‹ -Texte. Géographie militaire (volume 2)Chapitre 164 sur 256 · DESCRIPTION HYDROGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION HYDROGRAPHIQUE

Le Rhône et bcmi afllaento» — En arrière des montagnes que nous venons de décrire, le Rhône et la Saône forment une seconde barrière, un grand fossé où aboutissent toutes les routes qui traversent la frontière.

Le Rhône prend sa source à la Furca, traverse le Valais entre les Alpes Pennines et les Alpes Bernoises, fait un coude à Martigny et vient se jeter au Bauveret dans le lac de Genève où il se débarrasse des boues et des graviers arrachés aux montagnes et entraînés jusque-là. Dans cette partie de son cours, il est resserré dans d'étroits défilés dont le plus remarquable et le plus facile à défendre est celui de Saint-Maurice ^ dit Porte du Valais^ entre la Dent de Mordes et la Dent du Midi, A Genève^ le fleuve sort du lac débarrassé de son limon et parfaitement limpide, il coule d'abord vers le sud-ouest, vient se heurter contre une première chaîne du Jura, traverse un étroit défilé entre le mont du Vuache et le Grand Credo et disparaît presque entièrement à Bellegarde où dans ces dernières années on a utilisé la chute qu'il y fait pour obtenir une force motrice de 10,000 chevaux nécessaire à la marche de plusieurs grandes usines. Il rencontre bientôt une autre crête jurassique qui le force à la contourner, il se dirige donc vers le sud, tantôt atteignant une très grande largeur et tantôt resserré entre les montagnes qui le bordent. Il franchit encore une faille du Jura à Pierre-^Châtel; puis, après avoir reçu le Guiers à Cordon, il change brusquement de direction, remonte vers le nord-ouest, entourant ainsi les dernières arêtes du Jura, s'infléchit de nouveau et traverse Lyon où il prend sa direction définitive vers le sud qu'il conserye jusqu'à la mer. Sa vallée est resserrée une dernière fois vers Rochemaure et Montélimart entre le contrefort volcanique du Coiron et les dernières hauteurs des monts de la Drôme. Son cours, bien qu'encombré d'îles, est souvent très rapide ; la pente de son lit est de 1/350 en moyenne entre Lyon et Arles. Il se jette dans la Méditerranée par plusieurs bouches formant un delta qui gagne sans cesse sur la mer. Les bras extrêmes : le grand Rhône à Test, qui prend les 86/100 de l'eau du fleuve, le petit Rhône à l'ouest, qui n'en a que les 14/100, embrassent la grande île de la Camargue, contrée marécageuse, inculte et malsaine, où ne paissent que quelques troupeaux à demi-sauvages, où se produisent des mirages comme en plein désert, et qui pourtant, formée d'un sol d'alluvions, serait très fertiles, si elle était desséchée et irriguée; elle deviendrait alors le jardin du Midi.

Le Rhône est le premier fleuve de France; aux eaux moyennes il roule

356 LITBB II. — LA FBAHCE. — FRONTIÉEES Dl TEBRE.

6S0 mètres cubes par seconde à Lyon et i,W3 à la bifurcatioD d'Arles; il est sujet à de grands débordements, et c'est alors 10,000 à 12,000 mètres cubes par seconde qui s'écoulent dans son lit et sur les campagnes voisines qu'il dévaste. Ces inondations sont dues à la fonte des neiges et surtout aux crues subites et énormes auxquelles sont sujets tous les tributaires du Rhône inférieur. Deux causes pourtant empSchent de plus grands désastres : le Léman sert de régulateur au fleuve, en no laissant écouler à Genève que la moitié des l,âOO mètres cubes qu'il reçoit dans les hautes eaux au Bouveret; en second lieu les affluents du bas Rhône ne subissent pas tous ensemble ces crues effrayantes qui portent leur débit â mille fois ce qu'il est à l'étiage.

Le Rhône est navigable à partir de Seyssel. Sa largeur qui atteint plusieurs kilomètres vers Culoz, n'est plus que de 36 mètres au dernier étranglement qu'il franchit au sud du Jura. Il a de 200 à £50 mètres à Lyon, 800 mètres à Ponl-Saint-Esprit, 1,600 mètres en certains points de son cours inférieur. Les ponts sont assez nombreux sur tout son cours, il y en a seize au-dessous de Lyon jusqu'à Arles, soit en pierre ou en fer pour chemins de fer, soit suspendus pour voitures ; ces derniers exigeraient les plus grandes précautions pour le passage des troupes et plusieurs ne pourraient supporter le poids des pièces d'artillerie.

Les deux embouchures du Rhône sont fort ensablées, et les barres qu'ont formées les vases apportées par le fleuve, y rendent la navigation très difficile même pour les petits navires de commerce, c'est ce qui empêche Arles d'être un grand port marchand comme Bordeaux, le Havre ou Roaen. Au temps des Romains, les galères qui n'avaient qu'un faible tonnage, pouvaient franchie les passes; de plus, Arles communiquait avec la mer par le canal des Fosies-Mariannes creusé à travers les lagunes par les soldats de Marins pour permettre l'approvisionnement du camp retranché que ce général avait établi entre le Rhône et lesAlpineset d'où il menaça les Cimbres pendant plus d'une année avant d'aller les battre auprès d'Aix. Les passes des Fosses-Marianoes soigneusement entretenues valurent à Arles la grande prospérité dont elle joui! pendant toute la durée de l'Empire Romain. .\ajourd'liui la commuoication avec la mer se fait par le canal de navigation d'Arles au port de Bouc, qui débouche dans le golfe do Fos à l'entrée de l'étang de Berre; on a aussi relié plus bas la rive gauche du grand Rhône avec te golfe de Fos par le canal Saint-Louis qui permet de tourner It barre, il a 4 kilomètres de longueur, 60 mètres de largeur et 7 mètres de profondeur.

Les principaux affluents du Rhône sont :

l>a Dranse Valaisane, rive gauche, qui vient se jeter dans le fleuve an coude de Martigny.

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