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CHAPITRE VI. — THÉÂTRE D'OPÉRATIONS DU BASSIN DU RHONE

les pentes orientales limitent la vallée du Grésivaudan et dont les crêtes ont la même direction que celles de la partie sud du Jura ; ces montagnes aux escarpements calcaires ont conservé leurs belles forêts et par suite leurs sources abondantes et claires ; leur pic le plus élevé, la cime de Chamechaude, atteint 2,087 mètres. Ce massif se prolonge au nord par Tarête du mont de l'Épine qui domine le lac d'Aiguebelette de ses 1,426 mètres, par celles du mont du Chat (1,497"") et du mont de Charvaz (1,164'") qui longent la rive gauche du beau lac du Bourget.

Au sud-ouest de Grenoble, sur la rive gauche du Drac, s'étendent les longues arêtes des monts du Lans (2,389'"), qui se prolongent jusqu'au coude que forme Tlsère au Bec de ÏÈchaillon. Leurs plus belles gorges sont celles du Furon de Sassenagc. Au sud ils se terminent par d'immenses plateaux incultes qui les unissent aux monts du Vercors (2,246*"), formés comme les précédents par le grès vert. Ceux-ci dessinent encore de longues lignes de rochers, dont Télévation décroît à mesure qu'elles se rapprochent du Rhône vers Valence où elles se terminent dans les terrains tertiaires. Elles encaissent les rivières qui les longent dans de profondes vallées ; c'est dans ce pays que se trouvent les grands goulets et les sombres défilés que franchit le torrent de la Vernaison. Les crêtes des monts du Lans et des monts du Vercors sont dirigées du nord au sud, nous avons vu du reste que le nom de ces dernières montagnes a été donné au soulèvement qui a accidenté toute cette contrée ef toute la partie sud du Jura.

Les monts de la Drôme (1,608™), au sud de la rivière de ce nom, présentent des parois à pic qui de loin semblent les monuments de quelqu'immense cité en ruine ; ils forment des entonnoirs et des cirques nombreux, le plus célèbre est le cirque de Saou où Ton ne peut pénétrer qu'en rampant dans un étroit défilé creusé par un petit affluent du Roubion.

Le Dévoluy, massif d'une hideuse aridité, situé au nord-ouest de Gap cnlre le col Bayard et le col de la Croix Haute, est entièrement dépouillé de toute végétation et voit chaque année ses monts s'écrouler. Il a des sommets de plus de 2,700 mètres.

Lensemble des montagnes que nous venons de décrire entre l'Isère et la Durance est souvent désigné sous le nom d'Alpes du Dauphiné.

Au sud des monts de la Drôme, le mont Venteux (1,921'"), presque isolé dans la plaine d'Avignon, est exposé à tous les vents qui viennent frapper «^ crête et qui lui ont valu son nom. On essaye sur ses flancs depuis quelques années des reboisements dont toute cette contrée aurait grand besoin, mais il est encore si nu, si rocailleux qu'on l'a comparé à une montagne de Mac-Adam. Le Venteux se prolonge à l'est par les montagnes de Lure 1,824'"), qui touchent à la Durance en aval de Sisteron et la resserrent

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contre les Alpes de Provence. Toutes ces montagnes sont formées de grè^ vert ou de calcaire jurassique.

Au sud du Venteux se trouvent les monts Vàucluse (1,180"»), qui supportent des plateaux incultes remplis d*entonnoirs où se perdent les eaux pour en ressortir plus bas en une seule masse qui forme la célèbre fontaine de Vàucluse.

Au sud d'Apt et de Forcalquier dans le cercle que dessine la Durance, s'étend la longue chaîne dénudée du Lubéron (1,120"*), qu'on essaie de reboiser sur plusieurs points.

A l'est de la vallée de la Durance, les derniers contreforts des Basses- Alpes ont encore près de 2,000 mètres d'élévation et forment des plateaux calcaires dénudés à travers lesquels le Vei^don franchit d'étroits défilés, de profonds dus, au-dessous de Castellane.

Au sud de la Durance s'élèvent les Alpines (492'"], dont les croupes arides et déchirées viennent mourir sur le Rhône entre Arles et Tarascon ; puis, un peu plus à l'est, les chaînes ensoleillées qui couvrent le département des Bouches-du-Rhône ont de 500 à 1,000 mètres d'élévation et sont désignées sous les noms de chaîne de Sainte-Ykloire, déchaîne de VÉtoile^ de chaîne de la Sainte-Beaume. C'est sur les flancs de ces montagnes que naissent les belles sources connues sous le nom de faux.

Dans le département du Var, au nord de la vallée de l'Argens, la seule qu'on rencontre entre le Rhône et le Var, se trouve la chaîne de l'Esterel (616~), qui vient se terminer sur la mer entre Fréjus et Cannes par des promontoires de porphyre entourant des baies profondes; ces montagnes donnent à toutes ces côtes un aspect fort pittoresque par les bois de chênesliège, les pins d'Alep et les nombreux arbustes des pays chauds qui les ornent de leur riche verdure. Au sud de cette même vallée, les montagnes des Maures (779") avancent également sur la Méditerranée entre Toulon et Fréjus leurs promontoires de granit et n'ont pas de beautés moins grandes. Dans ces montagnes du Var et des Bouches-du-Rhône, on voit en certains points apparaître le terrain volcanique. Là encore, de même que dans les hautes vallées des Alpes, on a entrepris de grands travaux pour couvrir de bois les rochers qui bordent la Méditerranée et qui souvent en été transforment en de véritables fournaises les villes qu'ils dominent. L'entreprise semble couronnée de succès, si l'on en juge par les résultats obtenus au Faron, cet immense réservoir de chaleur de Toulon; pour se rendre compte des difficultés que l'administration des forêts doit surmonter et des peines énormes qu'exigent les reboisements, il suffit de considérer cette dernière montagne toute tachetée de trous blancs pratiqués dans le rocher, dans chacun desquels on a dû transporter un peu de terre pour permettre aux pins de prendre racine.

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