit couloir de 3W à 400 mètres de large seulement; le fleuve ne reçoit aucun afHuent de quelque importance; le Mouzon, le Vaire^ la Vraine qui convergent vers la

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