CHAPITRE V. — DEFENSE DE LA FRONTIÈRE D*ALL£llAGN£. Ît2l
Dans la dernière guerre, Auxonne gêna beaucoup les mouvements de Tennemi en barrant les chemins de fer et les routes entre Dgon et Dôle ; malgré la faiblesse de sa garnison, elle ne put être enlevée par un coup de main qu'y tentèrent les Allemands.
Besançon^. — Après avoir triomphé des obstacles qui barrent la (rouée de Belfort, Tennemi s'avancerait soit par Vesoul et la vallée de la Saône, soit par la vallée du Doubs ; Besançon intercepte cette seconde vallée et peut ser\'ir d*appui aux opérations d'un corps d'armée qui étendrait son action jusqu'à la première. Cette place a aussi pour but de barrer les routes venant de Suisse et forme le réduit de la défense de ce côté.
Pendant la dernière guerre, Besançon sauva notre petite armée des Vosges d'une destruction presque certaine : après la prise de Strasbourg, une partie des troupes de siège forma le 14* corps et, sous les ordres du général von Werder, fut destinée à opérer vers Vesoul et Dijon dans la vallée de la Saône. Après le combat de la Bourgonce, les forces allemandes qui avaient pénétré par la vallée de la Bruche et par la route du Donon, se dirigèrent sur Epinal et forcèrent, comme nous l'avons vu, le général Cambriels à se replier sur Besançon. Le général von Werder, nous suivant de près, arriva sur l'Ognon le 22 octobre et tenta de forcer le passage; nos troupes furent culbutées et vinrent prendre position sur la rive gauche sur les hauteurs de Châlillon-le-Duc; le général allemand n'osa les attaquer si près de Besançon, n'ayant pas les moyens d'en entreprendre le siège.
On a voulu créer sur ce point une grande place de manœuvre, centre de défense de la Franche-Comté et principal débouché du plateau Séquanais vers le nord-ouest; par suite de la configuration du terrain, on a dû construire un très grand nombre de forts. La ville occupe une presqu'île formée par le Doubs dont l'isthme est dominé par une citadelle; sur la rive droite, le faubourg de Battant est entouré d'une double couronne qui couvre la ville et les ponts. En avant de la citadelle, sur la rive gauche du Doubs, on rencontre une suite de crêtes longitudinales qu'il a fallu occuper. La première crête est couronnée par deux redoutes construites pendant la guerre et améliorées depuis, ce sont les forts Est et Ouest des Buis. Au nord, le vieux fort de Montfaucon, élevé en 1870, a été complété par la construction d'un magasin à poudre et de quelques abris ; puis un peu eu avant, le nouveau fort de Itontfaucon, nouvellement construit, est l'ouvrage le plus considérable de Besançon et le véritable point d'attaque du côté des plateaux. Sur une seconde crête qui court parallèlement au Doubs au sud-est de la place, le fort de Fontain et la batterie Rolland assurent des débouchés faciles sur le plateau en avant; cette dernière a été ébauchée en 1870 et entièrement remaniée