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CHAPITRE V. — DÉFENSE DE LA FRONTIÈRE D'ALLEMAGNE

plusieurs batteries et un réduit; celui de Montlandon domine Chaudenay, celui de Plesnoy est destiné à battre la trouée par laquelle doit pénétrer la voie ferrée de Mirecourt à Langres. A l'ouest de Dampierre, il avait été question d'établir un ouvrage au-dessus de Tronchoy pour mieux commander le plateau, mais on semble y avoir renoncé, et on s'est contenté de construire, un peu plus au sud, le fort de Saint-Menge (20 pièces), dans une très jolie position occupée autrefois par un camp romain ; il commande avec sa batterie annexe le chemin de fer et la route de Chaumont, enfile la vallée de la Marne au nord et voit bien l'entrée de la vallée de la Mouche, qui est dérobée aux vues de la place. Enfin, à l'ouest, pour compléter la ligne de la Bonnelle à Buzon, on a construit à la Pointe de Diamant une batterie de 12 pièces, qui tire dans la vallée de la Marne et qui force l'ennemi à se reporter sur le plateau au delà de la Mouche. Cette position, avant d'être occupée, était un danger pour la ville; les Prussiens y ont fait une reconnaissance pendant la guerre et en ont été délogés par le petit ouvrage de Brévoine. A la pointe nord extrême du plateau, se trouve une batterie annexe de 3 ou 4 pièces qui surveille l'entrée de la vallée de la Mouche. On a même le projet de construire un nouveau fort au-dessus de , Perrancey pour mieux maîtriser cette vallée et pour assurer à la défense les * plateaux en avant de Bouzon. Au sud, deux petites batteries à droite et à ^uche de la Croix^' Arles couronnent le dos d'âne que forme le terrain en cet endroit et qui limite les vues des ouvrages en arrière, on n'a encore exécuté que la batterie du Mont à l'est de la route de Dijon et du chemin du Cognelot, l'autre celle de la Croix-d'Arles va être entreprise. Au bord du plateau, entre le village de Noidant-Chatenoy et le fort du Cognelot, la batterie de Pailly bat le village de ce nom et maîtrise l'ancienne voie romaine, elle sert d'avancée au fort.

Enfin, au nord-ouest de la ville, on a projeté un fort sur un piton au-dessus de Beauchemin en avant de la vallée de la Mouche, de manière à éloigner encore l'ennemi de ce côté et à lui interdire l'accès de cette dernière vallée, mais ce projet est ajourné. La distance de Chaumont aux forts do Saint-Menge et de Beauchemin est encore de 28 kilomètres ; si donc les troupes devaient occuper la ligne de défense Langres-Chaumont, il serait indispensable de créer de solides points d'appui intermédiaires et d'avoir quelques bons ouvrages à Chaumont.

Tels sont les forts qui protègent la position de Langres ; par suite de leur éloignement, cette place exigera une garnison très nombreuse et suffisamment aguerrie.

Dyon *m — La position formée par le Morvan et par les monts de la Côted'Or, où pourraient être concentrées les ressources de la France pendant le 1. Consulter les cartes 45 et 46.

siège (le Paris, est renforcée à Test par les forts qu'on construit autour do Dijon et par celui qu'on doit construire à Cfiagny, aux deux principaux débouchés des montagnes sur la vallée de la Saône. Dijon est de plus un point de passage fort important de la vallée de la Saône dans celle de la Seine. On ne devait construire dans le principe que le fort (Tarret de la Motte-^iron dans une belle position dominant la ville, rentrée de la vallée de TOuche, le canal, la route et le chemin de fer de Paris; puis, vu Timportance de Dijon, on songea à transformer cette ville en grande place de manœuvre et d'approvisionnements, c'est-à-dire à organiser sur ce point une position de halte où les armées pussent se réorganiser et trouver un appui pour reprendre la lutte contre l'ennemi. Dans ce but, on entreprit les ouvrages suivants : le fort d'Hautevilleau nord-ouest; le fort d'Asnière^ au nord, entre les routes d'Is-sur-Tille et de Langres, avec une batterie annexe un peu à Test pour bien battre la plaine; le fort de Yarois à la croisée des routes de Fontaine- Française et de Gray ; le fort de Sennecey au sud-est situé au haut des berges de la vallée de l'Oucho et maîtrisant la route et le chemin de fer d'Auxonne; la redoute de Saint -Apollinaire on seconde ligne et intermédiaire entre les deux forts précédents; le fort de Beauregard au sud près de la route de Seurre ; enfin le fort du Mont-Affrique au sud-ouest de la Motte-Giron et au sommet d'un de ces plateaux isolés découpés dans le massif de la Côte-d'Or, il occupe l'emplacement d'un ancien camp romain (cote 580), il est formé de plusieurs batteries aux extrémités du plateau et d'un réduit au centre, co dernier seul est construit.

Le fort de la Motte-Giron avec sa batterie avancée, ceux de Sennecey et d'Asnières et la batterie annexe de ce dernier sont aujourd'hui terminés, les autres le seront bientôt. A Chagny, on ne projette qu'un fort d'arrêt et encore sa construction est-elle ajournée.

Aaxonne^. — Dans la plaine même de la Saône, une armée battant en retraite ne trouverait aucun point d'appui; la petite place d'Auxonne dont le but est de commander les routes de la frontière suisse à Dijon et de relier cette dernière ville à Besançon, n'a pas grande valeur bien qu'elle ait été un peu améliorée depuis la guerre. Il serait donc fort difficile de se maintenir avec des troupes battues dans ce pays si riche de la Haute-Saône. L'ennemi, maître de.Vesoul et de Gray, pourrait surveiller les principaux débouchés vers la plaine, c'est-à-dire les places de Langres, de Dijon et de Besançon ; c'est en effet ce que surent si bien faire les Prussiens, à la fin de 1870, avec des forces très restreintes. Ils ne pourraient agir de même aujourd'hui, à cause de l'extension des fortifications et de Faction de ces places qui seraient certainement pourvues de garnisons mobiles assez considérables.

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