CHAPITRE VII. — FRONTIERE DU JURA OU FRONTIÈRE SUISSE. 21ô
au pied du mont d'Or et qui de là s*éiève par des pentes encore plus raides que celles de la première et plus effrayantes parce qu'elles dominent des escarpements à pic, elle passe par un long tunnel sous le village de Jougne avant d'arriver à La Cluse où elle se réunit à la précédente.
Les routes qui convergent à La Cluse sont :
1" Celle qui vient de Neuchdtel par le val Travers et les Verrières (933"^), elle peut être défendue à La Cluse de Noraigueeiau Cirque de Saint-Sulpice ;
2« Celle d'Yverdo7ii^diT Sainle-Croix et las Fouî-gs (1,100"), reliée à la précédente par une route transversale de Fleurier à Sainte-Croix; sur cette dernière route, au village des Buttes^ un chemin carrossable conduit aux Verrières en passant par les Bolles et en tournant le cirque de Saint-Sulpice par le sud de la Côte aux Fées; le plateau des Fourgs est boisé et terminé latéralement par des pentes très raides.
3" Les routes d' Yverdon et de Lausanne^ qui se réunissent pour passer kcolde Jougne (1,100"»); deux routes carrossables, l'ancienne et la nouvelle, suivent les deux versants de la vallée du Jougyienaz et se réunissent ajourne; la route débouche ensuite aux Hôpitaux-Neufs et suit une courbe étroite et humide jusqu'à La Cluse, Celle qui vient de Lausanne forme le prolongement naturel de la grande voie du Simplon vers Paris.
Ces routes, de môme du reste que toutes celles qui franchissent le Jura, {.Tarissent du côté de la Suisse des pentes trùs raides et parcourent du côté de la France des gorges étroites et encaissées qu'ouvrent les cours d'eau et qui sont coupées transversalement par des cluses faciles à barrer. C'est en avant d'une de ces cluses que sont situées les forts de Jeux et du Larmont, qui commandent le* point de réunion des trois routes et des deux chemins de fer de Pontarlier; mais ce défilé et ces forts peuvent être tourliés : 1« au nord par le chemin du col d'Entreporte, qui vient de la Brévine et qui débouche directement à Pontarlier; 2^ au sud par la route qui s'embranche sur eelle du col de Jougne aux Hôpitaux-Neufs et qui se dirige, soit vers Salins^ soit vers Foncine-le-Haut ; de plus les forts de Joux et du Larraonl sont dominés par les hauteurs voisines. Pour compléter la défense de ce nœud de routes, le comité de défense a prescrit la construction d'une forte batterie sur le sommet du Larmont; cet ouvrage du Larmont supérieur permettra de battre, avec du gros calibre, le débouché de la vallée des Allemands sur Pontarlier et le plateau de la Fauconnière^ position située à l'ouest de la Cluse, d'où on domine le château de Joux et qu'on avait d'abord songé à occuper d'une façon permanente.
Pour maîtriser les deux routes qui partent des Hôpitaux-Neufs et qui se dirigent, Tune vers Salins ou Arbois en passant entre les lacs de Saint-Point et de Remorayj l'autre vers Champagnole ou Saint-^Laurent par la vallée de MouthCf on construit le fort de Saint-Antoine, sur le plateau entre le vil-
2^6 LIVRE lî. — LA FRANGE. ~ l'ROKtIÈRES DE TERRE.
lage do ce nom et le lac de Saint-Point; cette position est déjà indiquer dans le Mémoire du général Haxo.
En cas de guerre, on occupera encore le Monl-iïOr^ au-dessus du défilr de Jougne, et on surveillera le débouché do la route des Fourgs dans la courbe des Hôpitaux-Vieux.
Vallée de Mouthe *• — La vallée de Houthe est comprise entre le Mont-Risoux et la Haute-Joux; en outre de la route qui vient des Hôpitaux- Neufs, deux autres routes qui viennent de Pontarlier et qui passent, Tune à Test, l'autre à Touest des lacs de Saint-Point et de Remoray, y pénètrent et rejoignent la précédente. Vers le sud, trois chemins carrossables relient la vallée do Mouthe à la grande route de Genève à Paris par les Rousses, ce sont : 1® celui de la Chaux-Neuve à Morez par la combe d^'s Cives, la C/wpelle-aux-Bois et le lac des Mortes; 2^ celui de Foncine-le-Bas à Saint-Laurent; 3** celui de Foncine-le-Bas à Champagnole,
En janvier 1871, les deux routes longitudinales qui permettent de suivre la direction du nord au sud, de Besançon à Lons-le-Saunier et d'Ornans à Saint-Laurent et Saint-Claude, étaient entre les mains des Prussiens; toutefois Tarmée française, acculée à Pontarlier, pouvait encore effectuer sa retraite vers le sud par les routes de Mouthe dont nous venons de parler, si une déplorable erreur de Tarmistice ne les eût livrées à Tennemi.
Il existe deux chemins carrossables à travers la Haute-Joux, ils vont d<' Mouthe à Mignovillars et à Snzeroy, ils rejoignent au delà de ces deux ville* la route de Salins.
Vallée de Joax *• — Au sud-est de la vallée de Mouthe, la vallée de Joux s'étend parallèlement aux crêtes du Jura, entre le Mont-Tendre et h» Mont-Risoux; elle est fermée do toutes parts, car TOrbe, qui y prend si source dans la partie méridionale, disparaît dans des gouffres sans fond à Tautre extrémité, et ne reparaît que quelques kilomètres plus loin, à un niveau de 225 mètres plus bas. Cette réapparition constitue la magnifique* fontaine de Vallorbe, La partie sud de la vallée de Joux appartient à hi Franco ; les deux routes qui la longent sur toute sa longueur viennent déboucJuT sous le canon du fort des Rous3es ; pourtant un embranchement aboutit sur la route de Saint-Cergues à la Cure^ à 1,600 mètres seulement à Test du fort. Au nord-est, la vallée de Joux communique avec la Suisse : 1" par les deux chemins carrossables qui aboutissent à Vallorbe; 2" par la roule de Vaulion; 2^ par celle de Cossonay ; ces deux dernières routes franchissent un col au sud de la Dent de Vaulion. La partie centrale de la vallée de Joux couKinmique encore avec le lac de Genève par une route qui traverse le