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CHAPITRE V. — DÉFEKSE DE LA FRONTIERE D'ALLEMAGNE

l'objectir décisif ou du moins principal de toule guerre avec l'Aliemague ou avec l'Europe.

Description topographique. — La Seine qui décrit un arc de cercle au milieu de Paris, partage la ville en deux parties inégales ; plus bas, elle forme une suite de boucles dont les sommets sont à Sèvres, à Saint-Denis, à Saint-Germain, à Conflans et à Poissy ; à chacune de ces boucles corres- IK)Dd une presqu'île : 1° presqu'île de Gennevilliers ; 2** presqu'île de Houilles; î]" presqu'île de SairU-Germain. La Seine reçoit avant d'entrer dans Paris : y Yvette auprès de Juvizy, VYères à Villeneuve-Saint-Georges, la Marne à Charenton. Cette dernière forme une boucle qui entoure la presqu'île de Saint- Jfaur, dont l'entrée très étroite est percée par le canal de Saint-Maur eu j>artie souterrain. A Paris môme vient se jeter la Biévre qui prend naissance près de Saint-Cyr; puis, au-desvsous de Paris, à Saint-Denis, aboutissent plusieurs petits ruisseaux, le Croudy la Morée, la Molette, qui peuvent servir A tendre des inondations et qui ont été utilisés par les Prussiens en 1870 [>our couvrir leurs lignes de blocus, enfin, entre Conflans et Poissy, se trouve le confluent de l'Oise, rivière qui trace une grande ligne d'invasion venant de la frontière belge.

Au nord de Paris, entre la Marne et la Seine, le canal de COurcq et le canal Sain^Denis se réunissent à La Villette à leur entrée dans la capitale et forment le canal Saint-Martin qui, après un cours en partie souterrain, vient aboutir à la Seine auprès du pont d'Âusterlitz.

Les hauteurs qui avoisinent immédiatement Paris et qui jadis avaient une 1res grande importance dans la défense, sont les suivantes :

Sur la rive droite : 1® le plateau de Romainville et de Belleville couronné l^ar les anciens forts et en partie compris dans l'enceinte; 2"" la butte Montmartre tout entière à l'intérieur des fortifications ; S** les hauteurs du Troca^ déro et de Passy qui dominent le bois de Boulogne ;

Sin* la rive gauche : les hauteurs qui forment les dernières terrasses du plateau d*OrUans et dont les extrémités sont couronnées par les anciens forts ou par des redoutes construites lors de la déclaration de guerre; ces hauteurs sont le Mont-Valérieriy les plateaux de Chdtillon et de Villejuif.

Situation de Paris en 1814. — En 1814, quand les Alliés se présentèrent (levant Paris, cette ville n'était entourée que d'un simple mur d'octroi, qui laissait en dehors les hauteurs de Ménilmontant, des Buttes-Chaumont, de Montmartre aujourd'hui comprises dans les fortifications. Les deux armées •ie Silésie et de Bohème s'étaient avancées par les routes entre la Seine et la Marne; Bliicher franchit la Marne vers Meaux et déboucha, en formant la droite, dans la plaine Saint-Denis; Schwarzenberg passa cette rivière vers Lagny et se dirigea sur Paris en suivant les routes entre le canal de l'Ourcq et la Marne.

Les troupes françaises, qui couvraient la capitale, étaient fortes d*enviroii 25,000 hommes, débris des corps des deux maréchaux Marmont et Mortier, auxquels s'étaient joints les élèves de TEcole Polytechnique et les volontairo-^ de la gardé nationale. Marmont formait la droite et occupait les hauteurs (ic Belleville, s'étendant de Montreuil à La Villette; Mortier à gauche avait pri< j)Osition : son centre sur les hauteurs de Montmartre, sa droite à La Villotl'» se reliant à Marmont, sa gauche à Saint-Ouen appuyée à la Seine.

Le 30 mars, 150,000 ennemis attaquent et enveloppent ces positions : pendant que les Russes abordent de front le plateau de Romain\nlle, dis c)lonnes autrichiennes tournent la position par Fontenay-sous-Bois et par le pont de Charenton, les Prussiens au centre séparent nos deux ailes, et. .« notre extrême gauche, refoulent le maréchal Moncey à la barrière de Glichy. Malgré les efforts des deux maréchaux, les coalisés font partout des progrès ; à la fin de la journée, nos troupes forcées d'abandonner Montmarirr vont être acculées aux barrières de Paris, quand le duc de Raguse, ffti<iin* usage de Tautorisation que lui a laissée le roi Joseph, se décide à signer imr capitulation et à évacuer la capitale.

Situation de Paris en 1815. — Aussitôt après son retoiu* de Tile d*Ell^^^ Napoléon s'était occupé de mettre Paris à Tabri d'une surprise, en faisam construire des batterfes, à Test, sur les hauteurs cfe Bellevillc et de Romainville, à peu près à l'emplacement des forts construits en 1840, et, au nord. en arrière du canal de l'Ourcq et du canal Saint-Denis; au sud, les ouNragf- (pi'on avait commencés ne purent être achevés.

Après la bataille de Waterloo, les armées ang'laise et prussienne marchèrent sur Paris par la vallée de l'Oise et trouvèrent les positions enavau' de la ville occupées par 100,000 hommes commandés par le maréchal r»avonst. Les Prussiens s'étaient d'abord établis au nord de Saint-Denis pi n'osèrent aborder les lignes de batteries bien défendues qui couvraient la plaine de leurs feux. A l'arrivée des Anglais, ils leur cédèrent leurs j>osilions et, par un mouvemeut extrêmement audacieux qu'ils eussent pu payer cher si Naï)oléon eut été encore à la tête de l'armée, ils se portèrent |»ar Argenteuil et le pont du Pecq qu'ils surprirent, sur Versailles et sur !»»< hauteurs au sud de Paris. Leur avant-garde fut écrasée dans ce raouveinfnî trop décousu, mais le lendemain ils continuèrent à s'avancer et s'emparèrent de Châtillon, de Meudon, d'Issy; la résistance était devenue impossible; une seconde capitulation fut signée et l'armée se retira derrière K<

Loire.

Situation de Paris en 1870. — A la suite des événements que nous \^' nons de rappeler et des menaces de coaHtion en 1882 et en 1840, on ?enii' 1p besoin de fortifier Paris et, sur l'initiative de M. Thiers, les travaux fîjren* entrepris en 18i0. La ville fut enveloppée d'une enceinte continue bastionn^'»»'.

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