CHAPITRE IV. - FRONTIÈRE BU NORD-EST OU D'ALLEMAGNE
chacun d'eux a dans Tintérieur de sa région toutes ses troupes actives et de réser\'e, tous les approvisionnements et tout le matériel nécessaires au passage du pied de paix au pied de guerre. Les seules troupes qui ne se trouvent pas dans leurs régions de mobilisation sont : une division de chacun des 2*, 3«, 4* et 5* corps, une brigade des 9*, 10*, 11* et 12« corps qui forment la garnison de Paris; puis une division du 13* corps, une brigade de chacun des 7* et 8* corps qui forment la garnison de Lyon. Dans chaque région, il y a huit chefs-lieux de subdivision à chacun desquels fonctionne un bureau de recrutement pour Tadministration des disponibles, des réservistes et de l'armée territoriale.
Les chemins de fer ont un premier rôle à jouer dans la mobilisation, c'est de transporter les réservistes et en général tous les hommes qui sont dans leurs foyers à leur corps, puis de réunir les divers détachements que les régiments fournissent en temps de paix. Ceci fait, il faut procéder au développement stratégique de nos forces et affecter les diverses lignes dont nous disposons au transport des corps d'armée à la frontière dans la zone comprise entre Mézières, Tout, Épinal et Belfort ou plutôt en arrière de cette zone sur la ligne de Mézières^ Beims, Vitry, Chaumont, Langres, Vesaulj car c'est sur cette dernière ligne, dont toutes les parties sont bien reliées entre elles par un chemin de fer à double voie, qu'aboutissent le plus grand nombre de voies ferrées venant de l'intérieur, et, si Ton voulait opérer la concentration plus en avant, il faudrait employer des tronçons à une seule voie communs à plusieurs corps. Les lignes de concentration devront autant que possible être affectées spécialement aux corps d'armée qu'elles doivent transporter; elles ne pourront être confondues avec les lignes de mobilisation que pendant les premiers jours; mais, dès que le mouvement des corps d'armée vers la frontière commencera, on ne pourra plus affecter au transport des réservistes ou des hommes de l'armée territoriale que les chemins de fer d'intérêt local, les petits tronçons ou les lignes transversales.
Quant au temps nécessaire à ce transport, on le calculera en se rappelant qu'il faut environ 95 trains de 50 voitures pour le transport d'un corps d'armée au complet, et 80 trains, s'il n'a que son train de combat et son train régimentaire, que les trains militaires marchent à une vitesse de 26 kilomètres à l'heure et qu'on peut lancer de 30 à 40 trains par 24 heures sur une ligne à deux voies et 15 au plus sur une ligne à une seule voie. On connaîtra du reste la distance du point de départ au point d'arrivée.
Le tableau suivant montre la ligne qui pourrait être affectée à chaque corps d'armée pour ce transport, en supposant que les troupes aient été concentrées au chef-lieu de la région, et indique la distance de ce chef-lieu au point d'arrivée supposé.