CHAPITRE V. — DÉFENSE DE LA FRONTIÈRE D'ALLEMAGNE
et les forts qu'on a construits ou qu'on construit pour renforcer les deux obstacles que nous venons d'indiquer.
Tonl '• — La place de Toul se trouve au saillant do la Moselle, à Touest rlu plateau de Haye ; le chemin de fer do Strasbourg à Paris y passe avant fie s'engager sous les tunnels de Foug et do Pagny. On a croo autour de cette place de nombreux forts destines à la mettre à l'abri d'un bombardement et à étendre son action en la reliant d'un côté au plateau de Haye, de l'autre à l'excellente ligne de défense formée par les hauteurs si nettement marquées de la rive droite de la Meuse.
On commença par occuper la belle position du Mont-Saint-Michel au nord de la ville; puis des craintes de guerre à la fin de l'année 1874 firent ajourner les grands projets qu'on a repris depuis, pour se contenter de quatre redoutes établies sur les plateaux au sud do la ville d'où les Prussiens l'avaient bombardée en 1870. Ces redoutes sont conservées, mais elles se trouvent aujourd'hui en arrière de la première ligne de forts ; ce sont : celles de Dommartin et de Chandeney sur la rive droite de la Moselle, celles du TiUot et de la Justice sur la rive gauche.
Depuis 1875, on a perfectionné et complété l'ouvrage du Mont-Saint-Michel qui se compose d'une ligne continue avec réduit, on a transformé la redoute du Tilîot en un véritable fort, puis on a construit : à l'ouest, sur les croupes des Monts de la Meuse, les forts d'Ècrouves et de Domgermain qui commandent la vallée de l'Ingressin ; à l'est, sur le plateau de Haye, le fort de Villey-le-Sec et ses deux batteries annexes qui battent les débouchés des forêts. On doit do plus construire un fort au nord-est, sur la route de Metz, en arrière de la ferme de Libdeau, pour couvrir la ville de ce côté et remplir la trouée qui existe entre le Mont-Saint-Michel et Villey-le-Sec.
La position des Côtes de Meuse, si belle au nord de Toul, se prolonge encore vers le sud par des escarpements très marqués terminant des plateaux couverts de forêts ; ces escarpements laissent entre eux deux trouées à Blenod et à Housselmont où passent des routes et où l'ennemi pourrait, après s'être rendu maître du fort de Pont-Saint-Vincent, faire passer des voies de raccord réunissant la ligne de Nancy-Vézelise à celle de Neufchâteau-Pagny pour tourner Toul par le sud; ces deux routes se réunissent en avant de Vaucouleurs où on avait tout d'abord songé à construire un fort d'arrêt pour les maîtriser toutes deux; on a préféré élever deux ouvrages : !• une forte batterie au-dessus de Blenod, qui commande la plus septentrionale des deux routes et qui est bien liée à la place de Toul ; 2° une batterie au-dessus de Pagny-la-Blanche-Câte qui maîtrise la seconde route venant de Colombey; ce dernier ouvrage domine la vallée de la Meuse et n'est