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CHAPITRE V. — DÉFENSE DE LA FRONTIÈRE D'ALLEMAGNE. 2l:î

Comme on le voit ces routes sont très nombreuses, mais il faut observer qu elles se groupent en trois faisceaux principaux qui viennent converger h Mfort, Monthéliard et Pont-de-Roide. Il n'existe en effet qu'un seul chemin carrossable, celui de Châtenois à Brévilliers, à travers le massif boisé compris entre la Savoureuse et la Lisaine au sud de Belfort ; puis les roules qui traversent la branche du Doubs d'Audincourt à Pont-de-Roide, aboulissenl toutes, soit au confluent du Doubs et de TAllaine près Montbéliard, *^*>it à Pont-de-Roide. Ce sont donc ces trois nœuds de routes qrt'on s'est >iii'toul attaché à maîtriser par des ouvrages de fortification ; les troui)es appuyées sur ces ouvrages et protégées par leurs canons surveilleront rosj)ace •oinpris entre eux oîi pourraient se glisser quelques groupes isolés.

Il y a deux parties à distinguer dans les fortifications de la trouée de Belfort : 1** les forts qui prolongent la ligne de défense de la Haute-Moselle jusqu'à la frontière suisse; 2* les défenses mêmes de Belfort qui peuvent en H(re indépendantes.

Les ouvrages qui barrent la trouée et qui doivent soutenir la défense mobile sont :

l' Le fort de Giromagny sur un piton appelé la Tête du Milieu, il bat la roule du Ballon et maîtrise la route qui, par Petit-Magny, Gros-Magny et 'iiromagny, conduit à Champagney et qui échappe complètement à l'action 'ips défenses de Belfort. Ce fort doit recevoir une coupole cuirassée, il est organisé fortement pour résister au bombardement; on a du reste construit une petite batterie sur le piton de la Tête des Planches qui le domine au nord el où l'ennemi aurait pu amener du canon.

:^ Le fort du Salbert, avec ses deux batteries annexes, qui couronne la montagne du Salbert au nord-est de Belfort ; il bat la route de Belfort à Lupe, le chemin de fer de Paris, la route qui donne accès au fort de Giromagny et la route d'Éloie ; il domine complètement Belfort.

^ Le fort du Hont-Vaudois au-dessus d'Héricourty il domine tout le pays, l^at la route et le chemin de fer de Belfort à Besançon par la vallée de la Liîîaine et domine Brévilliers où débouche un chemin venant de Châtenois.

i*^ Le fort de la Chaux à l'est de Montbéliard, il enfile les vallées de la >>aYoureuse, de la Lisaine et de l'Allaine, et commande les communications qui viennent converger à Montbéliard, dont l'ancien château moyen âge est conservé et, par suite de sa situation, a encore une certaine importance. Entre la Lisaine et la Savoureuse s'étendent, comme nous l'avons dit, de grands bois dont la défense serait facilitée par le canon du fort de la Chaux.

5"" Le fort du Hont-Bart qui domine le confluent de l'Allaine et du Doubs au sud de Montbéliard et maîtrise les nombreuses communications qui y convergent; il commande la voie ferrée de Besançon et cinq routes, entre autres celles qui, franchissant le Doubs au sud d'Audincourt, échappent à Taction

du fort de la Chaux ; il appuie la défense de la boucle du Doubs dont les ponts seraient détruits.

60 La batterie des Roches sur les escarpements de la rive droite du Doubs en face de Pont-de-Roidej elle commande le défilé de Pont-de-Roide et le passage de la rivière sur ce point.

7"" Le double fort du Lomont situé sur le plissement que forment les deux crêtes parallèles de la montagne ; il se compose d'une caserne au fond de la cuvette et de deux batteries au haut des crêtes, tirant Tune vers le nord et Tautre vers le sud ; il barre le mauvais chemin qui traverse la crête du Lomont au sud de Pierre-Fontaine, il domine tout le plateau de Blamont et maîtrise la grande route de Bâle à Besançon par Porrentruy; au sud il tient sous son canon toutes les routes qui viennent se croiser à Saint-Hippolytr. Trois batteries projetées doivent en outre maîtriser les abords du massif du Lomont : Tune à l'extrémité orientale de la crête que couronne le fort, l'autre plus au sud au-dessus du village de Montjoie, la troisièaie dominant le confluent de la Barbèche.

Quant à Belfort, son enceinte va être agrandie de manière à englober les faubourgs qui ont pris un grand développement; elle s'appuiera sur la rive droite de la Savoureuse aux forts des Barres et de Bellevue, sur la rive gauche aux forts de la Miotte et de la Justice qui sont déjà reliés à la ville par une ligne continue de retranchements, puis aux forts des Hautes et des Basses- Perches reconstruits depuis 1871 en ouvrages de fortification permanente et reliés par un retranchement; une ligne traversant la vallée rejoindra les Basses-Perches à Bellevue; une autre ligne au nord rejoindra l'extrémité du fort des Barres à la Miotte.

Autour de cette ancienne place de Belfort, on a créé de nouveaux ou* vrages et surtout de nombreuses batteries pour en faire une bonne place de manœuvres. A l'ouest, le terrain accidenté et difficile compris entre la Savoureuse et la Lisaine est dominé par les deux forts du Salbert et du MorU- Vaiutois dont nous avons déjà parlé et qui, bien que faisant partie de la ligne d'arrêt entre le Ballon et la Suisse, sont intimement liés à la défense de Belfort. A l'est, le principal ouvrage est le fort de Roppe, il occupe le point culminant du mamelon que recouvre la forêt d'Arsot, il bat au nord le vallon compris entre Éloie et Anjoutey, il maîtrise au sud la route de Col* mar et domine toutes les longues ondulations qui s'étendent entre la Savoureuse et la rivière de Saint-Nicolas. Au sud, en avant des Perches, Vouvrage du Bosmont sert de réduit à un grand nombre de batteries qui doivent être armées d'artillerie de campagne et qui sont placées plus bas à la lisière des bois, ces batteries tirent sur la vallée de la Savoureuse et sur le secteur compris entre les voies ferrées de Mulhouse et de Délie.

Pour relier entre eux ces forts et pour appuyer la défense active de la

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