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CHAPITRE VI. — THÉATRB D OPÉRATIONS DtJ BASSIN DU RHONE

LaDranse Savoyarde, r. g., gros torrent, qui aboutit dans le lac de Genève entre Thonon et Évian; il est formé de la réunion de trois autres torrents : la Dranse d'Abondance^ le Dranse du Biot et la Drame de Bellevaux.

UArye^ r. g., qui porte au Rhône les eaux provenant des glaciers du Mont-Blanc. C'est un torrent impétueux dont le débit varie de 35 à 1,240 mètres cubes. Si, au lieu de se jeter dans le fleuve au-dessous de Genève, il déviait un peu au nord et aboutissait au réservoir formé par le lac, les inondations du Rhône seraient diminuées du tribut qu'il leur apporte souvent. L*Ârve reçoit à droite la Giffre dont la vallée est parallèle à la sienne; à ^uche le Sonnant qui descend du col du Bonhomme et la Borne qui vient du massif de ce nom.

La Valsérine, r. d., qui coule dans une étroite gorge du Jura et se perd dans les fissures du sol avant d'atteindre le Rhône à Bellegarde.

Les Uases, r. g., torrent savoisien souvent encaissé dans des gorges profondes.

Le Fier, r. g., qui reçoit Técoulement du joli lac d'Annecy et qui traverse également de sombres défilés avant d'arriver au Rhône au-dessous de Seyssel; il est grossi lui-même du Chéran qui descend des Bauges.

Le canal de Sayidrea dont le cours marécageux sert de déversoir au beau lac du Bourget dominé à droite et à gauche par de hautes montagnes. Peut-être à une époque reculée, le Rhône, traversant le lac du Bourget, sui* vit-il la dépression du canal de Savières et de la vallée de Chambéry pour emprunter le lit de l'Isère à partir de Montméiian.

Le Guiers, r. g., torrent qui servait de limite à la France et à la Savoie avant 1860.

L'Ain, r. d., rivière jurassique au cours très tourmenté, comme celui du Doubs ; elle est alimentée par des sources abondantes, traverse de nombreuses cluses et forme plusieurs cascades ; ses gorges ne s'élargissent que dans la partie inférieure de son cours; elle reçoit la Bienne^ qui coule toujours au fond de failles profondes, et ÏAlbarine, aux gorges sauvages suivies par le chemin de fer de Lyon à Genève.

La Saône, au cours tranquille, que nous avons déjà décrite et qui vient se jeter dans le Rhône à Lyon en imposant au grand fleuve sa propre direction. Lyon, grâce à cette position au confluent de ces deux importants cours d'eau et au centre de tout le bassin, est la clef du théâtre d'opérations quo nous examinons et le boulevard de la frontière du Jura comme de celle des Alpes; nous étudierons plus tard les positions qui l'entourent et les immenses travaux de fortification qu'on y a entrepris.

Au-dessous de Lyon, le Rhône longe de très près les granits des Cevennes ; par suite, ses affluents de droite ne sont pour la plupart que d'im^ pplueux torrents, sujets à des crues énormes, qui ont une grande influence

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â58 Livre li. — la frange. — frontières de terre.

sur le régime du fleuve; les principaux sont : rArdôche, qui roule après les grandes pluies jusqu'à 8,000 mètres cubes dans son lit resserré entre d'étroits défilés; la Cèse, au cours plus calme, alimenté par d'abondantes fontaines et traversant le bassin houiller de Bsssèges; le Gardon, qui présente les mêmes caractères que l'Ârdèche, il arrose dans son cours supérieur la Grand€'Combe et Aiais, principaux centres du bassin houiller dont nous venons de parler, puis il-traverse d'étroits défilés au débouché desquels il passe sous le fameux pont du Gard qui, du temps des Romains, amenait à Nîmes les eaux de la fontaine de l'Eure.

Sur la rive gauche du Rhône, au-dessous de Lyon, s'écoulent de grandos; rivières alimentées par les glaciers des Alpes; quelques-unes sont des torrents encore plus redoutables que ceux de l'autre rive.

L'Isère prend sa source au mont Iseran, traverse la Tarentaise, se heurte au massif crétacé-calcaire qui constitue les basses chaînes de la Savoie et du Dauphiné, ce qui lui fait faire de nombreux coudes ; elle reçoit à droite VÂrly ^ qui ouvre des communications importantes avec le Faucigny, et à gauche VArc^ qui naît sur l'autre versant du mont Iseran et qui décrit un demi-cercle dans la vallce de la Maurienne qu'elle ravage. L'Isère, dès sa sortie de la Tarentaise, est contenue par des digues qui préservent les rive^^ de ses inondations et qui limitent son lit à une largeur moyenne de 112 mètres, arrose la fertile vallée du Grésivaudan. Elle passe à Grenoble, où elle fait un coude qui la rejette vers le nord-ouest, contourne le bec de l'Échaillon à l'extrémité des monts du Lans et de là se dirige directement sur le Rhône, où elle se jette au-dessus de Valence. Un peu en aval de Grenoble, elle reçoit le DraCy rive gauche, torrent aussi impétueux que l'Arc ou la haute Isère; il prend sa source dans le massif du Pelvoux, et il est lui-même grossi do la Romanche qui vient de l'Oisans.

La Drôme et le Roubion sont deux torrents capricieux.

La Durance, qui a plus d'importance, est un torrent bien plus terrible. Elle prend sa source au sud du col du Mont-Genèvre et reçoit immédiatement la Ciarèe qui naît au Mont-Tabor et qui lui apporte une masse d'eau plus considérable que celle qu'elle possède. Un peu plus bas, à Briançoii, elle reçoit la Guùane^ r. d., qui est aussi plus longue qu'elle et que suit la route du Lautaret; cette route est la seule communication de la haute Durance avec l'Isère, elle conduit de Rriançon à Grenoble. La Durance coule d'abord parallèlement à la crête des Alpes Cottiennes et est resserrée sur sa rive droite par le massif du Pelvoux ; elle ne reçoit donc que des torrents : le Guilj r. g., qui prend sa source au Mont-Viso et qui ouvre dans la grande chaîne des Alpes plusieurs cols qui ne sont suivis que par des santiers; Vilbaye^ r. g., qui arrose la vallée de Barcelonnette ; laBuech^ r. d.,qui descend du Devoluy et vient finir à Sisteron; la Bléone, r. g., qui passe à Digne.

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