CHAPITRE IV. — FRONTIÈRE DU NORD-EST OU D^ALLEMAGNE
nord et au sud des Faucilles. Au point de vue hydrographique, le plateau de Langres est le point de départ de très nombreux cours d*eau; c'est sur ^oû versant nord que prennent naissance les principaux affluents de la Seine, traçant ainsi des routes faciles vers le centre de ce riche bassin.
Le» Monte de la Côte-d'Or^. — Au sud du plateau de Langres se trouvent les monts de la Côte-d'Or, qui ont de 5 à 600 mètres d'élévation ; ce sont des monts calcaires, assez accidentés et très boisés. Leurs crêtes, de même que les arêtes du plateau de Langres et des Faucilles, sont inclinées de 48** sur le méridien de Paris; ils se terminent à la trouée que suit le canal du Centre avant d'arriver à Chagny ; le versant de Test ou plutôt du sud-est est le plus raide, c'est sur ce versant que se trouvent les plus riches vignobles de la Bourgogne. Ces montagnes, depuis Dijon jusqu'à Chagny, sont un véritable obstacle, elles ne peuvent être franchies que par les routes qui sont peu nombreuses; il n'y a entre Dijon et Chagny que les deux routes de Beaune à Amay-le-Duc.
Le chemin de fer de Paris à Lyon qui passe au pied du mont Auxois, traverse les monts de la Côte-d'Or au tunnel de Blaisy-Bas qui a 4,100 mètres de long. Le canal de Bourgogne qui suit presque constamment VArmançon, les franchit un peu plus au sud également en galerie, à Pouilly-en-Montagne : puis il emprunte la vallée de VOuche jusqu'à Dijon et vient se jeter dans la Saôixe à Saint-Jean-de-Losne. Dans la partie sud, ces montagnes sont encore traversées par la voie ferrée d*AutU7i à Chagny par Épinac ; à leur extrémité méridionale, la ligne de Moulins à Chagny suit le même tracé que le canal du CentrCf c'est-à-dire la vallée de la Bourbince et celle de la Dheune; une ligne transversale relie les deux précédentes entre Étang et Montchanin et passe par le Creusot,
Coupe des Monts du Morvan et de la Côte-cTOr.
Monla^rus duy Marvcut.
Hufêoat. Jm La.
ÉcheUe des longueurs, 1/1,500,000. — Échelle des hauteurs, 90 fois plue grande. 1. Consulter la carte 45.
Lies Monta du lHopvan *• — A Touest des raonts de la Côte-d'Or, se troiA^e un massif montagneux qui présente les mêmes caractères et dont les crêtes ont à peu près la même direction que celles de la Côte-d'Or, c'est le Horvan. Le bassin d'Autun et toute la haute vallée de VArroux sont compris entre ces deux chaînes. La partie centrale du Morvan entre Château' Chinon et Autun est formée de porphyres rouges, au nord et au sud se rencontre le granit, puis tout autour se trouvent des mines de houille, à Èpinac, à Blanzy^ à Decize, et du minerai de fer. L'apparition de ces masses primitives date du soulèvement de Thuringerwald, antérieur à celui de la Côte-d'Or; mais ce dernier est venu modifier la direction primitive des crêtes. Tout le massif du Morvan qui est limité à l'ouest par le canal du Nivernais, est boisé, sauvage, difficile, mais c'est surtout dans la partie méridionale vers Château-Chinon, au Mont Beuvray (810™) et au Bois du Roi (902"), que les montagnes atteignent leur plus grande hauteur et lour plus grande épaisseur; elles forment un obstacle continu du sud au nord depuis Bourhon-Lancy jusqu'à Saulieu et elles ne sont traversées entre ces deux points que par deux routes ; cet obstacle est plus sérieux encore et plus difficile à franchir que celui qui est créé à l'est par les monts de la Côte-d'Or.
Cette position du Morvan et de l'Autunois a été regardée par plusieurs écrivains militaires comme le réduit de la défense de toute notre frontière de Test ; elle est intermédiaire entre la Seine, la Loire et la Saône ; l'armée qui l'occupe peut reprendre l'offensive sur la Saône, si les circonstances le permettent, ou bien manœuvrer dans la vallée de l'Yonne et agir sur le flanc des corps ennemis qui auraient marché sur la Loire, mais il faut pour cela s'assurer des débouchés sur les trois vallées dont nous venons de parler. Au cas où on devrait abandonner cette position, la retraite serait assurée par Digoin vers Clermont et l'Auvergne ou par Nevers vers la partie moyenne de la Loire.
Bien que les routes qui pénètrent dans l'Autunois soient nombreuses, elles traversent toujours des défilés très longs ou de grandes forêts, elles sont donc faciles à intercepter. Le centre de la défense serait Autan. Pour protéger les principaux débouchés de ce réduit sur la vallée de la Saône, on s'occupe de fortifier Dijon et Chagny, A Dijon aboutit la grande route de Paris et débouche la vallée de l'Ouche que suivent le chemin de fer de Paris, ime grande route venant de la vallée de l'Yonne, le canal de Bourgogne et le chemin de fer d'Épinac. A Chagny viennent converger deux routes venant d'Arnay-le-Duc et d' Autun, c'est aussi là que débouche la vallée de la Dheune, suivie par une route, par le canal du Centre et par les lignes ferrées d' Autun, du Creuzot, de Digoin. Entre ces deux points, il faudrait aussi