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CHAPITRE VII. — FRONTIÈRE DU JURA OU FRONTIÈRE SUISSE. 27J

SOUS un tunnel de 8^950 mètres, creusé dans la Molasse; à Bellegarde, il franchit la Valserine sur un viaduc dont la grande arche a 50 mètres de hauteur et 32 mètres d'ouverture.

La route de terre quitte le Rhône à Bellegarde et se dirige sur Lyon par ChatUlon-de-Michailley par les gorges de Nantua et par Bourg; un chemin de fer en construction suivra le même tracé et reliera bientôt Bellegarde à Nantua el à Bourg ; la section entre Nantua et Bourg est ouverte et, entre ces deux villes, il existe à Cize un tunnel de 1,800 mètres.

Les routes de la rive gauche, menant sur le Rhône à Seyssel ou à Belle^ garde, permettent de tourner le fort de FÉcluse et ne peuvent être considérées comme suffisamment défendues par le fleuve, puisque l'ennemi, ayant sur la rive gauche une communication facile, le franchirait sans éprouver (le grandes difficultés. Au défilé du fort de l'Écluse, le Rhône est rapide et roule déjà un volume d'eau considérable; mais, à Bellegarde, son lit se resserre et on peut le franchir sur une simple planche de 6 mètres de longueur"; c'est là que passa une colonne autrichienne en 1815. Il redevient navigable à Seyssel, où il atteint un kilomètre de largeur. Seyssel, où se trouve un pont, était un point de passage important que, pendant les guerres du cominencement du dix-huitiome siècle, on a eu plusieurs fois le projet de fortifier en y créant une tête de pont; ce projet n'a pas été mis à exécution, et, aujourd'hui, le centre de la défense du Rhône a été transporté à Culoz, par suite de l'ouverture des voies ferrées qui s'y réunissent.

Si Tennemi parvient à franchir le Rhône au-dessus de Culoz ou à Culoz luerae, il trouve sur la rive droite de nouveaux obstacles, car le fleuve est Lordé, entre Culoz et Bellegarde, par les pentes orientales de la longue chaîne du Grand- Colombier, chaîne qu'on ne peut franchir qu'à ses deux ex- Irf» mités ou par un chemin intermédiaire qui passe à 1,060 mètres d'altitude et qui fait correspondre Bellegarde avec le Val Romey. Ce dernier chemin est long et difficile à cause de ses fortes pentes, les colonnes ennemies prendront plutôt les routes qui passent au nord et au sud du Colombier, et se dirigeront ensuite soit sur la Saône par Chdtillon-de'Michaille et les gorges de Sanlua, soit sur Lyon par Culoz et les gorges de VAlbarine, où passe le chemin de fer. C'est dans ces défilés qu'on pourra barrer la route à l'ennemi.

Pour défendre le défilé du nord, on n'aura qu'à occuper, soit par un ouvrage permanent, soit par un ouvrage de campagne, l'éperon septentrional du Grand-Colombier, au-dessus de Châtillon-de-Hichaille*.

En amont de Culoz, le Rhône borde tout à fait les pentes du Grand-Colombier et on barrerait facilement la route de la rive droite par un simple ouvrage de campagne. Pour empêcher l'ennemi de franchir le Rhône à Cnloz* et pour couvrir ce nœud important de voies ferrées, il suffirait d'oc-

l. CoDsolter la carte 63. | 2. ConBuUer la carte G4.

cuper la hauteur isolée du Molard-de-VionSf qui domine la plaine et les iimraisdc la rive gauche; mais ce mamelon est en territoire neutre et on devm se contenter de construire une batterie sur le Molard-de-Culoz, qui s*élè\e entre le village et la gare de Guloz. Cet ouvrage sera tout a fait dominé par l'extrémité méridionale du Colombier, mais le danger ne sera pas très grand à cause de la difficulté qu'aurait Tennemi pour amener du canon sur ce point.

L'ennemi pourrait encore, en prolongeant son mouvement plus au sud, par Chanas et Yenne, chercher à franchir le pont de la Balme^ où passe la route de Chambéry à Nantua et oii la rive gauche domine la rive droite; ce défilé et ce pont sont défendus par le fort de Pierre-Châtel et par le fort des Bancs ^; ce dernier, situé sur un plateau qui domine le premier, est destiné à empêcher l'ennemi d'écraser le fort, en même temps qu'à contrebattre les batteries qu'il aurait toute facilité d'établir sur la rive gauche.

Saint'Genix et Pont-de-Beauvoisin, sur le Guiers, sont aussi des débouchés que l'ennemi peut atteindre pour pénétrer sur Lyon; mais il lui faut, pour s'aventurer autant vers le sud, qu'il soit maître de Chambéry et d»* toute la Savoie. Le meilleur moyen de couvrir ces derniers points de passage, de Culoz, de la Balme, de Saint-Genix et du Pont-de-Beauvoisin, e<t d'occuper, avec des troupes actives, la ligne du Fier, l'arête du Mont-du- Chat, les Bauges et le massif de la Chartreuse.

Les routes qui franchissent le Rhône au sud de Bellegarde mènent directement sur Lyon; mais, comme l'investissement de cette place doit être précédé d'une marche sur la Saône pour couper ses communications avec le nord de la France et pour gagner les hauteurs qui dominent la ville au nord et à l'ouest, les routes qui partent de Genève et se dirigent plus au nord seront peut-être préférées par l'ennemi. La haute chaîne du Jura, de la Dôle au fort de rËcluse, forme une excellente position qui barre le^ routes partant de Genève au nord du Rhône ; elle se prolonge au nord par le Noirmont et le Mont-Tendre jusqu'au col de Jougne, mais cette dernière partie appartient à la Suisse. Elle n'est abordable qu'au col de Saint-Cergues, au col de la Faucille et au défilé de l'Écluse; en arrière existe une très bonne ligne de rocade, formée par la route qui met en communication le fort des Rousses avec Bellegarde et qui permet à la défense de garder à la fois tous les passages. De cette crête, on surveille le bassin du lac de Genève comme d'une terrasse élevée et on est en mesure d'aller occuper des lignes de défense plus rapprochées des Alpes, si la Suisse est impuissante à y arrêter l'ennemi. Cette position couvre donc Lyon et est intimement liée à la ligne du Rhône, qui la prolonge au sud.

Résamé de la défense du «lura. — Il ressort de Tétude précé- 1. Consulter la ourle 61.

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